Les Éclaireurs

Première ligne de soins & Théorie des jeux

Ce samedi 10 avril 2021, les invité.e.s de Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeersschedans LES ÉCLAIREURS sont Sophie Darimont, Infirmière spécialisée en Santé Communautaire, Maître de formation professionnelle et Maître assistante dans la section Santé Communautaire et dans les formations continues de l’HELMo & Mickaël Randour, Chercheur qualifié FRS-FNRS, chargé de cours au département de Mathématique de l’UMons et coordonnateur du projet MANYSYNTH.  

DIFFUSION : samedi 10 avril 2021 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 11 avril 2021 à 23h10’ 

Première diffusion : samedi 26 septembre 2020

Sophie Darimont

Sophie Darimont est Infirmière spécialisée en Santé Communautaire. Elle est Maître de formation professionnelle et Maître assistante dans la section Santé Communautaire et dans les formations continues de l’HELMo.

Sophie Darimont est titulaire d’un Graduat d’infirmière hospitalière à l’Institut Sainte-Julienne (1996), puis s’est spécialisée en Santé Communautaire (1997). Elle est aussi titulaire d’un Master en économie politique et sociale à l’UCLouvain (2015). Elle a également réalisé différentes formations : une formation d’infirmière relais en diabétologie à Hèmes Sainte-Julienne ; une formation en Promotion de la Santé organisée par l’ASBL "Repères" et le CLPS et une formation d’éducatrice en diabétologie au CEFOP.

Sophie Darimont a travaillé pendant plusieurs années en Maison Médicale. Depuis 2010, elle est Maître de formation professionnelle et Maître assistante en section Santé Communautaire, dans le Bac Sage-femme et dans le Bac Infirmier Responsable de Soins Généraux de l’HELMo. Elle y coordonne la spécialisation en Santé Communautaire et est Maître assistante dans les formations continues Entretien motivationnel et Éducateur en diabétologie.

Sophie Darimont mène aussi une activité de recherche dans le Département paramédical. Elle a ainsi réalisé une étude sur l’éducation du patient dans un hôpital de la région liégeoise, étude qui a abouti à une réflexion sur la fonction de liaison entre l’hôpital et le domicile. 

Sophie Darimont poursuit cette réflexion en réalisant actuellement, avec deux collègues du Département Social de l’HELMo, une recherche-action. L’objectif principal de cette recherche est de montrer l’importance de l’éducation du patient souffrant de maladie chronique. Elle met aussi en lumière la nécessité de développer, pour faciliter le suivi thérapeutique des patients, une fonction (encore à créer) d’un agent de liaison "hôpital-domicile".

Dans le cadre de cette recherche, des étudiants infirmiers – se spécialisant en santé communautaire – sont allés, lors d’un stage en pneumologie, à la rencontre de patients hospitalisés pour une Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive. Ils ont mené des rencontres individuelles et créé des outils pédagogiques d’échanges de groupe. Objectif : aider le patient à prendre conscience de sa pathologie, la comprendre et contrôler son traitement (adhérence thérapeutique). Les étudiants ont aidé le patient à établir des objectifs de maintien de sa santé pour le domicile. Les résultats de cette recherche-action et des différents échanges avec le service ont fait émerger le besoin d’agents de liaison entre l’hôpital et le domicile pour permettre la continuité de ce qui a été établi lors de l’hospitalisation, fonction remplie par un professionnel paramédical. Dans cette fonction envisagée par la recherche, l’agent travaille en collaboration avec les professionnels qui gravitent autour du patient. Il procède à un suivi du patient dès la découverte de la maladie chronique, tout au long de son traitement ainsi que lors des éventuelles hospitalisations. Il centralise les informations provenant des différents dispensateurs de soins. Il effectue un suivi du patient afin de s’assurer d’une bonne continuité.

Sophie Darimont coordonne également une recherche (collaboration HELMo et Département de Médecine Générale de l’ULiège, portant sur la formation à l’interdisciplinarité des futurs professionnels de la santé de première ligne. Cette recherche a abouti à la création de 2 modules de formation qui mettent en présence de futur.e.s infirmier.ère.s, sages-femmes, psychomotricien.ne.s et médecins généralistes. Le premier module consiste à apprendre à connaître les professions des autres. Le second pose une situation clinique dans laquelle chacune des professions représentées a un rôle à jouer. Objectif : mettre en avant les rôles spécifiques de chacun et réfléchir à l’apport de la complémentarité et de l’échange. Le projet en est à sa deuxième année, les modules ont été créés et testés par des étudiants volontaires. L’an prochain, tou.te.s les étudiant.e.s en année terminale des formations inclues participeront à ces modules. L’équipe vise la pérennisation dans les différents cursus.

Mickael Randour

Mickaël Randour est Chercheur Qualifié F.R.S.-FNRS et chargé de cours au Département de Mathématique de l’Université de Mons.

Il s’intéresse principalement à la théorie des jeux, les méthodes formelles et l’intelligence artificielle, dans le cadre de l’analyse et la conception de systèmes complexes fiables et efficaces (par exemple, des logiciels).

À l’UMONS, il dirige actuellement le projet ManySynth, soutenu par un mandat d’impulsion scientifique du F.R.S.-FNRS. Dans ce cadre, il développe avec son équipe de nouveaux outils mathématiques et logiciels permettant l’étude poussée de systèmes multicritères ou multi-objectifs.

 

Nous vivons, en effet, à une époque où l'informatique est omniprésente : nous sommes entourés de systèmes réactifs (informatiques) qui interagissent en permanence avec leur environnement. Pourtant, leur développement est difficile et sujet aux erreurs et leur exactitude, souvent critique. La méthode classique est de réaliser des tests pour éprouver la validité d’un système informatique et repérer ces bugs. Ceci doit être suivi d’un travail de correction et inviter l’utilisateur à réaliser une mise à jour. Cette démarche n’est pas anodine et prend du temps.

En outre, les outils et logiciels courants de vérification et de synthèse de ces systèmes ne permettent de vérifier qu'un seul aspect quantitatif (ou qualitatif) à la fois : ils ne prennent pas en compte les interactions de leurs différents aspects et les compromis qui en résultent. Ainsi, diminuer le temps de réponse d’un système nécessite d’en augmenter la puissance de calcul et la consommation d'énergie. Il s’agit là d’un compromis (parmi d’autres interactions) qui est au cœur des scénarios pratiques dont les développeurs doivent tenir compte pour décider "comment équilibrer les différents aspects de leur système". Par conséquent, il est indispensable de développer des outils capables de modéliser les interactions des différents aspects d’un système pour que l'approche de vérification et de synthèse de ce dernier soit efficace.

Avec le projet ManySynth, l’objectif de Mickaël Randour et de son équipe est d’élaborer la synthèse de nouvelle génération permettant d’éviter que les bugs informatiques n’apparaissent dès la création du système via des modèles multicritères dits aussi "modèles à plusieurs côtés". Pour cela, il s’appuie sur la théorie des jeux.

 

Consultez ici le descriptif du projet ManySynth, source de cette notice.

 

Mickaël Randour a réalisé un Master en Sciences Informatiques (2010) à l’UMONS, suivi d’une thèse de doctorat (2014). Il a ensuite effectué des post-doctorats à l’École Normale Supérieure de Cachan (aujourd’hui devenue École Normale Supérieure Paris-Saclay), France, et à l’Université Libre de Bruxelles, où il a enseigné trois ans. Il est devenu Chercheur Qualifié du F.R.S.-FNRS en 2017.

Les recherches de Mickaël Randour se situent à la frontière entre les mathématiques et l’informatique. Il collabore régulièrement avec des équipes des deux domaines, par exemple à l’Université d’Aalborg (Danemark), à l’IRISA-INRIA Rennes (France), à l’IRIF, Université Paris Diderot (France), au LaBRI, Université de Bordeaux (France) à l’IST Austria (Autriche), au LACL – UPEC (France), au LSV - CNRS & ENS Paris-Saclay (France), à la RWTH Aachen (Allemagne), à l’Université de Swansea (Royaume-Uni) et à l’UT Austin (États-Unis).

Ses travaux ont notamment été récompensés par l’Ackermann Award 2015 (prix mondial) et le prix du meilleur article à la conférence CONCUR 2019. Il a aussi été professeur invité à l’École Normale Supérieure Paris-Saclay en 2019.

À l’UMONS, Mickaël Randour enseigne les méthodes formelles aux étudiants de mathématique et d’informatique. Il dirige aussi des projets, mémoires et thèses de doctorat dans le domaine.

Enfin, il s’investit dans des activités de service à la communauté, comme la représentation des chercheurs dans diverses instances et la vulgarisation scientifique — il a notamment organisé le festival Pint of Science 2019 à Mons.

 

Pour consulter l’article (page 28) sur Mickaël Randour dans la revue du FNRS (N°110), cliquez ici.

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