Les Éclaireurs

Ingénieurs sans frontières

Ce samedi 20 novembre 2021, les invité.e.s de Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) dans LES ECLAIREURS sont Victoria Collignon, Marie Dawant, Simon d’Hoop & Huzaifa Simon. Ces jeunes diplômés des universités ULiège, ULB et UMons ont consacré leurs travaux de fin d’études à des projets s’intégrant dans les objectifs de l’association Ingénieurs Sans Frontières : mener des projets d’appui pour une ingénierie durable, inclusive et solidaire.

DIFFUSION : samedi 20 novembre 2021 à 17h08’

REDIFFUSION : dimanche 21 novembre 2021 à 23h08’

Les prix Ingénieurs sans frontières

L’association Ingénieur.e.s sans frontières regroupe, depuis 30 ans, des ingénieur.e.s volontaires issus des différentes universités francophones de Belgique. A la demande d’organisations du Nord et du Sud, ils/elles apportent un appui technique dans les domaines de l’accès à l’eau, à l’énergie et de la gestion des déchets, pour déployer des solutions durables et appropriables par les populations locales afin de leur permettre d’accéder à des conditions de vie plus dignes.

L’association remet deux prix Ingénieur.e.s sans Frontières : le prix Philippe Carlier, récompensant les mémoires centrés sur des solutions techniques répondant aux besoins exprimés par les pays en développement, et le prix Ingénieurs Citoyens, pour des solutions techniques répondant aux Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces Prix ont été décernés le 13 novembre 2022 lors de la Cérémonie du 30e anniversaire de l’association.

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Victoria Collignon

Victoria Collignon a obtenu son diplôme d’Ingénieur civil des mines et géologue, à finalité géologie de l'ingénieur et de l'environnement en 2021 à l'Université de Liège. Son travail de fin d'étude traitait de la qualité des eaux souterraines du Bassin Arachidier au Sénégal. Actuellement, elle est assistante au département ArGEnCo de l'Université de Liège où elle étudie l'interaction des eaux de surface avec les eaux souterraines. En parallèle avec son travail, elle effectue un Master complémentaire en Sciences géographiques à finalité spécialisée en urbanisme et développement territorial.

Voici la présentation de sa recherche :

"En raison des faibles quantités de réserves en eaux de surface, ce sont les eaux souterraines qui sont principalement exploitées dans le Bassin Arachidier, au Sénégal, en Afrique orientale. Cependant, la diminution des niveaux piézométriques au Littoral - laquelle a été induite par une surexploitation des aquifères - combinée à la présence d'évaporites et d'anciennes saumures dans le Maastrichtien, a provoqué une hausse de la salinité des eaux souterraines du Bassin.

De plus, les pressions en surface telles que le développement de zones urbanisées et irriguées ont également influencé la qualité de l'eau souterraine en provoquant une hausse des concentrations en nitrates, sulfates et autres intrants agricoles. Le phénomène de salinisation, combiné aux diverses contaminations d'origine anthropiques, a progressivement rendu l'eau souterraine du Bassin impropre à la consommation et/ou à l'irrigation.

Dans le cadre de ce travail, après création d'une base de données reprenant l'ensemble des campagnes d'échantillonnage et projets récents, la qualité de l'eau souterraine sera définie pour l'ensemble du réseau hydrogéologique du Bassin Arachidier. Le développement d'analyses chimiques et d'un Atlas cartographique permettra alors, d'une part, de confirmer l'état actuel du Bassin et, d'autre part, de définir plus précisément l'étendue spatiale des différentes contaminations en jeu. À l’avenir, de fréquentes mises à jour de la base de données devraient permettre d’améliorer ce travail. Elles se baseraient sur le développement de nouvelles campagnes d’échantillonnage avec, si possible, obtention de paramètres isotopiques et/ou de concentrations en bromures. " Source : abstract Victoria Collignon.

Marie Dawant

Marie Dawant a commencé son cursus d’ingénieure en 2016 à l’École Polytechnique de Bruxelles. En 2019, elle a entamé son master de spécialisation, ingénieure en sciences biomédicales, spécialisation instrumentation. Le choix d’entreprendre des études d’ingénieure a été motivé par son intérêt pour les sciences en général, mais aussi par son souhait de comprendre le fonctionnement des outils qui nous entourent. Marie souhaite œuvrer pour un impact direct et positif de la technologie sur la société.

Pour son mémoire, rédigé dans le cadre d’un projet Codepo, elle a examiné le développement d’une partie d'un moniteur de signes vitaux à distance pour limiter l'occupation des hôpitaux dans les pays en développement :

" Ce travail part du besoin exprimé par Médecin Sans Frontières d'acquérir un outil pour les pays en développement pour limiter l'occupation des hôpitaux tout en assurant un suivi des patients pour fournir les soins requis à temps. Ce mémoire de maîtrise présente donc une partie du développement d'un moniteur de signes vitaux à distance visant à détecter une décompensation respiratoire induite par une infection au COVID-19 en faibles ressources milieux de soins. Ce travail concerne la conception, la mise en œuvre et la validation de nœuds de capteurs d'un dispositif de santé portable, s'articulant en deux grandes parties. Dans un premier temps, une première partie est réalisée afin de sélectionner les signes vitaux idéaux à surveiller pour détecter la décompensation respiratoire, tout en offrant des perspectives pour d'autres types de maladies telles que les pathologies cardiovasculaires. L'outil de pronostic idéal est ensuite présenté, avant de conclure sur un panorama des capteurs possibles pour offrir la solution la plus économique et la plus fiable. Deuxièmement, une validation et une mise en œuvre préliminaires ont été réalisées. La fiabilité des mesures de ces capteurs disponibles dans le commerce a été étudiée avant de mettre en œuvre un algorithme recueillant les données du capteur. A l'issue de ce travail, de nombreux tests ont été menés, comparant les mesures prises par les l'appareil avec ceux fournis par les outils de mesure médicaux. Les résultats étaient prometteurs, offrant de nouvelles perspectives pour des capteurs portables de surveillance abordables qui pourraient empêcher le développement de maladies émergentes, et donc permettre de réduire l’écart dans le domaine médical mondial. " Source : abstract Marie Dawant.

Simon d’Hoop

Simon d’Hoop est diplômé d’un master d’ingénieur civil en chimie et science des matériaux, à la Faculté Polytechnique de l’UMONS. Il est lauréat du prix Fonds Solvay de la 178ème promotion (premier diplômé de la section chimie et science des matériaux). Simon est actuellement chimiste chez Umicore où il travaille sur les essais des matériaux de batteries.

Pour son mémoire, il a étudié l’expérimentation et les résultats du recyclage de métaux issus de déchets électroniques à l’oxaline au BurKina Faso :

Alors que la consommation mondiale d’appareils électriques et électroniques augmente, il est devenu urgent de développer des procédés plus propres et moins coûteux pour le recyclage des déchets électroniques, en vue de la récupération de métaux précieux. Dans ce cadre, l'ionométallurgie s'avère être une alternative plus propre par rapport aux procédés traditionnels de recyclage de métaux.

Ce travail se concentre sur une nouvelle classe de liquides ioniques nommée "solvants eutectiques profonds", et plus particulièrement sur "l'oxaline" (chlorure de choline/acide oxalique). Dans cette étude, des métaux purs, ainsi que des mélanges de métaux ont été dissous dans de l’oxaline afin d'évaluer l'efficacité de ce solvant. Les résultats ont indiqué que la spéciation de ces métaux diffère de celle des solvants aqueux. La dégradation du solvant a également été caractérisée par FTIR et des indications d’une possible estérification du solvant sont apparues après 3 jours de chauffage. Après la lixiviation, les solutions de métaux ont été diluées avec de l’eau afin de déclencher la précipitation des sels d’oxalates métalliques. À l'exception du zinc, précipité comme une phase pure d’oxalate de zinc, la précipitation d’autres métaux a été moins efficace et s’accompagnait souvent d’une perte de solvant. De plus, la présence d’iode dans la solution de lixiviat a favorisé la précipitation des sels d’iodure et de chlorure au lieu de l’oxalate. " Source : abstract Simon d’Hoop.

Huzaifa Simon

Depuis son enfance, Huzaifa Simon a toujours été attiré par la nature, ce qui l’a orienté vers les sciences du vivant. Diplômé à l’ULB, il est désormais bio-ingénieur spécialisé en sciences agronomiques. Persuadé que le renforcement des tissus économiques via les PME est l’un des meilleurs moyens de développement durable, Huzaifa poursuit, actuellement, une formation en sciences de gestion avec comme finalité l'entrepreneuriat à l’UNamur.

Pour son mémoire, il s’est intéressé aux alternatives possibles pour l'alimentation des petits ruminants dans le cadre d'une agriculture familiale au Bénin :

L'élevage de petits ruminants au Bénin est une activité́ qui génère des revenus complémentaires et soutient le système de production végétal. Cependant, cette activité est confrontée à de nombreuses difficultés telles que l’alimentation. Cette difficulté́ est particulièrement exacerbée durant la saison sèche. Face à ces difficultés et pour éviter les pénuries alimentaires, les éleveurs conservent les résidus de culture et les sous-produits de la transformation agricole en complément des pâturages naturels et des ligneux fourragers traditionnellement utilisés pour l’alimentation des petits ruminants. Néanmoins, face à̀ la diversité́ des ressources disponibles, les agriculteurs sont confrontés à un manque d’information sur les valeurs nutritives des ressources alimentaires. Dans ce contexte, la spectrométrie dans le proche infrarouge (NIR) semble un outil pertinent d’analyse plus rapide et moins onéreux que les analyses chimiques. C’est dans cette perspective que mon travail s’inscrit. Il étudie la possibilité́ d’utiliser un spectromètre portable, moins onéreux, pour déterminer les valeurs alimentaires des fourrages, coproduit et résidus de culture. De même, il propose des rations alimentaires pour les deux races de chèvres et de moutons les plus communément rencontrées au Bénin, à savoir les Djallonké et les Sahéliennes. " Source : abstract Huzaifa Simon.

A lire aussi : Victoria Collignon, diplômée Ingénieure civile de l’ULiège, lauréate du prix Ingénieurs sans frontières (uliege.be)

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