Les Belges du Bout du Monde

France : Jean Somville, antiquaire brocanteur et viticulteur en agriculture biologique

Certains êtres ont plusieurs vies. Jean Somville est de ceux-là. Fils d’un père graphiste et d’une mère commerçante, il passe une enfance et une adolescence classiques à la capitale, ne brille pas forcément par ses résultats scolaires. « Apte à tout, bon à rien », dit de lui son paternel. Parce qu’il éprouve du mal à joindre les deux bouts, en 1952, ce dernier décide de quitter la Belgique dans l’espoir d’offrir aux siens un monde meilleur. Cap est mis sur Caracas, au Venezuela. Jean devient Juan, rencontre Henri Charrière alias Papillon, l’illustre évadé du bagne de Cayenne, vit de petits boulots – une période de sa vie qu’il relate dans son récit autobiographique Sous l’aile de Papillon. Fin des années 1950, de retour en Europe, il fait la connaissance de Marilyn, une étudiante californienne en musicologie. Les tourtereaux s’installent à Florence et notre compatriote débute sa carrière d’artiste-peintre. Quelques mois plus tard, ils se marient et s’établissent à Menlo Park, en Californie. Jean devient John, survit de son travail d’artiste, étudie la littérature française et espagnole, crée une plantation d’avocatiers, enseigne à l’université de Santa Barbara. En 1971, après des années le nez dans les livres, il délaisse la littérature pour revenir à l’art et enseigne la sculpture au Centre College, une petite université privée dans le Kentucky pour laquelle il réalise par ailleurs The Flame, un bronze monumental.

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Pour moi, la Belgique, c’est… mon lieu de naissance ; de gentils grands-parents chez qui j’ai vécu jusqu’à l’âge de 6 ans ; les vacances avec ma grand-mère à Bredene ; six années de galère à l’athénée Adolphe Max avec des études rébarbatives, des profs qui ne s’intéressaient pas à moi et la honte d’être issu d’un milieu modeste au milieu de camarades de classe habitant les belles villas de Stockel. Mais aussi la gueuze et la drache…

Ce qui me manque le plus de la Belgique, c’est… à Bruxelles, les musées, l’ambiance de certains " kaberdouchs " avec leurs bières et les rencontres surprenantes qu’on y fait.

Après une décennie aux États-Unis, la langue et le mode de vie à la française commencent à manquer au Bruxellois. Le chaud soleil de la Provence a tout pour le séduire et c’est près de Vaison-la-Romaine qu’il pose ses bagages en 1973. Depuis lors, il n’a cessé de mener dans le Vaucluse des activités diverses et variées, œuvrant essentiellement dans la rénovation de vieux mas et de maisons de caractère ou la construction de maisons bioclimatiques en pisé, se faisant aussi antiquaire brocanteur, conseiller en immobilier et viticulteur en agriculture biologique. Et s’il ne regrette pas son choix de vie dans le Sud, il garde toujours un peu de sa terre natale à ses semelles : " On reste un ketje de Bruxelles pour la vie ! "

Article tiré du livre "Les Belges du Bout du Monde" d’Adrien Joveneau et Frédérique Thiébaut, de rouck Publishing & RTBF. be

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