Le plus grand Musée du Monde

Partez à la découverte du musée d'Orval

Neuf cent cinquante ans : c’est l’anniversaire que fête en ce moment la prestigieuse abbaye trappiste d’Orval. C’est en effet au 11e siècle qu’un groupe de moines bénédictins calabrais s’établit sur les terres du comte de Chiny.

 

L’histoire d’Orval est bien connue : après ce premier établissement qui ne durera guère, la vie religieuse reprend force et vigueur avec l’établissement d’une communauté de chanoines réguliers qui, en 1131, s’affilie à l’ordre de Cîteaux alors en plein développement. Durant quatre siècles, Orval va vivre l'existence effacée d'un petit monastère perdu dans la grande forêt ardennaise. Certaines périodes seront prospères et d'autres plus compliquées. Il est vrai que, située à la frontière entre le royaume de France et l'Empire germanique, Orval aura à subir souvent les conséquences des guerres et conflits incessants qui ponctuent la fin du moyen-âge et la Renaissance. En 1637, au plus fort de la guerre de Trente Ans, l'abbaye connaîtra un premier pillage en règle par les troupes françaises.

A la même époque, beaucoup d’institutions monastiques connaissent une certaine désaffection. Se produit alors un sursaut qui s’origine dans un monastère cistercien de Normandie. Sous l’impulsion l’abbé de Rancé, une lecture stricte de la règle monastique et un retour à ce qui est perçu comme les fondamentaux de la foi catholique permettent à l’idéal monastique de rebondir. Connu sous le nom de Stricte Observance, mais popularisée sous le nom de réforme trappiste, ce mouvement touche Orval qui connaît un important afflux de vocations.

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Orval, foyer janséniste 

Au même moment apparait au sein de l’Eglise catholique une nouvelle conception de la grâce divine. Cette doctrine restera dans l’histoire sous le nom de Jansénisme et connaîtra un certain engouement en France et dans les Pays-Bas méridionaux. Dans pas mal de communautés religieuses, on apprécie particulièrement l’appel à la " conversion intérieure " et le modèle d’une vie retirée qu’elle prône. Mais ce qui n’était au départ qu’une querelle de théologiens va prendre une tournure politique, en particulier sous le règne de Louis XIV. Au début du 18e siècle, la situation s’aggrave et le Pape fulmine une bulle contre les Jansénistes qui sont alors pourchassés de façon systématique. Curieusement, la communauté monastique d’Orval se retrouvera au cœur du problème quand en 1735 elle est dénoncée comme repaire des suppôts de la pendable doctrine dite de Port-Royal. De nos jours, le musée d’Orval expose encore des traces de cet épisode compliqué, et notamment une curieuse taque de foyer en fonte…

 

Après les grands événements consécutifs à la Révolution française, la dispersion de la communauté et le démantèlement des fastueux bâtiments du 18e siècle, le site d’Orval restera pratiquement à l’abandon durant 130 ans. Dans les années 1920, l’idée de rebâtir un monastère sur les mêmes lieux germe dans la tête de quelques personnes particulièrement déterminées. Cette entreprise colossale et très aléatoire sera menée à son terme en à peine plus d’une vingtaine d’années et malgré les circonstances de la seconde Guerre mondiale. Résultat : un magnifique ensemble de style roman, très épuré, mais quand même en prise avec la mode de l’époque. Dans le Musée d’Orval, une maquette permet aux visiteurs d’en prendre toute la mesure.

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950 ans (ou presque) de présence monastique

En 2020, l’abbaye a souhaité refondre le parcours des visiteurs à travers les ruines médiévales et le musée. Un projet, réparti sur plusieurs années et en différentes étapes, devrait s’achever d’ici quelques années avec comme point de mire le centième anniversaire du début de la reconstruction d’Orval en 2026.

Le changement essentiel consiste dans la transformation de la Maison des hôtes, une aile de l’ancien quartier des hôtes jouxtant le vivier récemment remis en eau.  L’ancienne présentation audiovisuelle et la salle d’exposition offrent désormais un tout nouveau visage.  Au rez-de-chaussée, six bornes interactives en forme de lutrin évoquant un scriptorium cistercien, donnent l’occasion au public de découvrir les aspects essentiels de la vie monastique et l’histoire des lieux.  A l’étage, des maquettes montrant les trois ensembles de bâtiments qui se sont succédés à travers les siècles permettent aux visiteurs d’avoir les points de repères historiques et architecturaux utiles à la bonne compréhension du parcours dans les ruines.  Celui-ci débute dès la sortie de la Maison des hôtes, sur le perron de l’étage, et offre un point de vue splendide sur l’abbaye contemporaine ainsi que sur les ruines.

Prochaine étape : réaménager les collections du musée d’histoire monastique dans les caves du 18e siècle. La création du musée et sa présentation actuelle remonte à l’exposition du 900e anniversaire en 1970. Elle a permis la mise en place des collections comprenant principalement des objets des anciennes forges d’Orval, des vestiges lapidaires, des œuvres artistiques du frère Abraham Gilson et des pièces d’art sacré. 

De nos jours, Orval draine de très nombreux visiteurs, attirés par la magie du lieu, la majesté des bâtiments, la profondeur de son histoire… et bien sûr la renommée de sa bière et de son fromage. Le millénaire devrait être atteint sans trop de difficultés…

En pratique

https://www.orval.be/fr/page/464-musee-monastique-d-orval

Abbaye d'Orval
B-6823 Villers-devant-Orval

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