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Musée : redécouvrez Mons au temps des Mérovingiens


 

Eclipsée par les périodes romaines et carolingiennes, l’histoire mérovingienne n’est pas la plus renommée… sauf peut-être à Mons grâce à sainte Waudru, fondatrice légendaire de la ville. À partir des collections archéologiques de la ville de Mons et de prêts d’autres institutions dont l’AwAP, les musées royaux d’Art et d’Histoire, l’UMons et le musée royal de Mariemont, l’Artothèque fait revivre, le temps d’une exposition, les origines de la cité, à la lumière des derniers résultats des recherches historiques et archéologiques.

“Mons au temps de Waudru”,  un volet du projet “Itinéraires mérovingiens” en Hainaut

Depuis la mi-2019, le musée royal de Mariemont a fédéré le musée d’archéologie de Tournai et le Pôle muséal de Mons afin de présenter un projet commun sur le territoire du Hainaut. À partir d’un moment historique fondateur, chaque entité expose un volet qui lui est propre.

Tournai explore le passé royal de sa cité; Mons retrace la vie de la mérovingienne montoise la plus célèbre : Waudru, personnage historique et légendaire à l’origine de son développement. Quant au Musée royal de Mariemont,  il dresse un panorama de cette période riche d’échanges et de commerce, d’influences culturelles et de pratiques religieuses, de territoire et de populations en mouvement.

Cette exposition en trois volets permet, grâce à la mise en valeur d’une histoire commune, de réenchanter un territoire et de présenter un patrimoine issu en majeure partie dans de collections publiques.

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© Ville de Mons / Oswald Tlr
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Que voir à l’Artothèque?

L'exposition montoise se concentre sur le développement de la ville de Mons et de sa région entre la fin du 5e et le 8e siècle. L’exposition retrace l’environnement géographique et politique dans lequel évolue la (très) aristocratique famille de celle qui deviendra, bien plus tard, Sainte Waudru. La vie quotidienne des Mérovingiens est détaillée en confrontant les objets archéologiques à des reconstitutions de costumes portés dans le cadre de la Procession ou confectionnés pour l’occasion. Un focus est également proposé sur les découvertes archéologiques réalisées dans la région ainsi que sur les réseaux commerciaux de l’époque. Enfin, l’exposition analyse le développement du christianisme et la manière dont Waudru, personnage historique, est devenue sainte et la fondatrice légendaire d’une ville qui en perpétue la mémoire avec ferveur à chaque Ducasse rituelle.

Vous avez dit “mérovingien”?


L’exposition débute par une remise en contexte de la civilisation mérovingienne : qui sont les Mérovingiens? D’où viennent-ils? Que signifie ce nom? Différentes sous-thématiques sont aussi abordées dans cette section dont la place de Mons dans ce royaume ainsi que l’organisation de la société à l’aube de la féodalité.

Waudru et son temps

 

À Mons, la période mérovingienne est marquée par la fondation d’un oratoire sur la colline de la ville en devenir. Mais qui est réellement Waudru? D’où vient-elle? Quelle est sa famille?

La garde-robe mérovingienne

 

Comment s’habille-t-on à l’époque mérovingienne ? Que portent les hommes, les femmes ? Et les enfants ? Les distinctions sociales transparaissent-elles dans le port de certains vêtements ?

Cette section cherche à tordre le cou aux traditions ancestrales qui se sont imposées et ont été figées notamment dans les costumes de la Procession. L’idée est de faire la part entre la vérité historique et archéologique et l’imagerie transmise de génération en génération. En outre, elle permet aux visiteurs de comprendre le matériel archéologique présenté dans l’exposition, de se l’approprier notamment en s’habillant à la mode mérovingienne.

Le commerce

Grâce à un dispositif didactique ludique accessible à tous, cette section donne un coup de projecteur sur les échanges commerciaux pratiqués à l’époque mérovingienne. Pour l’essentiel, les Mérovingiens ont repris à leur compte les voies commerciales romaines. Plusieurs études archéologiques réalisées à partir de bijoux découverts en Europe démontrent par exemple l’existence d’échanges avec l’Inde ou le Sri Lanka ou encore avec la Baltique. On constate également la rémanence de certains motifs ornementaux des périodes précédentes ou de régions plus reculées au même titre que la transmission de techniques décoratives comme la damasquinure.

La vie quotidienne

La découverte de nombreux objets lors de fouilles archéologiques dans la région nous renseignent sur la vie quotidienne des Mérovingiens. Ils illustrent l’inventivité et le talent de leurs artisans. Ils dévoilent également la finesse de certaines réalisations, notamment les fibules aux formes, matériaux et techniques variés. Cette section permet également de valoriser les pièces conservées dans les collections montoises mais dont la provenance n’a pas pu être établie avec précision.

Les nécropoles

L’Artothèque conserve notamment une centaine de pièces dont certaines proviennent de nécropoles mérovingiennes. Il est vrai qu’en périphérie de Mons, les découvertes archéologiques de ce genre ont été nombreuses : la nécropole de Ciply ou d’Harmignies, dont une grande partie du mobilier est respectivement conservé au musée royal de Mariemont et aux musées royaux d’Art et d’Histoire, la succession d’édifices religieux, ainsi que la tombe élitaire mise au jour à Quaregnon par l’AWAP témoignent de l’importance de l’occupation mérovingienne aux alentours de Mons. Grâce à un dispositif multimédia développé pour l’occasion dans les tables tactiles de l’Artothèque, cette section tente de dresser un inventaire des sites fouillés dans la région afin de rendre compte de l’étendue de l’implantation de la société mérovingienne.

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Aux origines de la christianisation de nos régions

Cette section revient sur la christianisation du territoire régional via la fondation des monastères, à l’origine des paroisses actuelles. L’hagiographie, l’iconographie et la création des reliques des saints y sont également abordées.

 

De Waudru à sainte Waudru

A Mons comme ailleurs, la période mérovingienne a éveillé dans l’esprit du public une imagerie relativement imprécise. Sainte Waudru, à laquelle se rapporte une pratique patrimoniale immatérielle locale extrêmement vive, s’intègre dans un ensemble de représentations imaginaires où il est parfois bien difficile de faire le tri entre réalité historique et archéologique, d’une part, et les stéréotypes véhiculé par l’iconographie, l’historiographie et la tradition orale, d’autre part. Cette partie de l’exposition revient aussi sur la fabrication de la légende de sainte Waudru où, à diverses époques, son image a été utilisée pour asseoir l’aura des chanoinesses de Mons ou de personnages puissants, et en a fait un marqueur de la puissance de l’institution.

L’héritage waldétrudien

Waudru laisse en héritage un oratoire que les chanoinesses n’auront de cesse de développer jusqu’à sa disparition définitive au début du 20e siècle. Mais près de 1.400 ans après son décès, Waudru anime encore sa ville. La collégiale qui porte son nom est un joyau du gothique tardif de type brabançon. Les reliques de la sainte, descendues actuellement chaque samedi de veille de la Trinité pour être processionnées, emplissent d’une ferveur populaire incontestable le cœur des Montois et de leurs invités, les chambourlettes. Bien plus qu’un personnage historique, Waudru est devenue légendaire. Cette section s’intéresse à la place que Waudru et d’autres saints mérovingiens trouvent encore dans nos sociétés actuelles.

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Une exposition à visiter en famille

Un guide du visiteur illustré accompagne l’exposition, véritable outil pour décoder toutes les facettes de cette époque. Grâce aux contributions de nombreux spécialistes, l’exposition offre un panorama riche et nuancé du monde mérovingien, témoin de l’influence considérable que cette époque a eu dans le développement futur de nos régions. Envie de poursuivre la visite et d'en savoir plus sur Waudru, son culte et la Ducasse? Le musée du Doudou, la Collégiale Sainte-Waudru et son Trésor vous attendent.

 

Outre les dispositifs numériques qu’offre habituellement l’Artothèque, l'exposition actuelle est jalonnée d’outils de médiation calibrées pour petits et grands.

Un  “Qui est-ce?” mérovingien créé pour l'occasion reprend les contemporains de Waudru et permet une familiarisation avec les personnalités emblématiques de l’époque. Un arbre généalogique complète la découverte de la famille de Waudru. En effet, les collections montoises conservent plusieurs généalogies de Waudru mais ceux-ci, très esthétiques, mêlent les véritables liens familiaux à la légende. Dans ce dispositif, le visiteur est invité à démêler le vrai du faux.

Le parcours se poursuit par une évocation de la mode mérovingienne et propose au visiteur d’incarner une aristocrate mérovingienne ou de se prendre pour Clovis le temps de l’exposition. Une garde-robe pour petits et grands est à la disposition du visiteur. Outre l’amusement, l’objectif est surtout de faire prendre conscience au visiteur de la tenue portée par un mérovingien, des matières qui la constituent, de l’ordre  et de la diversité des différents vêtements mais aussi de l’importance des accessoires indispensables à l’assemblage; une manière d’expérimenter les fibules, ceintures… Finalement, bien que l’exposition mette en valeur un patrimoine régional, celui-ci est le fruit d’échanges internationaux nombreux. Au départ de cinq objets, un outil didactique retrace les voies d’approvisionnement en matières premières et les principales voies de négoces du monde mérovingien qui s'étendent de la mer baltique au Proche-Orient et à la Chine.

À la redécouverte d’un patrimoine montois

Parmi toutes les collections communales, certaines sont plus énigmatiques que d’autres. C’est notamment le cas de la collection archéologique. Constituée grâce à des legs, donations ou dépôts dès la seconde moitié du 19e siècle. Le noyau en est le legs Edouard Joly (1812-1887), formalisé par ses petites-filles Léonie et Paula Sturbaut en 1922. En 1930, les collections archéologiques sont retirées du musée des beaux-arts de Mons pour être exposées au musée du Centenaire - musée d’archéologie, numismatique, céramique et histoire militaire- inauguré cette année-là dans le Jardin du Mayeur (actuel musée du Doudou). Les objets mérovingiens ne constituent pas une collection à part entière mais s’intègrent dans un ensemble composé de pièces de toutes périodes (du Paléolithique aux Temps modernes) et de tous types (ossements, céramiques, statuettes, matériel lithique...).

Depuis son arrivée à l’Artothèque en 2015, et jusqu’à cette exposition, la collection archéologique était restée en caisses ; pratiquement plus personne n’y avait touché depuis les années 1980. Un travail considérable d’identification des pièces d’époque mérovingienne a alors débuté. La première étape a consisté à établir un cadastre de la collection suivi d’un récolement. A partir de fragments d’inventaire disponibles, les objets ont été reliés à leur fiche d’identification et à une provenance (ancienne appartenance, lieu de découverte…).

Ce travail n’eut été possible sans l’aide de Marceline Denis et Cécile Ancieau, archéologues de l’AwAP. En parallèle, pour garantir la pérennité de la collection, une campagne de restauration a été lancée – surtout pour les objets métalliques – ainsi qu’une campagne de numérisation. Ces photographies documentent les objets en mettant à jour le catalogue des collections et en facilitent l’étude et la valorisation. Enfin, toutes les données récoltées ont été encodées dans la base de gestion des collections. L’inventaire ainsi établi, les informations ont été confrontées et complétées aux résultats des dernières recherches en la matière.

L’organisation de cette exposition fut un réel moteur pour la mise en ordre et l’étude de la collection et n’est qu’une première étape pour donner une nouvelle vie à la collection archéologique montoise.

En pratique

Mons au temps de Waudru. Itinéraires mérovingiens

 

13 février - 22 octobre 2021

Artothèque, rue Claude de Bettignies, 1 - 7000 Mons

Exposition accessible du jeudi au dimanche, de 10h à 16h

www.artotheque.mons.be

Retrouvez également les expositions partenaires Le monde de Clovis. Itinéraires mérovingiens au musée royal de Mariemont et Tournai, cité royale. Itinéraires mérovingiens au musée d’archéologie de Tournai.

Ecoutez l'émission ici

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