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Musée : redécouvrez la tapisserie, cet art méconnu

TAMAT est le Musée de la Tapisserie et des Arts Textiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’implantation à Tournai de cette institution, créée en 1980 à l’initiative de la Communauté française, de la Province du Hainaut et de la Ville de Tournai, n’est pas un hasard. Centre de production licière réputé aux 15e et 16e siècles, la cité aux cinq clochers fut également au cœur d’un mouvement de rénovation de la tapisserie de lice après-guerre qui contribuera à la reconnaissance de cet art en Belgique.

En 1990, TAMAT déménage dans un ancien hôtel de maître de l’époque néoclassique (1825) dû à l’architecte Bruno Renard, auteur également du site du Grand Hornu.

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En remontant à la source : les tapisseries des 15e et 16e siècles

Unique musée consacré à la tapisserie et aux arts textiles en Belgique, TAMAT est le dépositaire d’une collection forte de plus de 350 tapisseries et près de 150 cartons, esquisses et calques préparatoires. Ce patrimoine, exceptionnel permet d’aborder, en un parcours historique et évocateur, un art singulier, souvent méconnu, parfois interpellant…

La collection des dix tapisseries attribuées à Tournai, du Moyen-Age finissant et du début de la Renaissance, est un des fleurons du patrimoine muséal tournaisien, et un ensemble unique en Belgique. Ces œuvres monumentales plongent le visiteur dans un imaginaire propre au Moyen-Age. Les histoires complexes qu’elles racontent, animées par des héros issus de la mythologie et de l’histoire antique, sont transcrites sur le mode chevaleresque typique du 15e siècle.

L’Histoire d’Hercule, celle de Roland et de la Bataille de Roncevaux ou encore la vision dramatique de la Prise de Jérusalem par les Romains, ces scènes, traduites en fils de laine et de soie, aux couleurs encore chatoyantes, riches en personnages et en détail, se dévoilent progressivement aux yeux du visiteur grâce à des supports didactiques donnant un éclairage sur chaque œuvre.

Les tapisseries du 16e siècle reflètent l’apport de la Renaissance par leur composition aérée et les thèmes bibliques, allégoriques ou héraldiques qui les composent ; entre autres, celles dites ‘Aux armes d’Adrien de Croÿ’, reconnues ‘Trésors’par la Fédération Wallonie-Bruxelles, révèlent la personnalité de ce chef de guerre au service de l’empereur Charles Quint.

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L’exposition permanente : Tournai, territoire textile

Dans l’immédiat après-guerre, Tournai devient le siège d’un mouvement de rénovation de la tapisserie dont l’Académie des Beaux-Arts est le foyer.

En 1947, trois jeunes artistes, Edmond Dubrunfaut, Roger Somville et Louis Deltour, animés d’un même souhait de rendre aux arts muraux toute leur valeur artistique s’associent en un collectif appelé Forces murales (1947- 1959). Ils visent par leur action artistique et sociale à redonner à la tapisserie sa valeur murale et à traduire leur idéal humaniste et politique par des œuvres accessibles à un large public, intégrées aux lieux de travail ou de passage, aux thèmes portant sur la noblesse du travail, sur les activités de loisirs.

Cette dynamique tournaisienne contribuera à l’essor de l’art de la lice en Belgique, de nombreux peintres créant cartons et projets. Parallèlement à la tradition classique de la lice, la tapisserie connaît dès les années 1960-1970 une révolution sans précédent. Les artistes, dont beaucoup sont des femmes, explorent de nouveaux moyens d’expression : matériaux inédits – câbles, cordages, sisal, jute et autres fibres végétales – et les associent en enroulements, nœuds, torsions, travaillant leur texture et leur tension, expérimentant des teintures végétales. L’artiste devient créateur et auteur de son projet y compris son élaboration technique. L’image et le motif sont éclipsés, l’œuvre devient relief, sculpture souple, investit l’espace dans des installations textiles tridimensionnelles et monumentales.

En Belgique Tapta Wierusz-Kowalski (1926-1997) est à l’avant-garde de ce mouvement radical qualifié de ‘Nouvelle tapisserie’ou d’’Art textile libre’. Dans les années 1980, se développent diverses tendances et expressions textiles suivant les artistes et leur personnalité. La nouvelle tapisserie a suscité un vent de liberté et de renouvellement mais ses initiateurs explorent dorénavant d’autres voies de réflexion et d’expérimentation.

40 ans de recherche artistique à TAMAT

C’est dans ce contexte qu’est créée l’institution TAMAT qui commémore dans une exposition,‘40 ans de recherche artistique à TAMAT’, 40 ans de son centre de recherche qui a accueilli près de 400 créateurs ‘boursiers’ (jusqu’au 2 août).

Dès sa création, outre un éventail d’objectifs liés à ses diverses missions (gestion et conservation des collections, promotion, développement d’un centre de documentation, création d’un atelier de restauration), l’institution vise à développer un axe majeur de son activité : un centre dédié à la création et à la recherche expérimentale dans le domaine de la tapisserie et des arts textiles contemporains, démarche inédite alors en Belgique, voire à l’étranger.

Chaque année, TAMAT accueille dans ses ateliers, des créateurs, belges et étrangers, sélectionnés sur base d’un projet ; bénéficiant d’une bourse, ils mènent leur recherche expérimentale suivant trois orientations – tapisserie, textile design, structure-, encadrés par des directeurs artistiques, personnalités incontournables en leur domaine tels Edmond Dubrunfaut, Tapta, Janine Kleykens, ainsi que par des chefs d’atelier.

A l’écoute des boursiers, de leurs réflexions, doutes ou certitudes, ils sont amenés à soutenir leur cheminement au fil des mois.

Depuis peu, les ateliers ont pris une orientation pluridisciplinaire où techniques et matières se renouvellent et s’entremêlent en travaux parfois déroutants et surprenants, mais souvent teintés de savoir-faire traditionnels transposés suivant des modes d’expression actuels, l’inspiration et la personnalité de chaque boursier. Plaisir et curiosité, questionnement et réflexion, échanges et respect, sont au cœur de cette dynamique créative du centre d’expérimentation qui a vu s’épanouir des créateurs dont certains ont développé un parcours artistique remarquable sur le plan national et international.

Une exposition documentaire où se dévoilent les recherches de créateurs des débuts ou actuels, une approche inédite des ateliers et de ce pôle d’activité de TAMAT en lien avec la tradition textile et ancrée dans l’art contemporain et les préoccupations de notre temps.

En pratique

Place Reine Astrid 9, 7500 Tournai

069/ 23 42 85

http://www.tamat.be/

 

Autres expositions en cours (jusqu’au 2 août)

Ça va dans tous les sens ! Exposition sensorielle (collections de TAMAT),
un cheminement en immersion sensorielle

Botanique : collection de TAMAT, et installation végétale de Caroline Léger
Jusqu’au 2 mai

 

A découvrir aussi à TAMAT :


- L’atelier de restauration – conservation, accessible en semaine, aux heures d’ouverture du musée : les restaurateurs présentent au public tout leur savoir-faire pour conserver et sauvegarder les précieux textiles et œuvres tissées du passé.

- Le centre de documentation spécialisé dans le domaine de la tapisserie et de l’art textile dans le sens le plus large, ouvert du mardi au jeudi ou sur rendez-vous

La visite du Tamat, c'est par ici...

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