Le plus grand Musée du Monde

[A VISITER] Une collection artistique qui raconte la crise du coronavirus


De mi-mars à début juin 2020, les portes du Mill – Musée Ianchelevici La Louvière restent fermées pendant de longues semaines, à l'écart d'un espace temps où les priorités de la population sont ailleurs.

Pourtant, pendant ce premier confinement, la culture est loin de disparaître complètement de nos horizons, attendant avec impatience l'autorisation de reprendre une place légitime, attendue, espérée. Au musée, comme dans tout lieu de vie privé de son public, cette fermeture inopinée nécessite l'adaptabilité de ses pratiques, la flexibilité de ses réponses, face aux contraintes exceptionnelles du temps. Un temps de questionnement et de réflexion, mis à profit afin d'interroger la place du secteur muséal dans cette société bouleversée.  Visite guidée avec Jean-Pol Hecq

Du confinement... 

Dans ce contexte inédit, l'équipe du Mill souhaite reprendre au plus tôt son travail de transmission. Transmettre malgré les (gestes) barrières d'une crise sanitaire ; transmettre vers un public absent, car interdit. Dès le mois de mars, aux premières heures du confinement, l'équipe du musée cherche le moyen de garder le contact avec ses visiteurs, alors que ses salles restent désespérément vides, que ses bureaux sont envahis par le doute et les interrogations. Presque naturellement, et à l'instar de nombreuses institutions voisines, le musée se tourne vers les réseaux sociaux afin d'entretenir  un lien indispensable. Dans un premier temps, la solution envisagée est rudimentaire : publier une à deux fois par semaine une œuvre de la collection communale, assortie d'une brève notice biographique de l'artiste ou d'un commentaire en phase avec l'actualité. Le premier tableau à être proposé évoque un cerisier en fleur, au moment de la renaissance de nos arbres fruitiers, au mois de mars.

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© Tous droits réservés
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... à la naissance d'une exposition

L'été 2020 est synonyme de réouverture des musées et, avec elle, de possibilité d'accueillir une nouvelle exposition au Mill. Fort des retours concluants de la campagne initiée sur les réseaux sociaux, le Mill décide de concrétiser cet accrochage virtuel. La voie d'une véritable exposition en lien direct avec l'actualité se dessine peu à peu.

Une histoire à raconter

Dans la droite ligne de la programmation initiée par la nouvelle direction du musée, le projet d'exposition consiste à  faire découvrir le patrimoine communal sous un angle original, celui de l'actualité qui, sous nos yeux, plonge notre pays dans une crise sanitaire inédite.

Choisies parmi 1200 pièces, les œuvres sélectionnées ne sont pas laissées au hasard. A travers elles, l'équipe du musée a voulu dénicher des pièces qui, par l'évidence de leur thématique, un heureux rapprochement ou un contre-pied humoristique, collent à l'actualité 2020, une actualité très souvent  inquiétante ou interpellante, mais aussi heureuse ou radieuse.  Jour après jour, au fil d'un moral évoluant au gré des bulletins quotidiens.

Pour ce faire, le parcours de l'exposition se veut chronologique et suit pas à pas le cheminement de la population belge, de février à septembre 2020. Entre confinement et déconfinement, réouverture des terrasses de café et ouverture des frontières, c'est un parcours à travers des temps forts, scandé par les conférences de presse du Conseil national de sécurité, qui se donne à lire, un voyage à travers les  émotions, à l'unisson, de la population. Pour l'illustrer, quoi de plus intemporel et universel que les œuvres d'art qui, toutes, avec leur sensibilité propre, invitent à une narration chronologique et esthétique de la crise sanitaire.

Si le sujet de l'exposition est grave, la façon de l'aborder est tout autre et laisse place à de nombreux clins d'œil humoristiques, à la pureté d'une forme sculptée ou à la luminosité d'un paysage. A travers ce voyage dans le temps – véritable palette d'émotions –, c'est surtout l'occasion de s'évader dans les magnifiques campagnes de nos régions, vers les rivages méditerranéens gorgés de soleil ou sur les plages accueillantes de la côte belge.

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Des artistes à découvrir

L'exposition  Jour après jour met en évidence soixante-six œuvres de la collection artistique de la Ville de La Louvière. Pour ce faire, la sélection fait la part belle aux œuvres d'artistes hainuyers, dont certains (trop) peu connus du grand public. C'est le cas d'Alexandre-Louis Martin à la peinture puissamment naturaliste, de Fernand Gommaerts, tenant d'un réalisme presque magique  ou d'Andrée Bosquet, peintre de l'intimité familiale.

 

A leurs côtés, des membres du groupe Nervia, Louis Buisseret, Léon Devos, Frans Depooter et Taf Wallet, parmi les meilleurs ambassadeurs de l'art en Hainaut, ou encore Anna Boch et son comparse Paul Leduc, l'un des plus illustres représentants de la peinture luministe.

 

Si la peinture est largement représentée, elle côtoie la photographie, la gravure, le textile, la sculpture ou encore l'installation. Ainsi, se retrouvent côte à côte Pierre Alechinsky, Elodie Antoine, Nathalie Vanlippevelde, Philippe De Gobert ou Péji, autant d'univers permettant de relire, tout en s'évadant, un crise ô combien singulière.

En pratique

" Jour après jour – Une collection artistique raconte la crise "

Jusqu’au 22 août 2021

MILL - MUSEE IANCHELEVICI

Place Communale
7100 La Louvière
Accessible du mardi au vendredi de 11 à 17h, weekends de 14 à18h

Infos et réservation :  www.mill.be

Une visite à écouter ici

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