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[REVOIR] Climat : "Ce qui nous attend est sans doute encore pire que ce que nous vivons aujourd'hui"

Le documentaire 'Demain' plus que jamais au coeur de l'actualité. A (re)voir sur La Trois ce lundi et sur Auvio
Le documentaire 'Demain' plus que jamais au coeur de l'actualité. A (re)voir sur La Trois ce lundi et sur Auvio - © Cyril Dion et Mélanie Laurent

Quatre ans après le succès phénoménal du film 'Demain', le réalisateur Cyril Dion revient sur les initiatives inspirées par le documentaire. Demain, la relance économique va-t-elle occulter les défis écologiques ? Ou au contraire, avec le confinement, puisque la nature a repris ses droits, n’est-ce pas le moment de changer ?

Ce documentaire-événement, qui nous met face à notre responsabilité écologique et qui surtout propose des solutions concrètes, a fait plus d’un million d’entrées rien qu'en France, a été diffusé dans 30 pays et a réussi à influencer autant les citoyens que les politiques. Il a aussi obtenu le César du meilleur documentaire en 2016.

'Demain' revient sur le devant de la scène puisque ses préoccupations n’ont jamais été autant d'actualité, à l'heure où chacun se demande de quoi sera fait l'avenir après la pandémie du Covid 19.

Il sera rediffusé ce lundi 4 mai à 21h sur la Trois, dans l'émission 'Regard sur' de Julie Morelle. Et la suite, 'Après-demain', sera diffusée lundi prochain.


Se préparer

"Ce qu'on disait dans 'Demain', c'est qu'on avait besoin de préparer nos sociétés à encaisser un certain nombre de chocs. On pensait plus aux chocs climatiques qu'aux chocs épidémiologiques, mais cela reste tout à fait valable", affirme le réalisateur Cyril Dion :

  • L'idée que nos territoires doivent être plus résilients et produire un maximum d'alimentation là où les gens vivent est en train de se confirmer aujourd'hui. Si la crise se poursuit, on voit bien que le ballet des camions, des avions qui nous approvisionnent chaque jour pourrait s'arrêter.
  • Idem pour le fait de pouvoir produire localement une partie de l'énergie que l'on consomme, avec des énergies renouvelables.
  • Le fait de relocaliser une partie de notre économie. Le film montre qu'acheter dans un commerce local et indépendant crée 2 à 4 fois plus d'emplois qu'acheter dans une multinationale. Une piste intéressante au moment où des millions de personnes sont au chômage.
  • La création monétaire, le fait de créer la monnaie par la dette, est une convention qui a des conséquences très lourdes. Endetter toute la société pour pouvoir créer de la richesse ne profite qu'à une petite minorité. Or les Etats vont maintenant s'endetter massivement pour soutenir cette économie de la croissance un peu folle.
     

Le défi climatique sera-t-il mis de côté ?

"Notre plus grande crainte est que les plans de relance lancés par les gouvernements mettent de côté cette question-là, ce qui serait une erreur absolument historique."

On était plutôt en train de faire des progrès. Pour la première fois depuis très longtemps, le sujet du climat était en train de s'imposer dans les différents partis politiques, en France et ailleurs en Europe. Il était devenu l'une des préoccupations majeures de la population. Aujourd'hui, le risque que l'on lève un certain nombre de 'contraintes' qui sont des mesures environnementales, pour redémarrer l'économie le plus rapidement possible, est patent.

"On ne voit pas que ce qui nous attend est sans doute encore pire que ce que nous vivons aujourd'hui. Si on ne se prépare pas à la crise climatique, comme on ne s'est pas préparé à cette crise sanitaire alors que les alertes étaient là - un rapport de l'Administration française en 2005 décrivait minutieusement tout ce qui se passe en 2020 - et qu'on ne les a pas écoutées, cela se passera de la même façon.  

Et on voit que cette impréparation a eu un coût sanitaire, humain et économique considérable. Cela se passera de la même façon avec la crise climatique. Si nous ne nous y préparons pas dès maintenant, cela va être la catastrophe."
 

La mobilisation dans l'urgence

Malgré le manque d'anticipation, l'impréparation, on voit que les gens et les gouvernements ont été capables de se mobiliser assez rapidement pour un virus, plus que pour une menace à moyen ou court terme comme le réchauffement climatique. La plupart du temps, les humains réagissent effectivement quand ils sont au pied du mur, quand ils n'ont pas le choix. 

"Nous sommes programmés pour réagir à des dangers. Le risque est que nous fassions la même chose pour la crise climatique, que nous attendions de vraiment vivre les effets du changement climatique de façon très brutale pour nous mobiliser.

Le problème c'est qu'une épidémie, c'est réversible, on sait bien que dans 6 mois ou dans 2 ans, on va en sortir. Tandis que si on dépasse la barre fatidique des 2 degrés de réchauffement planétaire, cette situation risque d'être totalement irréversible et de provoquer des phénomènes d'emballement que nous ne pourrons absolument pas contrôler. C'est bien plus terrifiant. Et pour le moment, on ne veut pas vraiment l'entendre."

'Demain' cherche à nous réveiller par une vision de ce que le monde pourrait être si on faisait les choses correctement.

A lire dès le 27 mai : le livre du film, 'Demain, un nouveau monde en marche'chez Babel.

Revoir le documentaire

 

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