Le Mug

A découvrir : Fake for Real, une histoire du faux et de la contrefaçon

Une exposition explore le monde fascinant des faux, du mensonge et des contrefaçons, dans un récit allant de l’Antiquité à nos jours. Les visiteurs sont invités à réfléchir à la manière dont les mensonges sont racontés et dans quel but. Fake for Real, une histoire du faux et de la contrefaçon est à découvrir à la Maison de l’Histoire européenne, jusqu’en octobre.

Un astucieux dispositif de miroirs à l’entrée et un chemin labyrinthique à travers les différents thèmes de l’exposition donnent immédiatement le ton de la visite : comment trouver ou échapper à la vérité ?
 

Comment synthétiser un sujet tellement vaste ?

Parce que l'Histoire européenne est vaste, la Maison de l’Histoire européenne est habituée à faire des synthèses et à rendre le sujet compréhensible pour les visiteurs, explique Simina Badica, la curatrice de l'exposition.

L'objectif a été ici d'essayer de voir, pour chaque époque à partir de l'Antiquité, quelle était la méthode de falsification qui avait été la plus utilisée.

"Cela dit beaucoup sur l'époque et sur la société. On a observé que chaque époque a falsifié les choses qui étaient importantes pour cette société, à cette époque. On fait ainsi un voyage dans l'Histoire européenne sous la perspective du faux : ce qu'ils ont falsifié veut dire que c'était important pour eux."


Et le voyage est passionnant !

A l'Antiquité, on s'arrangeait avec la réalité : certains empereurs se fabriquaient une histoire, à coup de sculptures, pour se créer un passé de vie glorieux. Voir un empereur devenir dieu après sa mort, c'était normal. Ce qui n'était pas normal, c'est que si cette personne avait été condamnée par le sénat, elle était effacée de tous les écrits, sa représentation physique était détruite, ses statues étaient abattues ou recyclées pour d'autres personnalités. Le terme Damnatio Mamoriae a été inventé à l'époque pour désigner cette pratique.

Il y a une longue histoire de faux et même de fake news. Seule la technologie change et chaque nouvelle technologie a suscité la peur de ne plus pouvoir rien contrôler. 
Ainsi, l'invention de l'imprimerie, au 15e siècle, va être le Twitter de l'époque : les gens auront peur, jusqu'à l'hystérie, qu'on imprime n'importe quoi, sans contrôle possible. Cela entraînera un déferlement de fausses informations, une diffusion de discours haineux et de contre-vérités.

C'est à cette époque que les arguments pour ou contre la liberté d'expression ont commencé à s'opposer.


L'ère de la post-vérité ?

Aujourd'hui, l'opinion publique se fonde aussi sur les émotions et opinions personnelles diffusées largement via les réseaux sociaux, plutôt que sur des faits. D'où l’expression "société de la post-vérité". Les fake news, ou infox, en sont les symptômes les plus flagrants. 

Cette partie de l'exposition rappelle qu'il vaut mieux chercher les faits que la vérité. La vérité est un grand mot qui nous fait tomber plus vite dans les falsifications et les mensonges. 

Elle est particulièrement dédiée aux plus jeunes, avec des jeux, des interactions qui enseignent qu'il faut vérifier les faits, l'info reçue. Et qui montrent aussi comment on peut être manipulé par un titre, par une image, ou par l'association d'un titre et d'une image.

 


>>> D'autres exemples de ces falsifications à travers les siècles
sur le site 
Fake for Real, une histoire du faux et de la contrefaçon.

Une exposition à voir à la Maison de l’Histoire européenne,
Parc Léopold à Bruxelles.

L'accès est libre ! 

 


 

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