Le Mug de l'été

Nicolas Vadot : Des petits dessins valent mieux qu'un sale virus

Sortie ce 9 juin de la nouvelle BD de Nicolas Vadot
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Sortie ce 9 juin de la nouvelle BD de Nicolas Vadot - © Nicolas Vadot

Ce mardi 9 juin, sort la nouvelle bande dessinée de Nicolas Vadot, intitulée "Tous confinés" et sous-titrée "Des petits dessins valent mieux qu’un sale virus".

Le 12 mars 2020, les Belges sont confinés chez eux jusqu’à nouvel ordre, à cause d’un virus venu d’une petite bourgade chinoise inconnue, Wuhan, peuplée d’à peine 11 millions d’âmes.

Dans ce recueil, soixante dessins, tous réalisés entre février et mai 2020, publiés dans Le Vif/L’Express et l’Echo (dont les planches du 'Journal d’un confiné', paraissant chaque samedi dans le quotidien économique), ou inédits, voire impubliables.

Nicolas Vadot n’a certainement pas manqué d’inspiration pendant ce confinement : "Parce qu’un dessinateur est quand même confiné plus ou moins toute l’année, c’est un métier solitaire, mais c’est une solitude qui n’est pas du tout subie. Ça ne changeait pas énormément ma manière de travailler. Et comme la presse continuait à paraître, j’ai pu faire des dessins."
 

Laisser une trace, ne pas oublier

Nicolas Vadot a constaté que c’était la première fois de sa vie qu’il dessinait sur un seul sujet pendant une longue période. Il a observé comment ses enfants, son épouse, tout le monde fonctionnait.

Il a voulu en faire quelque chose, pour avoir un but à court terme pour ne pas devenir fou mais surtout avec l’objectif de laisser une trace de ce changement d’époque qui a été ramassé sur deux mois.

Il veut laisser un témoignage à ses enfants pour qu’ils puissent, en le relisant dans un mois ou dans dix ans, se souvenir de ce que l’on a vécu, de ce monde mis sur pause.

Il a pensé aussi à ses lecteurs – ceux de la presse écrite, ceux des réseaux sociaux,… - et a voulu faire un livre sociologique, drôle, et quasiment pas politique. La politique, ce sera pour l’automne.

Il est important pour lui de ne pas oublier. "Parce qu’il ne faut pas oublier qu’on a abandonné quasiment toutes nos libertés en deux jours, et ça, c’est quelque chose que je n’ai pas envie d’oublier. Je sais que la vie va reprendre son cours plus ou moins comme avant, mais n’oublions pas que la démocratie, c’est fragile, qu’on a vécu pendant deux mois quasiment sans démocratie, qu’on a accepté ça, et que ça pourrait être un prétexte que pourraient utiliser plus tard des dictateurs en herbe. Il faut faire attention."


L’humour qui sauve

Nicolas Vadot voulait aussi que les gens rient, que le livre leur serve de soupape et leur permette de prendre du recul.

Je pense que c’est mon livre le plus rigolo en fait.

Toutefois, certains dessins ne sont pas drôles, "parce qu’il ne faut pas oublier qu’il y a 9500 morts, donc certains dessins sont un peu plus durs, par rapport à la problématique des personnes âgées notamment."

Les dessins sont classés chronologiquement, par semaine. La matière n’a pas manqué et un tiers des dessins n’ont pas été publiés dans L’Echo ou Le Vif, faute de place. Certains sont plus intemporels, mais dans une temporalité qui est celle de ces deux mois de confinement.


Relancer la machine économique

En cette période où le monde de la culture souffre énormément, Nicolas Vadot a la chance d’avoir décidé il y a 4 ans de s’éditer lui-même.

Dès le mois de mars, il a contacté son webmaster, son graphiste, son imprimeur, son diffuseur et son attaché de presse pour voir s’ils étaient partants. C’est ainsi que sa BD "Tous confinés" peut paraître maintenant, en autopublication.

"Il est important de faire remarcher la machine économique, la crise économique va seulement arriver. Et là, je mets ma toute petite pierre à l’édifice pour faire fonctionner la chaîne du livre. Et je peux vous dire que les libraires étaient enchantés, parce qu’ils n’ont quasiment pas de nouveautés pour le moment."

Le livre peut être acheté via son site sur le web mais Nicolas Vadot encourage ses lecteurs à aller se le procurer chez leur libraire.

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