Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui

Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui : "Time Out" ou l’économie du temps

À travers la série Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui, Véronique Thyberghien nous replonge dans des classiques de science-fiction en les confrontant aux dernières avancées scientifiques et technologiques. Comment le cinéma s’est-il nourri de la science ? Et la réalité pourrait-elle un jour (bientôt ?) rattraper la fiction ?

"Time Out" ou l’économie du temps

Sorti il y a 10 ans, Time Out est un film dystopique réalisé par Andrew Niccol, dont l’action se situe en 2169. À cette époque, l’argent a été remplacé par le temps biologique qu’il nous reste à vivre. Les humains, génétiquement modifiés, sont programmés pour ne plus vieillir à leur 25e anniversaire. À partir de cet âge, un compteur intégré à l’avant-bras de chacun, crédité d’une année, se met en marche : s’il tombe à zéro, l’individu meurt.

Les humains gagnent du temps de vie par leur travail, par charité… mais payent par le même biais leur loyer, leurs factures, où tout bien de consommation. Et gare à l’inflation ! "Quatre minutes pour un café ? ! Hier encore c’était trois…", s’étonne au début du film Will Salas, le héros – interprété par Justin Timberlake -, et dont la vie dans le ghetto de Dayton est une course contre la montre (ou plutôt contre la mort), alors que d’autres individus riches ont du temps à ne plus savoir quoi en faire, en poussant certains au suicide…

"Gagner ou acheter du temps de vie, n’est-ce pas déjà le cas aujourd’hui ?", s’interroge Véronique Thyberghien dans le deuxième épisode de "Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui".

Inégalités par rapport à la mort et la santé

"On peut penser qu’il y a moyen d’acheter du temps de vie en bonne santé en ayant recours à d’autres personnes pour faire de sales besognes. Rénover une maison, ça abîme le dos. Et donc vous le faites faire par quelqu’un d’autre qui sacrifie une partie de sa santé. Vous avez acheté du temps vital", donne à titre d’exemple Étienne de Callataÿ, économiste fondateur d’Arcadia Asset Management et professeur à l’UCLouvain et l’UNamur. "Aujourd’hui, avoir de l’argent permet de consommer plus, mais aussi d’avoir une meilleure santé, avoir accès à de meilleures informations. C’est un capital socioculturel autant qu’économique bien souvent, mais il y a des inégalités par rapport à la mort et la santé."

Comment les économistes, de Marx à Keynes, en passant par Adam Smith ont imaginé l'évolution du rapport au temps des travailleurs à travers l’histoire ? Comment les nouvelles technologies numériques, "le plus grand prescripteur de temporalité de notre époque", définissent-elles notre manière de penser et d’organiser notre temps ? Ou encore comment notre rapport au temps s’est-il déstabilisé depuis l’éclatement de la pandémie de covid-19 ? Autant de questions auxquelles vous trouverez réponse dans cet épisode.

Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui, une série proposée par Véronique Thyberghien et Cédric Vanstraelen. (9 épisodes : le lundi à 10.00, dans Tendances Première, du 28 juin au 23 août). Coproduction de La Première et We tell Stories.

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