Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui

Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui : "Ghost in the Shell" ou le stockage de la mémoire humaine

À travers la série Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui, Véronique Thyberghien nous replonge dans des classiques de science-fiction en les confrontant aux dernières avancées scientifiques et technologiques. Comment le cinéma s’est-il nourri de la science ? Et la réalité pourrait-elle un jour (bientôt ?) rattraper la fiction ?

Ghost in the shell est un manga de Masamune Shirow qui a connu un tel succès qu’il a été plusieurs fois adapté en film et anime, et qui a connu une version américaine sortie en 2017 avec Scarlett Johansson dans la peau du major Kusanagi (interprétation pour laquelle l’actrice fut accusée de "whitewashing"- appropriation au cinéma de personnages non-blancs par des acteurs blancs – mais ce n’est le sujet qui nous intéresse ici). C’est un récit futuriste, cyberpunk, se déroulant aux alentours des années 2030. Le personnage principal est un cyborg qui fait partie d’une unité d’élite de la police, "la section 9". Ici, le cerveau et la conscience de l’humain, le "ghost", ont été transférés dans un corps cybernétique.

Ghost in the shell pose la question du stockage de la mémoire humain, ou de la conscience, et cette question semble de plus en plus présente dans notre société… Le futurologue, Raymond Kurzweil a théorisé le concept du téléchargement de l’esprit en 2005 dans la bible du transhumanisme : le livre "Humanité 2.0". Il y annonçait qu’à l’horizon 2030, il serait possible de capturer nos souvenirs et compétences intellectuelles grâce à des nanorobots qui scanneraient l’intérieur de notre boîte crânienne pour les envoyer sur internet.

Cette question n’intéresse pas que les transhumanistes, mais aussi des experts en neurobiologie et génétique soutiennent le projet "Avatar 2045" dont l’ambition est de transférer un esprit humain dans un hologramme humanoïde d’ici 2045 !

L’esprit humain est plus qu’une information

De nombreuses autres œuvres culturelles se sont également emparées du concept. On peut citer le film Transcendance, sorti en 2004 avec Johny Depp, dans lequel la conscience est téléchargée dans un ordinateur quantique pour qu’elle lui survive à sa mort prochaine. Plus récemment, dans la série dystopique Years & Years, Edith (l’un des personnages) télécharge son esprit dans une base de données à base de molécules d’eau. Là encore, on sauvegarde la mémoire d’un être humain, mais dans le cloud. Alors qu’Edith meurt, elle affirme aux techniciens que sa conscience ne pourra pas être codée, parce que l’esprit humain est plus qu’une information. Et elle n’a peut-être pas tort…

"Dans le cerveau, on ne peut pas distinguer différents types de contenus. On ne peut pas dire voici juste les souvenirs, les connaissances ou les habilités, tout ça est très connecté et on ne peut pas les séparer, affirme dans ce 4e épisode Jean Vanderdonckt, professeur d’informatique à l’UCLouvain et spécialiste des interactions hommes-machines. Idéalement, on pourrait retirer certaines parties comme les souvenirs ou les compétences liées à un domaine mais ce n’est pas possible aujourd’hui." Et demain ?

Fictions d’hier, Sciences d’aujourd’hui, une série proposée par Véronique Thyberghien et Cédric Vanstraelen. (9 épisodes : le lundi à 10.00, dans Tendances Première, du 28 juin au 23 août). Coproduction de La Première et We tell Stories.

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