Entrez sans frapper

Quand Peter Falk et Columbo se confondent

'Peter Falk versus Columbo', un documentaire à voir sur Arte
'Peter Falk versus Columbo', un documentaire à voir sur Arte - © Arte

Premier antihéros de l'histoire des séries, Columbo est aussi l'un des rares personnages de télévision à être devenu une icône internationale. Mais si, de 1968 à 2003, plus de deux milliards de téléspectateurs dans le monde ont suivi ses enquêtes sur le petit écran, peu connaissent le nom de celui qui l'a incarné. Disparu en 2011, Peter Falk s'est si bien approprié le rôle qu'il en est venu à se confondre avec son personnage. Pascal Cuissot et Gaëlle Royer ont mené l'enquête sur ce fabuleux parcours, dans leur documentaire 'Peter Falk versus Columbo'.

Le personnage de Columbo a bercé l'enfance et l'adolescence de beaucoup d'entre nous. Il évolue dans un monde resté un peu en filigrane, un monde idéal californien, avec une esthétique, une mode, une technologie 'vintage', caractéristiques de l'époque.
 

"Le manteau et moi sommes encore nominés"

L'acteur et producteur Peter Falk est né le 16 septembre 1927 dans une famille juive établie dans le Bronx, à New York. Il décédera le 23 juin 2011.

A 3 ans, on lui détecte une tumeur maligne dans l'oeil droit, il portera un oeil de verre. Après des études de sciences politiques, il voyage, il se cherche un peu puis, à l'âge de 29 ans, décide de se lancer dans le cinéma, ce qui prouve une mentalité forte et une résilience absolue par rapport à son problème oculaire. Très vite sa carrière va démarrer.

Il remporte en 1960 un oscar pour 'Crime, société anonyme' de Stuart Rosenberg,  dans la catégorie 'meilleur acteur de second rôle'. Dans ce film, il porte déjà un imperméable. Il portera le même imper dans le film suivant, 'Milliardaire pour un jour' de Frank Capra, en 1961, pour lequel il sera à nouveau nominé au oscars. "Le manteau et moi sommes encore nominés", dira-t-il. L'imper sera sa marque de fabrique à vie... 

A côté de ces rôles, il joue de petites frappes dans des films et des séries, puis sa vie bascule en 1968, avec le début de la série Columbo.

 

"I'd kill to play that cop"

Dès 1960, soit 11 ans avant que le feuilleton Columbo ne soit effectivement lancé, les auteurs Richard Levinson et William Link travaillent déjà sur cette série, d'abord sous la forme d'une fiction pour un show télé, puis sous la forme d'une pièce de théâtre. 

Peter Falk découvre ce scénario vers 1966-1967 et juge tout de suite qu'il a le caractère pour jouer ce personnage qui fait face, seul, à une société trouble. "I'd kill to play that cop", dira-t-il et il se battra en effet pour obtenir le rôle.

Le premier pilote est tourné en 1968, c'est quasi un long métrage, un film d'1h30, avec des moyens techniques importants, une musique très élaborée. C'est un tel succès qu'un deuxième film est rapidement tourné et qu'on pense à en faire une série.

Mais Peter Falk n'a au début pas très envie d'être enfermé dans cette catégorie, d'être esclave d'un planning de production qui va lui dévorer toute sa vie, ni d'un personnage récurrent. Car entretemps, il a rencontré John Cassavetes pour le tournage d''Husbands' et sa carrière pourrait prendre une toute autre direction. Il fera aussi deux films avec Wim Wenders.

Il sera toutefois très épanoui dans sa carrière d'acteur. C'est un homme extrêmement réfléchi et curieux, qui va faire des choix cinématographiques très pointus, dont certains sont peu connus. Il a des motivations qui ne sont pas exactement celles des autres acteurs. Il n'hésitera pas à oser l'humour, voire l'absurde, comme dans 'Un cadavre au dessert' ou 'Ne tirez pas sur le dentiste'.


"Columbo, on aime le regarder penser"

Columbo est l'anti-héros par excellence. On connait le coupable dès le début de l'épisode. La série est un contrepied total aux standards de production habituels. La réussite de la série tient à Peter Falk. "La première fournée d'épisodes est remarquable de bout en bout et on peut voir le plaisir que prend Peter Falk à faire vivre le personnage de Columbo. On aime le regarder penser", dit Pascal Cuissot.

C'est Peter Falk qui amène le manteau froissé et qui va l'imposer au fil des épisodes. Il choisira lui-même la Peugeot 403 décapotable, incongrue aux Etats-Unis (c'était la voiture de Roger Pierre qui était venu y travailler). Le cigare mâchonné ou encore l'épouse qu'on ne voit jamais seront aussi des expressions de la psychologie du personnage.

Suivez la séquence intégrale dans Entrez sans frapper, ici

Et découvrez le film documentaire Peter Falk versus Columbo sur Arte, ici

________________________________________________________