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[MUSIQUE] Fabrizio Cassol et Florent Leduc : Une musique sans âges ni frontières

En sourdine, la musique live et les festivals à l’instar de tous les arts brassant les foules. Le secteur culturel déguste encore et toujours version puissance 1000 sous le joug du Covid-19.  

Pour évoquer cette crise sanitaire qui plonge nos artistes dans un marasme total : Fabrizio Cassol, saxophoniste d’Aka Moon et Florent Le Duc, membre fondateur du FACIR, la Fédération des Auteurs Compositeurs et Interprètes Réunis.

 

L’hommage à Ludwig

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En plein confinement, Aka Moon a sorti début avril sur les plateformes numériques, son nouvel album "  Opus 111 " inspiré par la sonate 32 Opus 111 pour piano de Ludwig van Beethoven. Un projet qui résonne avec le 250ème anniversaire du célèbre compositeur. C’est également la dernière et l’une des œuvres les plus symboliques du grand maître du romantisme allemand, considérée par certains spécialistes comme un monument de modernité signifiant les prémices du jazz.

Dès lors, cette filiation a priori improbable s’explique sans circonvolution. Pour l’occasion, le fameux trio belge jazz avant-gardiste formé en 1992 par Fabrizio Cassol (saxophone), Michel Hatzigeorgiou (basse) et Stéphane Galland (batterie) s’est entouré du chanteur belgo-congolais Fredy Massamba, du pianiste belge Fabian Fiorini et l’accordéoniste João Barradas, jeune prodigue portugais promis à un bel avenir. Au final, l’album est percutant et leurs intervenants, au comble de leurs talents.

Une musique sans âges ni frontières

Se confronter au répertoire classique n’est pas une première pour Aka Moon qui s’est auparavant frotté à Monteverdi, Scarlatti, Mozart ou encore Bach au gré de leurs collaborations scénographiques.

Les spectacles VSPRS (2006) et Pitié ! (2008) du génial metteur en scène gantois, Alain Platel ou encore In Real Time  (2000) de la virtuose chorégraphe malinoise Anne Teresa De Keersmaeker ont bénéficié de leurs talents.  


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Depuis sa création, Aka Moon cultive le brassage culturel et les rencontres musicales aux quatre coins du globe. Un premier voyage initiatique chez les pygmées AKA de Centre-Afrique a bouleversé leurs certitudes. Face aux chants polyphoniques et aux danses célébrées par cette tribu africaine ancestrale, les trois jazzmen diplômés du Conservatoire ont alors revu leur conception du rythme.

L’inde du Sud avec U.K Sivaraman, le Sénégal représenté par Doudou N’Diaye Rose mais aussi les Balkans à travers les envolées des instruments à cordes slaves ont étoffé leur jazz  progressiste teinté de world musique.

Une musique inclassable qui nous ouvre ô combien de fenêtres sur le monde, histoire de s’évader librement dans ce contexte étriqué.

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© Lara Herbinia

Des pistes pour demain

Pour Florent Le Duc, co-créateur du Festival " Francofaune " subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles et membre fondateur du FACIR, la Fédération des Auteurs Compositeurs et Interprètes Réunis :

"Ce rendez-vous avec le public est interrompu. C’est troublant par rapport à l’avenir parce que rien n’ est clair."

Face à ce constat désopilant, l’homme avec quelques comparses a créé ce 8 mai, le CCMA.

Kesako ? Une cellule regroupant des professionnels, femmes et hommes passionnés qui repensent globalement  leur métier pour exprimer d’une seule voix le malaise qui touche leur profession. Ils sont 250.000 personnes à s’escrimer face l’indifférence du monde politique. Lequel semble de plus en plus éloigné de ses citoyens qui restent cependant des  électeurs en puissance.