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"1991" de Franck Thilliez: un polar glaçant, à l'ancienne

Il y aune quinzaine d’année, on découvrait l’inspecteur Franck Sharko, l’enquêteur né sous la plume de Franck Thilliez. Après Une dizaine de romans, l’auteur revient sur les débuts de Sharko et sa première enquête au Quai des Orfèvres. Plongée dans "1991" publié aux éditions Fleuve Noir

L’histoire

On se retrouve en 1991, Sharko est un jeune inspecteur tout juste sorti de l’école. Il vient de son pas de calais natal pour le 36 Quai des orfèvres.

Dans le service dans lequel il débarque subsiste une affaire non résolue. Celle du tueur du sud parisien. Dans le même temps, un certain Philippe Vasque va débarquer dans les bureaux avec une photo, atroce, d’un meurtre et une adresse. Une enquête qui commence à 1000 à l’heure.

 

En fait, on revient à la base du personnage. Jusque-là, on ne savait pas vraiment qui il était. Pourquoi on le découvre à 45 ans. Pourquoi est-il policier ? Pourquoi cette obsession à résoudre les enquêtes ?

Pourquoi revenir en 1991 ?

Franck Thilliez avait envie de revenir à une enquête à l’ancienne.

Aujourd’hui, on est envahi par la technologie. Dans les polars, on va d’abord regarder l’ordinateur de la victime. On va fouiller les fichiers. On va fouiller son téléphone portable.

Quand on est romancier c’est statique

En 1991, une enquête c’est une tout autre histoire. L’ADN est balbutiant, le téléphone portable et l’internet également. Dans les années 90, la police scientifique n’est pas très développée. On n’a même pas conscience de son importance. A l’époque, les policiers ne voulaient pas de la technologie. Ils voulaient travailler à l’ancienne.

Les policiers jetaient leurs mégots dans les cendriers sur la scène de crime. Impensable aujourd’hui.

 

D’où viennent le caractère et le traumatisme de Sharko ?

Franck Thilliez s’est très longuement posé la question. La réponse serait à trouver dans un fait d’hiver qui a défrayé la chronique dans les années 70. Le drame de Bruay-en-Artois. Un fait d’hiver qui a marqué l’auteur puisqu’à l’époque, il habitait la région.

En 1972 à Bruay-en-Artois, le corps sans vie de Brigitte Dewèvre est découvert dans un terrain vague, à la frontière d’un quartier bourgeois et des corons. Rapidement, l’histoire devient le symbole de la lutte des classes.

Aujourd’hui encore, ce cold case n’est pas résolu. Franck Thilliez mêle réalité et fiction. C’est qui aurait découvert le corps et travaillé sur l’enquête.

Les coulisses de Franck Thilliez

L’écriture de Thilliez, c’est nous mener en bateau. Donner de gros indices qui n’aboutiront à rien. Mais aussi des petits indices insoupçonnables qui se révéleront décisifs.

Comment voit-il l’écriture d’un roman ?

Je sais où je veux aller quand je commence une histoire mais je sais que je vais galérer pour y arriver. Je me pose des questions et je dois trouver des solutions.

Un peu comme le dit son enquêteur : "J’aime bien enquêter. Derrière chaque meurtre, il y a un homme ou une femme qui a franchi une frontière."

 

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