Entre mystères & secrets : la fascinante histoire des OVNIS

OVNIS: existent-ils vraiment?

" Je pense qu’il faut maintenant regarder vers le futur, pour se fixer de nouveaux objectifs. Napoléon a dit : ‘ Ne regardez pas vers le passé, vous n’y trouverez pas d’avenir ‘.

Maintenant notre plus grand objectif est bien entendu de trouver la solution à l’énigme du phénomène OVNI. Mais vous le savez, nous devons faire face à de grandes difficultés, que nous n’arrivons toujours pas à surmonter.

La méthode scientifique est efficace quand vous contrôlez ce que vous étudiez. Mais si on a affaire à un phénomène qui se joue de nous comme les ovnis, alors peut-être que le jeu est plus approprié que la science pour l’étudier. Mais j’ai foi en la science et j’ai foi dans l’esprit humain. Nous ne devons pas abandonner l’approche scientifique. "

 

Voilà comment en 1977, le professeur Josef Allen Hynek a clôturé le congrès international consacré au futur de l’étude des ovnis. Hynek est une figure marquante de l’ufologie américaine et mondiale. Il est présent dès les débuts de l’histoire des soucoupes volantes : comme astronome, il est engagé par l’US Air Force fin des années 40 pour " débunker " les témoignages concernant des ovnis. Sceptique envers les soucoupes volantes dans un premier temps, il deviendra petit-à-petit convaincu de la réalité du phénomène OVNI. Comme scientifique, il est également convaincu que la science pourra permettre une étude sérieuse des objets volants non identifiés.

Mais l’ufologie malgré son logos ne sera jamais une science, et elle ne pourra sans doute jamais l’être…

En effet, le phénomène ovni est imprévisible et non reproductible. C’est pourquoi depuis toujours, la grande majorité des scientifiques n’y voient aucun intérêt. La science se fait avec des expériences en laboratoire pas avec des témoignages…

Non, l’ufologie ne sera jamais une science. On pourrait dire que c’est une discipline, un passe-temps pour ceux qui s’intéressent aux objets volants non identifiés. Et comme dès les premières apparitions d’ovnis aux Etats-Unis, ni les médias, ni les milieux académiques ne prennent ces histoires au sérieux, ce sont des civils et des citoyens qui vont tenter de comprendre de quoi il retourne…

 

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© redhumv - Getty

Les premiers ufologues font leur entrée sur la scène médiatique fin des années 50. Un des pionniers est Donald Keyhoe, ancien militaire qui finira par s’intéresser au phénomène. Il écrit un article pour le magazine " True " : " Flying saucers are real " (les soucoupes volantes existent), dont il tirera un livre plus tard, au succès colossal. Partisan de l’hypothèse extraterrestre, il défendra ses idées jusqu’à la fin de sa vie. Il sera le premier d’une grande série d’ufologues. Citons entre autres le professeur Hynek dont nous avons parlé plus haut. C’est lui, une fois devenu le grand avocat de la cause ovni, qui crée la classification Rencontres du 1er, 2ème et 3ème type. Les européens ne seront pas en reste : dans les années 50, deux figures marquantes de l’ufologie jouent un rôle important : Jimmy Guieu, qui très vite développe des théories conspirationnistes à propos des soucoupes volantes, il est un peu l’ancêtre des X-Files. Et Aimé Michel, qui essaiera de démontrer que les ovnis apparaissent selon un plan coordonné (c’est-à-dire l’orthoténie, théorie intéressant mais sans fondement scientifique).

Tous ces ufologues ont acquis une grande notoriété dans la communauté ufologique. Mais il ne faudrait pas oublier les nombreux autres ufologues, qui depuis des années, tentent individuellement ou en petits groupes et associations d’ " étudier " les ovnis avec le peu de moyens dont ils disposent.

Comment s’y prennent-ils ? Principalement en recueillant des témoignages. Le témoignage c’est la porte d’entrée principale dans l’étude des objets volants non identifiés. Dès lors les ufologues, se rendent inlassablement sur le terrain, chez ceux qui disent avoir observé quelque chose d’étrange. Il faut alors essayer de poser des questions sans orienter le témoin, essayer d’obtenir des informations sur les distances, la forme, la lumière. Voir si le témoin varie dans ses descriptions, essayer de trouver d’autres observateurs du même ovni pour tenter de recouper les faits.

Il faut essayer quand on est ufologue de mettre ses convictions de côté lorsqu’ on s’intéresse à un cas. Mais c’est très difficile, même presque impossible, car les ufologues ont forcément des convictions. Garder une neutralité dans ce genre de domaine relève d’une prouesse inaccessible.

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© paseven - Getty

Enfin, les ufologues auront beau recueillir des milliers de témoignages crédibles, jamais cela ne pourra constituer une preuve de l’’existence du phénomène ovni. Le témoignage humain est fragile, c’est pourquoi, vu de l’extérieur, certains pourraient avoir l’impression que l’ufologie tourne en rond depuis plus de 70 ans…

Pas facile donc pour nos passionnés d’ovni d’arriver à se donner un vernis de crédibilité. On peut se demander s’ils y arriveront un jour, en raison d’une autre constante dans toute l’histoire de l’ufologie : les canulars, les photos d’ovnis truquées, les faux crashs de soucoupes, les enlèvements extraterrestres parfois inventés de toute pièce, les supercheries, les affabulateurs et les faux témoins…

Tout un folklore soucoupiste qui n’invite pas du tout à prendre le phénomène ovni au sérieux.

Et pourtant, malgré tous ces obstacles, les ufologues restent toujours animés par une passion et une curiosité inébranlable.

En effet, plus les ufologues étudient les objets volants non identifiés, plus l’énigme se renforce et plus le phénomène leur échappe. C’est comme s’il devait ne jamais y avoir de solution finale. Pourtant, aucun ufologue ne regrette son engagement. Même si personne ne pourra jamais donner de réponse définitive à la question : les ovnis existent-ils vraiment ? Ce n’est pas grave, pour les ufologues ce qui compte c’est le raisonnement, pas la réponse.

Il y a donc fort à parier que l’ufologie a encore de beaux jours devant elle : car qu’ils existent ou pas, les ovnis et les soucoupes volantes continuent à nous intriguer et surtout  à stimuler notre imagination.

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