Entre mystères & secrets : la fascinante histoire des OVNIS

OVNIS : 1989 – La Belgique voit des OVNIS partout

La Belgique est connue dans le monde entier pour ses excellentes frites, tout le monde le sait ! Mais savez-vous que la Belgique est également connue sur toute la planète pour ses… OVNIS !

C’est, fin des années 80, début des années 90, que notre pays a connu une vague d’observations d’ovnis sans pareille.

En ufologie, la discipline qui s’intéresse aux objets volants non identifiés, on parle de " vague " lorsqu’un très grand nombre d’observations, de témoignages se concentre dans un pays, une région pendant un certain.

La vague comporte des statistiques étonnantes : pendant 18 mois, des milliers de Belges vont observer des OVNIS aux caractéristiques surprenantes, comme l’expliquait à l’époque Lucien Clerebaut l’ancien secrétaire général de la SOBEPS, la société belge d’étude des phénomènes spatiaux, une association ufologique.

" Il est certain que les témoins ont vu un objet matériel, pas question ici d’hallucination collective. Il y a eu c’est certain, un ou plusieurs objets aux caractéristiques étonnantes, pas du tout explicables avec les moyens techniques ou scientifiques dont nous disposons pour le moment. "

Le portrait-robot de l’ovni belge est le suivant : une grande plate-forme triangulaire, possédant des grands feux éclairants à chaque extrémité, avec une sorte de gyrophare rouge / orange au centre.

Les observations sont souvent très rapprochées, dans la grande majorité des cas, pas questions ici de vagues lueurs au loin, comme nous l’explique Michel Bougard, l’ancien président de la SOBEPS.

" C’est une des caractéristiques de la vague belge : le caractère ostensible du phénomène. Ça ne se cache pas, c’est très lent par moments et toujours très lumineux. L’objet se montre, mais il est tout à fait insaisissable. On ne peut pas l’appréhender avec les outils actuels, il nous échappe. Quand on prend du recul sur ce type d’événement, on constate que ce qui est décrit par les témoins est toujours quelque chose qui est en dehors de la technologie actuelle, c’est légèrement en avance sur tout ce qui existe comme avion, même les plus perfectionnés. Il y a un léger décalage entre la technologie montrée par ces ovnis et la technologie terrestre "

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© Gremlin – Getty

Effectivement, 30 ans plus tard, on ne connaît toujours aucun appareil, aucun prototype quel qu’il soit, qui pourrait expliquer les ovnis belges qui sont apparus en 1989. L’objet décrit est silencieux, vole très près du sol, quelques dizaines de mètres et peut parfois faire du surplace. Et ce, sans aucun bruit… C’est une des particularités les plus embêtantes : en effet le vol stationnaire des supposés engins pourrait s’expliquer par la présence d’hélicoptères, mais ces derniers sont extrêmement bruyants, on les entend arriver de loin.

Autre problème : on voit ces objets évoluer lentement, faire du surplace pour ensuite disparaître avec une accélération brutale.

La vague a démarré brutalement dans la soirée du 29 novembre 1989 dans la région d’Eupen. Plusieurs patrouilles de gendarmes observent pendant très longtemps en différents points de grands objets triangulaires avec les caractéristiques que nous venons d’expliquer. Près de 200 civils confirmeront ces observations dans les jours suivants. Les membres de la SOBEPS, comme Patrick Ferryn ont pu vivre ces événements de très près à l’époque. Tout de suite ils ont essayé d’envisager toutes les possibilités de confusion.

Nous avions le sentiment que les gens avaient vu une sorte de prototype. Mais encore aujourd’hui, on n’arrive pas à raccrocher les témoignages à quelque chose d’aéronautique connu. Très vite, on a aussi pensé à des plus légers que l’air, des dirigeables… Mais très vite on s’est rendu compte que ça ne tient pas la route. Une plate-forme triangulaire dirigeable serait extrêmement instable et les accélérations ne collent pas non plus, c’est impensable… On a des témoignages avec des vents de 90 km/h, or un dirigeable a une grande prise sur l’air. Il ne peut pas rester immobile avec un tel vent "

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© homeworks255 – Getty

Les ovnis belges feront la une des médias pendant des mois. Tout le monde se pose des questions… Surtout l’armée, qui à l’époque, enverra plusieurs fois nos F-16 à la poursuite des ovnis. Lors d’une de ces " courses-poursuites ", on enregistrera des échos radars étonnants. Ces échos ne sont toujours pas expliqués aujourd’hui, mais ne constituent pas une vraie preuve de l’existence des ovnis belges.

D’ailleurs, il n’existe aucune preuve formelle de cette vague. Aucun film, aucun document photographique probant n’existe. Patrick Ferryn était chargé de tenter de récolter tout ce que les témoins pouvaient donner comme matériel photographique. Hélas, les résultats de cette collecte de documents ne donnent pas grand-chose.

" J’ai récolté plus de 60 documents vidéos ainsi que des photos, mais le tout est de très mauvaise qualité. Les gens ne savent pas filmer ou photographier ce genre de choses, surtout pendant la nuit. Nous ne pouvons travailler sur ce genre de matériel en tout cas "

Il y a bien eu une photo claire d’un ovni belge, c’est la photo dite de " Petit-Rechain " puisque c’est là qu’elle aurait été prise. Elle a été analysée par l’école royale militaire mais aussi par d’autres spécialistes. Elle a gardé son mystère pendant des années, jusqu’à ce que l’auteur de la photo avoue il y a quelques années qu’il s’agissait d’un canular.

Mais un seul canular, aussi réussi soit-il, ne peut pas effacer l’ensemble de tous les témoignages… la vague belge dure 18 mois, ensuite elle s’éteint doucement… Sans avoir révélé ses secrets. Quelques années après cette vague, Lucien Clerebaut ne désespérait pas, un jour c’est certain, on trouvera l’explication des ovnis belges et du phénomène ovni en général.

Bien sûr ! C’est ce que tout le monde attend ! le public, les militaires et ça depuis 50 ans ! Peut-être qu’un jour le phénomène va peut-être s’imposer de manière plus directe…

Vous croyez vraiment ça ?

Ce n’est pas un problème de croyance ! Mais il y a un objectif là derrière, si ça vient d’ailleurs, ça deviendra peut-être le problème le plus important de l’histoire de l’humanité ! (rires) "

Depuis lors, la SOBEPS a fermé ses portes : plus assez de témoignages significatifs pour continuer. Cette association ufologique a effectué un travail remarquable : elle a recueilli, étudié des témoignages par centaines, par milliers. Ses enquêteurs ont rencontré les témoins sur le terrain, la SOBEPS a également collaboré avec l’armée belge, grande première pour une association ufologique. C’est grâce à toutes ces données qu’on peut dire affirmer aujourd’hui que cette vague belge de 1989 est unique au monde… Mais on ne peut guère aller plus loin, malgré cette masse de données, on ne peut rien expliquer…

" Notre association n’a pas la réponse… Chacun a ses idées, mais officiellement, la SOBEPS n’a pas de réponse. Nous n’avons aucune certitude, nous ne savons toujours pas ce que c’est. "

Malgré ce constat frustrant, Michel Bougard, l’ancien président de cette association ufologique ne regrette pas tout l’investissement donné par chaque membre de l’équipe.

" Bien sûr que c’est frustrant. Parfois on pense que tout cela est très important, puis on pense que ça ne vaut rien, on passe par différentes phases. Rien n’est vraiment blanc ou noir dans cette histoire. On pourrait dire que ce phénomène est trop complexe et ne rien en faire, ou alors, on peut être réducteur et dire que tout cela n’est que banalités et confusions. Je préfère notre attitude à la SOBEPS : on se penche sur les rapports. Je suis quelqu’un qui constate les faits, et ces faits ce sont les témoignages, pour moi c’est du concret. Vous savez, en science, quand on propose une bonne explication, tout devient lumineux. Un jour, nous aurons une réponse pour tous ces événements qui paraissent mystérieux et la vague belge trouvera une explication 

Mais 31 ans plus tard, personne n’a encore pu donner une explication globale satisfaisante à la vague d’ovnis belge de 1989…

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© cris180 – Getty
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