Décadrages

[SÉRIE VIDÉO] Mirage de la vie, le cinéma d'Emmanuel Mouret

Emmanuel Mouret pose avec le prix du meilleur premier film pour "Caprice" en Juin 2015 durant le Festival du Film Romantique de Cabourg
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Emmanuel Mouret pose avec le prix du meilleur premier film pour "Caprice" en Juin 2015 durant le Festival du Film Romantique de Cabourg - © CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Emmanuel Mouret, la quarantaine bien faite, a beau réaliser et proposer des films depuis près d’une vingtaine d'années, son nom n'est pas encore inscrit dans la mémoire collective. Cela est d’autant plus dommageable que ses films sont des 'fantaisies sentimentales' totalement singulières, qui font rire et sourire autant qu’elles émeuvent et interrogent. Elles interrogent en particulier nos propres (mauvaises) manières relationnelles, en général, et amoureuses en particulier.
Jean-Louis Dupont lui consacre une série vidéo 'Décadrages', avec l'éclairage de Maryline Alligier.

Le désir et ses détours est au cœur de tous les films d'Emmanuel Mouret, sans que jamais le cynisme ne soit convié, et ce depuis Promène-toi donc tout nu!, son moyen-métrage de fin d’études à la Fémis qui aura l'honneur d'une sortie en salle en 1999.
 

Derrière et devant la caméra

Emmanuel Mouret, né en 1970 à Marseille, réalise son premier long-métrage en 2000, Laissons Lucie Faire !, film dans lequel il dirige Marie Gillain et incarne, lui-même, un jeune homme aussi lunatique et rêveur que maladroit et craquant. Personnage qu’il reprendra peu ou prou dans la plupart de ses films suivants, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
 

C’est ainsi qu’on retrouvera Emmanuel Mouret, derrière et devant la caméra, dans Changement d'adresse (2006), Un baiser, s’il vous plaît ! (2007), Fais-moi plaisir (2009), L'Art d'aimer (2010), Caprice (2015).
 

Une filmographie qui se grandit encore de 3 films pour lesquels il est resté derrière la caméra : 2 mélodrames, Vénus et fleur (2004) et Une autre vie (2013),  et un film en costumes, Mademoiselle de Joncquières (2018).

Quelque part entre Eric Rohmer et Blake Edwards

Cinéaste atypique qui écrit des rôles en or pour ses actrices, des personnages rayonnants, Emmanuel Mouret se situe quelque part entre Eric Rohmer et Blake Edwards, ou entre Marivaux et Jacques Tati. C’est dire s'il bouscule et surpasse, de loin, la médiocrité ambiante de la comédie à la française.             

Et pour couronner le tout, la tendresse de son cinéma, il la revendique comme : "une utopie, la proposition de quelque chose d’autre" … quelque chose de subversif "l’air de rien".  

Découvrez les 3 épisodes vidéo de cette série Décadrages

L'invitée de Décadrages : Maryline Alligier

C'est Maryline Alligier, enseignante en histoire et en cinéma-audiovisuel au lycée, chargée de cours à l’université d’Aix-Marseille (AMU), que Décadrages a déjà accueillie pour évoquer la filmographie de Bruno Dumont, qui nous conte et nous raconte le cinéma d’Emmanuel Mouret. Elle se base sur les longs entretiens qu’elle a pu mener en compagnie du cinéaste. Entrevues dont elle a tiré un livre, Emmanuel Mouret, entretiens d'un rêveur en cinéaste, paru aux Editions Rouge Profond en 2017.
 

En neuf longs métrages - et quelques courts, Emmanuel Mouret tient la promesse d’une filmographie teintée de fantaisie ... mais pas seulement !

 

La simplicité apparente et le classicisme formel de ses films sont le contrepoint d'une esthétique de l'étonnement : le cinéaste invente, suggère, interroge de nouveaux usages, écrit Maryline Alligier.
 (…) Ce livre d'entretiens révèle un réalisateur et acteur cinéphile, fasciné par la peinture et la musique, passionné de philosophie, qui place la rencontre esthétique au-dessus de tout.

(…) Au fil de ses propos, Emmanuel Mouret questionne sa forme, soulève des hypothèses, repère les motifs récurrents et variés de son geste créateur. Il parle avec une douce obstination de son cinéma, du cinéma en général." 

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