Bientôt à Table !

Le confinement: à quelle sauce allons-nous manger?

Impact du confinement sur l'horeca... Et demain?
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Le confinement a mis à l’arrêt de tout ce qui faisait notre quotidien du bien manger. Des restaurants vidés de leurs âmes, des brigades en chômage technique, des hypermarchés dévalisés, des consommateurs qui se sont remis frénétiquement à cuisiner. Bref, pas mal de repères ont été balayés, état des lieux après six semaines de vie gourmande entre parenthèses avec Carlo De Pascale.

C’était il y a six semaines, tous les commerces devaient fermer, sauf les commerces essentiels, donc les restaurants, et dans la foulée, pas mal d’artisans de bouche ont dû fermer aussi, incapables d’appliquer les règles de distanciation physique et autres normes si nécessaires pour aplanir la triste courbe des contaminations.

Il y a six semaines on a donc dit " au revoir " aux restaurateurs, et on s’est dit que tout comme on avait confiné on allait pareillement rapidement déconfiner et que tout redeviendrait vite comme avant.

C’est là que beaucoup de restaurateurs se sont engouffrés dans le take-away, dans le " livré à domicile ", pour, quelques jours après, quelque peu groggy, être nombreux à faire machine arrière toute. La difficulté de protéger efficacement les collaborateurs, l’inadaptation des menus, ou encore la gourmandise insolente des plateformes de livraison.

Et certains restaurateurs, tout en ayant l’angoisse au ventre pour l’avenir, se sont rendu compte qu’arrêter quelque temps de travailler dix-huit heures par jour ça pouvait faire du bien, que c’était peut-être le moment de plus s’occuper de soi et des siens et que cette pause forcée, si stressante soit-elle, il fallait y chercher un sens.

On a compris ensuite très vite que tout cela durerait bien plus longtemps, on s’est doutés que la réouverture des restaurants arriverait bien après celle des jardineries, et enfin, on a compris que déconfinement partiel ne voudrait pas dire disparition du virus ni du danger.

On a appris aussi qu’à la différence de toutes les épidémies mondiales depuis cent ans, la santé de l’ensemble de la population allait passer pendant au moins 6 semaines avant l’économie, on a pu voir aussi que si la plupart d’entre nous étaient disciplinés, certains étaient totalement inconscients et d’autres, morts de trouille.

Pendant ce temps, les passionnés ou moins de cuisine, se sont dit " chouette on va cuisiner ". Et de fait, entre mijotés, pâtisserie, files en grande distribution, nos concitoyens ont cuisiner, certains on ont même profité pour (re) découvrir que les maraîchers produisaient, que les " Ruche qui dit oui " disaient toujours oui, que les GASAP sauvaient les meubles et que fromagers, chocolatiers, torréfacteurs ET bouchers mettaient au point des systèmes de commande et de livraison efficaces, à tout le moins en ville ;

Par ailleurs, ces artisans ont dû sérieusement se décarcasser pour trouver d’autres clients, car ils sont nombreux à avoir perdu du chiffre d’affaires avec la fermeture des restaurants.

Côté Horeca, on a pu voir que quelques restaurateurs créatifs, après avoir posé leurs casseroles, ont entamé une double réflexion.

Que puis-je faire aujourd’hui ?

Que vais-je faire demain ?

Aujourd’hui, on voit des restaurateurs qui pensent littéralement leurs plats pour qu’ils soient finalisés chez soi et ainsi vivre une expérience gustative, voire gastronomique.

Tout cela au départ d’une page facebook, un message whatsapp, d’une newsletter, sans grands investissements, mais avec rigueur et créativité ; les clients répondent présents, car – des restaurateurs nous l’ont dit – ils sont à l’affut de toute opportunité, de tout ce qui sonne vrai, gourmand.

Et demain ?

Que ce soit nos étoilés ou des restaurateurs plus " simples " ils sont quelques-uns à se dire qu’ils vont réduire la voilure. Moins de personnel, ce qui est dramatique, moins de places dans le restaurant, moins de plats à la carte, moins de menus, moins de produits hors de prix.

Ce " moins ", hormis le drame social de la réduction des effectifs, les restaurateurs que nous avons contactés nous en ont parlé avec espoir, presque enthousiasme ; l’espoir de se dire que finalement on allait resserrer les circuits d’approvisionnement, revenir à des choses essentielles. Ils nous ont aussi dit que ce retour à l’essentiel n’allait pas s’accompagner d’une baisse des prix, loin de là, tout augmente et les charges seront là, tout comme la nécessité de remonter la pente.

A suivre.

Carlo

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