YouTube, l'école de la nouvelle génération ?

Selon une étude réalisée fin août par Pearson, auprès de 2 587 personnes, âgées de 14 à 40 ans, aux États-Unis, sur le rôle du numérique dans l’acquisition des compétences: 6 jeunes sur 10 considèrent YouTube comme la méthode d’apprentissage numéro 1. Chez les plus âgés, si on trouve encore le livre en première place il est suivi de près par internet également. 55% des personnes interrogées estiment donc que YouTube contribue à leur éducation. Pour eux, le numérique fait partie de la vie, c’est normal, ce n’est pas nouveau, ce n’est pas une révolution. La vie en ligne, la vie hors ligne c'est la vie tout court, plus de distinction apparente. Damien Van Achter  fondateur du lab.davanac et professeur invité à l’IHECS a analysé cette nouvelle tendance dans Jour Première.

 

 

L'inégalité face au numérique

Immanquablement la question se pose. Alors que la France vient de décider de bannir l'usage du téléphone portable en cours, chez nous en Fédération Wallonie Bruxelles la position est beaucoup moins tranchée.  Actuellement les initiatives sont isolées et sont prises, à l'échelle locale, c'est -à-dire dans les écoles de manière individuelle, et ce malgré les divers plans d'informatisations, la Belgique montre à ce sujet une grande disparité et un manque d'uniformisation.

Certaines écoles sont effectivement bien équipées et favorisent un usage accru des nouvelles technologies, tandis que d'autres, faute de moyens, en sont reléguées à tout simplement interdire le téléphone portable. Or, dans bien des cas, il s'agit plus d'une méconnaissance de la part de professeurs, qui peinent à eux-mêmes s'emparer de cette culture, qui remet à plat les notions de hiérarchie, puisque les étudiants ont la possibilité de vérifier en temps réel la véracité des dires des professeurs.

Une question de culture ?

Selon Damien Van Achter, oui, parce que le numérique apporte une nouvelle dimension à l'enseignement. Il le rend beaucoup plus visuel et social, avec des apprentissages entre pairs, ce qui permet aux élèves de confronter leur réalité à d'autres de leurs contemporains, non seulement à l'échelle de leur classe mais aussi vis-à-vis de leurs "collègues" partout dans le monde.

"On a vraiment à faire à une génération ubiquitaire, qui sans cesse se compare et permet à une forme de compétitivité avec laquelle les profs de l'ancienne école ne peuvent pas rivaliser."

Comment faire alors, chez nous ?

Pas mal de profs embrassent ces changements et proposent à leurs étudiants de s'emparer de cette technologie pour produire eux-mêmes des vidéos réalisées par leur soins, mais supervisées, afin de co-construire du sens aux apprentissages et in fine de donner aux étudiants la possibilité d'aller plus loin, de se faire leur propre opinion, et de devenir eux-mêmes des références en la matières.

En fait, il s'agit plus pour les professeurs de devenir des coachs, des mentors, plutôt que des détenteurs d'un savoir. Ce qu'ils sont toujours, mais en reversant quelque part le mode d'apprentissage en donnant la possibilité aux étudiants de devenir acteurs de leur formation, en acceptant de perdre le contrôle mais en se mettant au service de ceux-ci 

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