"Voyage voyage de Desireless : une ode à la beauté du monde et un plaidoyer pour une main tendue vers l'autre"

En cette fin de saison et à la veille des départs en vacances, "Voyage voyage" s'est imposée à moi... Desireless m'est apparue cette nuit, en murmurant "Voyage, voyage. Plus loin que la nuit et le jour. Voyage, voyage. Dans l'espace inouï de l'amour". J'ai dit "OK, Claudie - banco" - Desireless ne s'appelle pas Desireless mais Claudie - Claudie Fritch - c'est un peu moins érotique, mais bon - Sébastien Ministru, c'est pas mieux. "Voyage voyage" s'est imposée à moi. Et pas qu'à moi d'ailleurs - puisque la chanson (on n'a pas toujours mesuré son impact) a été un succès partout dans le monde en 1986. C'est une chanson écrite par Dominique Dubois et Jean-Michel Rivat - célèbre parolier qui a fourni - entre autres - Michel Delpech à qui était d'ailleurs destiné "Voyage voyage" - mais bon, il n'en a pas voulu.

Ode à la beauté du monde et plaidoyer pour une main tendue vers l'autre - mon différent car mon semblable, "Voyage voyage" commence par "Au dessus des vieux volcans" : et là, paf : première référence littéraire renversée avec l'écho à "Au-dessous du volcan" - livre sur le Mexique de Malcolm MacLowry... "Au-dessus des vieux volcans. Glissent des ailes sous le tapis du vent. Voyage, voyage"... Les voyages nous donnent des ailes, la musique nous fait planer... On est sur ce genre...   "De nuage en marécages. De vent d'Espagne en pluie d'Equateur. Voyage, voyage. Vol dans les hauteurs. Au-dessus des capitales. Regarde l'océan." Voilà, ici - on voit clairement que Desireless - dans une langue dont la poésie n'a d'égal que celle du "National Geographic" - invente - sans le savoir - Yann Arthus Bertrand.

On voit les images et la beauté des paysages : "Sur le Gange ou l'Amazone. Chez les blacks, chez les sikhs, chez les jaunes." ... Ici - les jaunes pour désigner nos frères d'Asie - petit écart de langage qui renvoie peut-être à l'œuvre de Michel Leeb et plus particulièrement à son sketch dit du "Chinois". "Sur le Gange ou l'Amazone. Chez les blacks, chez les sikhs, chez les jaunes. Voyage voyage. Dans tout le royaume. Sur les dunes du Sahara. Des îles Fidji au Fuji-Yama." Toujours cette esthétique "Exploration du monde"... C'est plus une chanson, c'est un scrapbook. "Sur l'eau sacré d'un fleuve indien. Et jamais ne reviens". Pour Desireless, il y a dans tout voyage une dimension spirituelle et un détachement de soi ("au-dessus des vieux volcans", "au-dessus des capitales", elle est toujours au-dessus), exercice de transcendance qui constitue une thématique récurrente de son répertoire. Voir à ce sujet son coming-out krishna.

"Voyage voyage" contient une vision extatique de l'univers en même temps que de la publicité clandestine pour des cours de yoga. Toutes choses qui n'aveuglent pas la capacité de Desireless à regarder le monde lorsqu'il est prescripteur de douleurs. "Au-dessus des capitales, des idées fatales". Les idées fatales, c'est la politique... "Au-dessus des barbelés. Des coeurs bombardés"... Là, c'est la guerre... Qui vient un peu assombrir le potentiel "Club Med meets Dalaï Lama" de l'ensemble.

"Voyage voyage" boucle donc une saison de "Paroles paroles" qui - j'espère - vous a plus. Je me retire en vous chantant :

Et avec Lara Fabian qui reprend Nana Mouskouri, je vous crie :

Puissiez-vous même être le soleil de la vie de l'autre !

Écoutez en intégralité " Voyage, voyage " de Desireless !

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