Vous possédez un bâtiment inoccupé ? Pourquoi ne pas envisager une occupation temporaire ?

La Serre, à Ixelles, un bâtiment occupé temporairement par l'asbl Communa, est devenu un espace de cohésion sociale
La Serre, à Ixelles, un bâtiment occupé temporairement par l'asbl Communa, est devenu un espace de cohésion sociale - © RTBF Léo Potier

Les logements vides sont nombreux, particulièrement à Bruxelles. Mais la loi anti-squat, qui date d'octobre dernier, prévoit des peines de prison et des amendes pour les squatters... 

Dans ce contexte, l'occupation illégale de logements change doucement de visage. Depuis quelques années, des associations proposent à des propriétaires de logements vides d'occuper leurs biens pour y vivre, mais aussi pour y développer des activités : cinéma, école de devoirs, espace de travail ou cantine.

Et ça marche ! Certains propriétaires n'hésitent plus à recommander ce mode d'occupation, à mi-chemin entre le squat et la location.


123 rue Royale

Woningen est une asbl installée au 123 de la rue Royale, à Bruxelles, dans les locaux d'un ancien ministère. Elle propose un lieu où se loger, mais aussi où manger, où faire réparer son vélo, où se réunir. Le paiement est libre, on donne la somme qu'on veut.

Les lieux ont malheureusement attiré les promoteurs immobiliers... Le nouveau propriétaire, privé, a des projets à court-terme et les jours de Woningen sont désormais comptés.

Il sera difficile, avec la loi anti-squat, de retrouver un lieu comparable.

Et malheureusement, il n'y a rien, dans la loi belge, qui interdise à un propriétaire d'avoir un logement vide et de ne pas y attribuer de fonction. Il doit juste payer une taxe de 1000 euros x le nombre d'années x le nombre d'étages x le nombre de mètres de façade. "Une paille pour les propriétaires, c'est très marginal par rapport à l'ampleur de la vacance immobilière."


Les avantages d'une occupation temporaire 

La vacance immobilière est un problème qui touche toute la Belgique. A Bruxelles, on estime à 10% la part de logements sociaux inutilisés, faute de travaux ou de réaménagements. On parle aussi de 15 000 à 30 000 logements vides dans le parc privé, pour les 19 communes, sans compter les bureaux vides potentiellement habitables. 

Et pourtant, il y a des avantages indéniables à favoriser l'occupation temporaire d'un lieu, que ce soit pour le propriétaire comme pour les squatters ou l'environnement.

  • Eviter la taxe sur les immeubles vides
  • Eviter les poursuites éventuelles après un an d'inoccupation
  • Préserver les lieux contre les dégradations dues au temps, à l'inoccupation, au vandalisme
  • Valoriser le quartier : un immeuble vide n'est jamais très positif pour le quartier et les riverains.
     

Des expériences d'occupation réussie

L'asbl Communa négocie des occupations dans des immeubles dits en période de transition, pour y créer des activités : ateliers, réunions, événements... mêlées à du logement. Elle occupe déjà 6 lieux à Bruxelles et fait vivre toute une communauté de projets. Elle a su s'attirer la confiance des propriétaires avec ce modèle hybride de squat légal à mi-chemin entre le bail et l'occupation illégale.

L'occupation de La Buissonnière à Saint-Gilles est particulièrement intéressante. Une ancienne école, propriété de l'Eglise catholique de Belgique, est sous contrat d'occupation temporaire d'un an, en attendant des travaux. L'Eglise paie uniquement l'assurance, et Communa prend en charge l'entretien du bâtiment, les consommations.


Une relation de confiance

Ce qui est rassurant pour le propriétaire, ce sont les expériences précédentes de Communa, et les compétences évidentes d'entretien de ses jeunes membres.

"La garantie naît de la confiance qui s'établit entre eux et nous. Ils font preuve d'enthousiasme, de professionnalisme et de sérieux.

Si vous êtes propriétaire d'un lieu inoccupé, allez-y, n'ayez pas peur, faites confiance. Je crois qu'ils apportent une plus-value au quartier et à la ville. Ils redonnent un âme et un dynamisme à Bruxelles."

Ecoutez les témoignages dans ce reportage de Léo Potier

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