Vin, volaille, pain… la "vie saine" du temps du Moyen Âge

Ne pas manger trop gras, trop sucré ou trop salé. Eviter de manger de la viande tous les jours. Boire suffisamment d’eau ou encore respecter la pyramide alimentaire et faire de l’exercice. Nous avons tous entendu l’un ou l’autre de ces conseils santé. Mais certaines de ces recommandations sont loin d’être récentes. "Diététique" dérive d'un mot en grec ancien qui évoque la notion de régime, d’équilibre entre alimentation et exercices physiques. Plongée dans les assiettes et dans la notion de "vie saine" de l’Antiquité et du Moyen âge.

Que manger et à quelle activité physique se vouer pour être en bonne santé ? Ces questions, explique Lara de Merode médiéviste, sont apparues dès l’Antiquité. Les plus anciens textes y faisant référence datent du VIème siècle, "et on peut vraiment parler d’ouvrages autour de la diététique et de l’hygiène avec les traités hippocratiques" précise l’experte au micro d’Un jour dans l’Histoire. Traités hippocratiques, du nom du fameux Hippocrate, médecin du Vème siècle ACN.

Des lettres ont aussi été retrouvées, dans lesquelles des médecins adressaient leurs recommandations généralement à des hommes de la haute société, "des personnes qui avaient un certain mode de vie et qui pouvaient se permettre d’avoir des pratiques alimentaires plus particulières et des exercices plus précis" explique la médiéviste. Parmi les auteurs de ces lettres, on retrouve par exemple Claude Galien, médecin grec de l’Antiquité.

Mais les médecins ne seront pas les seuls à s’intéresser à cette notion de "vie saine". "Dans l’Antiquité, la médecine est perçue comme la philosophie du corps et la philosophie est une forme de médecine de l’âme."

Dans l’assiette d’un Homme du Moyen Âge…

Dès l’Antiquité, santé physique et spirituelle sont donc liée dans ce concept de "vie saine". D’ailleurs les moines au Moyen Âge vont vivre selon certains des préceptes de l’Antiquité. Pour que la vie spirituelle des moines soit la meilleure possible, il faut que leur santé soit bonne. Certaines règles vont alors être mises en place, notamment celle de Saint-Benoit. Que manger ? Quand dormir, et comment ? Pour Saint Benoit de Nursie, il ne faut par exemple pas que les moines consomment de la viande issue d’un animal à quatre pattes. "La viande d’un quadrupède seraient un aliment qui favorise la violence, qui stimule l’appétit et la bonne chair, or c’est justement tout ce que les moines doivent éviter pour s’adonner à leur vie spirituelle", détaille Lara de Merode.  

Ça, c’est pour les moines. Et les autres ? A quoi ressemblent leurs assiettes ?

Au Moyen Âge, elles sont toutes accompagnées de pain. Il est la base de l’alimentation de l’époque. Toutes les couches sociales de la société moyenâgeuse en dégustent. Selon la médiéviste "le pain blanc va pour la haute société, et les pauvres eux vont plutôt manger le pain gris a base de farine plus rudimentaire". 

Même chose en ce qui concerne la viande. Chaque groupe social en mange (durant les jours gras), mais pas exactement la même. Les habitudes alimentaires traduisent la hiérarchie sociale de l’époque. "Les chevaliers consomment principalement de la viande issue de la chasse, donc du gibier. Alors que les paysans eux, vont principalement consommer du bœuf, puisqu’ils utilisent la bête pour le travail dans les champs, avant de le manger une fois qu’elle est devenue trop vieille. Paon, héron, cygne, …  La volaille quand a elle est considérée bonne pour la santé et représente un mets de choix. Ce sont les Nobles qui en profitent" précise Lara de Merode.

… et dans son verre

Dans le verre de tous, c’est le vin que l’on retrouve. Élément essentiel de l’eucharistie (avec le pain), il est consommé par tous. Il est cependant généralement coupé à l’eau, raconte l’experte. Le vin blanc chaud d’ailleurs est particulièrement populaire à l’époque. Dans certaines régions non-viticoles, la bière se popularise. A la fin du Moyen Âge, elle deviendra la boisson du pauvre.

 

 

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