Villes en transition, pourquoi pas la vôtre ?

Plus de 120 villes font le pas de la transition en Belgique
Plus de 120 villes font le pas de la transition en Belgique - © Tous droits réservés

Aux 4 coins du monde, les villes en transition se lancent dans l’aventure. L’initiateur de ce mouvement des villes en transition, l’Anglais Rob Hopkins est de passage à Bruxelles cette semaine pour une conférence à Louvain-la-Neuve. L'occasion de faire le point avec lui sur ce mouvement qui a su tisser sa toile dans le monde en quelques années seulement. Avec la participation de Felice Gasperoni et François Olivier Devaux, du Réseau Transition Belgique.

Rob Hopkins inspire beaucoup de monde en Belgique. Les première initiatives sont nées en 2010 à Grez Doiceau, à Schaerbeek, à Ath, en Flandre. Une quarantaine ont suivi en 2014 et aujourd'hui, on relève plus de 120 initiatives à Bruxelles et en Wallonie.

 

Comment devenir une ville en transition ?

Il ne faut pas passer de test, il n'y a pas de permission à obtenir pour lancer sa propre initiative de transition. Il faut évidemment adhérer à la philosophie du mouvement. "La proposition est là, le cadre est défini, les gens peuvent se l'approprier et lancer des projets qui leur plaisent et répondent aux besoins de l'endroit où ils vivent", explique François Olivier Devaux, du Réseau Transition Belgique.

Le Réseau Transition Belgique est, selon Rob Hopkins, l'un des meilleurs et des mieux organisés pour aider les villes à entrer en transition. Depuis 3 ou 4 ans, la dynamique explose en Belgique, de façon spontanée dans un premier temps, avec des initiatives comme des repair cafés, des jardins ou des marchés locaux... Le rôle de Réseau Transition Belgique est de les aider à aller plus loin dans leur démarche, à franchir les obstacles.

 

"Si nous attendons le gouvernement, ce sera trop tard"

Il y a 12, 13 ans, Rob Hopkins se sentait bouleversé devant les problèmes de changements climatiques, d'isolement social... "Si nous attendons le gouvernement, ce sera trop tard, décide-t-il. Si nous pouvons agir avec les gens qui sont autour de nous, un vrai changement est possible. C'est peut-être une immense opportunité de rassembler nos communautés, de développer plus de liens, plus d'initiatives."

Aujourd'hui, des groupes de transition fleurissent dans 50 pays autour du monde. Les citoyens mettent sur pied des idées très créatives, créent de nouveaux emplois, de nouveaux systèmes alimentaires, de nouvelles sociétés d'énergie. Ils ouvrent la route vers une nouvelle histoire économique, qui tient compte du bien-être et du bonheur. 

 

Des jeunes très concernés

Pour Rob Hopkins, le film Demain a certainement beaucoup contribué dans le monde francophone à faire partager ces idées plus largement. Avec comme conséquence que 50 % des personnes intéressées par le mouvement de transition sont des jeunes.

Il relève le projet 'Ceinture aliment-terre' initié à Liège, pour lequel dix coopératives ont récolté 1.5 million d'euros. Finalement, les pouvoirs publics se sont rendu compte que l'avenir est là et offrent maintenant leur appui au projet, en proposant des terres, des fonds... C'est un peu le monde à l'envers : ce sont les citoyens qui prennent les initiatives et les pouvoirs publics qui suivent. "Le rôle de l'État est d'être partenaire des communautés et d'apporter son soutien aux initiatives de transition des citoyens", appuie Rob Hopkins.

L'impact des villes en transition est toutefois difficile à quantifier : comment mesurer les bénéfices sociaux, les connexions retrouvées, le bien-être...? Mais on sait que cet impact est réel en termes humains, en terme d'appartenance au lieu de vie.
 

Rob Hopkins est considéré comme le père des villes en transition.
Assume-t-il cette responsabilité ?
Ecoutez sa réponse dans Tendances Première !

 

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