Venus, le sol et le répit

Fabienne Vande Meerssche
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Fabienne Vande Meerssche - © Tous droits réservés

Ce samedi 20 avril 2019, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans Les Eclaireurs : Nicolas Dendoncker, chercheur et professeur de géographie à l’UNamur, expert en planification des terres, coordinateur du master en Smart Rurality Christophe Mincke, juriste, criminologue, sociologue , professeur à l’Université Saint Louis, directeur à l’Institut national de Criminalistique et Criminologie, co-auteur du livre " La société sans répit. La mobilité comme injonction " (éd. La Sorbonne) ; et Séverine Robert, docteure en Sciences, chercheure à l’Institut Royal d’Aéronomie Spatiale de Belgique (département d’Aéronomie planétaire).

 

Direct : samedi 20 avril 2019 à 13h10.

REDIFFUSION : dimanche 21 avril 2019 à 23h10.

Nicolas Dendoncker

Nicolas Dendoncker est chercheur et professeur de géographie à l’Université de Namur.  

Après des études en géographie à l’UCL, il y entame une thèse de doctorat consacrée à l’impact des changements d’utilisation des terres sur des populations d’oiseaux migrateurs. 

Cette recherche développe sa sensibilité aux questions environnementales. En parallèle, il effectue une formation de guide nature au cercle des naturalistes de Belgique, suivie d’une formation en ornithologie auprès d’AVES/Natagora.

Il réalise ensuite un postdoctorat de trois ans à l’Université d’Edinburgh, qui s’inscrit dans la suite logique de sa thèse.  Dans ce cadre, il conduit des interviews auprès d’agriculteurs qui lui font prendre conscience d’une part, de la nécessité de changer d’échelle, et de travailler avec les acteurs de terrain pour donner plus de sens à ses recherches. Et d’autre part, la découverte de la situation critique de l’agriculture belge et mondiale qui imposent un focus sur l’activité agricole, essentielle à la vie humaine, mais trop souvent déconnectée de la nature et des humains.

 

Il y a 10 ans, Nicolas Dendoncker rejoint l’université de Namur en tant que professeur au sein du département de géographie. Ceci lui donne l’opportunité de transmettre sa passion pour les questions agro-environnementales.  La création du master " Smart Rurality " en 2018 est un aboutissement de cette démarche.  

Au cours de ce master,  les étudiants se forment sur le terrain, et à la rencontre directe avec les acteurs du monde rural. Ils découvrent d’autres méthodes d’apprentissages et s’approprient leur formation. Le master commence par une visite de 4 jours au sein d’un écovillage dans le Lot-et-Garonne. Ce projet TERA, dont Nicolas Dendoncker a rejoint le conseil scientifique depuis 2019, expérimente la transition dans toute sa complexité.

 

Pour en savoir plus sur ce master " Smart Rurality ", cliquez ici sur la vidéo de présentation :

 

Nicolas Dendoncker estime que les systèmes de financement auxquels sont contraints les chercheurs, compliquent les démarches de recherches réellement porteuses de changement sociétal. L’objectif de Nicolas Dendoncker est de mener une recherche d’action participative sur le long terme, dans une zone d’étude fixe, pour soutenir et faciliter la transition agroécologique comme levier de transition territoriale en milieu rural.   Cet objectif part d’un constat alarmant : si rien n’est fait, il n’y aura plus d’agriculteurs en Belgique d’ici dix ans !

Nicolas est convaincu qu’une agriculture plus locale sera forcément plus durable et  permettra de contribuer au développement d’une économie endogène en milieu rural. Plusieurs projets de recherche et thèses de doctorats supervisées par Nicolas Dendoncker s’inscrivent dans cette démarche.

 

Nicolas Dendoncker a récemment rejoint l’Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), qui est à la biodiversité ce que  l’Intergovernmental Panel on Climate Change (l’IPCC) est au climat. Il y agit en tant que Lead Author du rapport global sur les valeurs de la nature.  Le (manque de) rapport à la nature étant à la base de nombreuses décisions destructrices de celle-ci, il juge urgent de restaurer une connexion entre les humains et le reste du vivant.

Christophe Mincke

Christophe Mincke est juriste, sociologue, criminologue et docteur en droit.

Il dirige le département de criminologie de l'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC – Bruxelles) et est professeur à l’Université Saint-Louis (FUSL, Bruxelles). Il est aussi codirecteur du GT23 (Mobilités spatiales et fluidité sociale) de l’Association internationale des sociologues de langue française et codirecteur de la Revue nouvelle.

 

Christophe Mincke est titulaire d’un DEA en sociologie (ULB) et d’un master européen en théorie du droit (FUSL, KUL). Il a réalisé de 2000 à 2006 une thèse doctorale portant sur la médiation pénale. Il y mène une analyse critique socio-criminologique, partant de la confrontation des pratiques de médiation pénale aux idéaux fondateurs de cette procédure.

Actuellement ses travaux touchent essentiellement aux questions de mobilité en lien avec la criminologie. Il contribue notamment à l’élaboration d’un cadre théorique général visant à décrire l’émergence d’un idéal mobilitaire qui, au travers de discours valorisant la flexibilité, l’ouverture, la proactivité et la participation au collectif des individus, enjoint au mouvement perpétuel ; un impératif qui engendre un décloisonnement des espaces liés à la sphère professionnelle et personnelle et qui impose aux individus de développer des compétences de multitasking, bien plus poussées que par le passé. Dans ce contexte, lorsque l’activation perpétuelle perd de son sens, l’épuisement guette les individus.

 

Face à cette situation, Christophe Mincke invite à repenser le concept de mobilité, non pas dans le sens d’un retour au passé, mais dans celui d’une réinvention de notre rapport à la mobilité, en prenant le temps de s’interroger sur le sens de notre rapport au mouvement – celui que nous nous imposons mais aussi celui que nous imposons aux choses (les importations, exportations de produits par exemple). L’objectif à ses yeux est de parvenir à poser un cadre dans lequel penser la mobilité en déterminant les limites d’une " mobilité acceptable ".

 

Notons par ailleurs, que Christophe Mincke s’attache à employer le cadre théorique qu’il développe autour du concept de mobilité pour mieux saisir certains objets d’études tels que la prison, la surveillance électronique, la médiation pénale ou encore le management de la justice.

Pour en savoir plus sur la réflexion critique que déploie Christophe Mincke autour du concept de mobilité, cliquez ici sur la vidéo viméo "Entretien avec Christophe Mincke pour Forum Vies Mobiles"

Retrouvez aussi l’ouvrage sociologique " La société sans répit. La mobilité comme injonction " publié aux éditions de La Sorbonne. Dans ce livre, Christophe Mincke et Bertrand Montulet sondent nos représentations de l’espace, du temps et de la mobilité, pour mettre en lumière l’ampleur du bouleversement qu’elles engendrent dans nos pratiques au quotidien et plus largement dans notre rapport au monde.

Enfin, retrouver toutes les publications scientifiques de Christophe Mincke, en cliquant sur le dépôt des publications de l’INCC  et suivez son actualité sur son blogue scientifique personnel.

Séverine Robert

Séverine Robert est chercheure à l’Institut royal d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB).

Elle réalise des études de sciences physiques à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) où elle finalise son doctorat en sciences en 2009. Elle intègre ensuite le département d’Aéronomie Planétaire de l’IASB.

Ce service, dirigé par Ann Carine Vandaele, est responsable d’instruments à bord de satellites en orbite autour de Mars et de Vénus. Ces instruments fonctionnent dans le domaine de l’infrarouge selon le principe de la spectroscopie. La spectroscopie infrarouge permet de déterminer la nature et la quantité des molécules présentes dans l’atmosphère sondée par l’instrument. La température de surface et atmosphérique peut également être dérivée de ces mesures. 

Tout d’abord impliquée dans l’analyse des données l’instrument SOIR qui se trouvait à bord de Venus Express - mission ayant duré de 2006 à 2014 - Séverine Robert a ensuite travaillé au développement de l’instrument NOMAD, actuellement en orbite autour de Mars, à bord de la sonde ExoMars Trace Gas Orbiter. NOMAD va apporter de nombreuses réponses concernant la structure de l’atmosphère de Mars. C’est en effet le premier instrument à sonder l’atmosphère martienne verticalement. Les premières analyses se sont révélées prometteuses.

De par sa formation universitaire, Séverine Robert a gardé un lien fort avec l’analyse en laboratoire, partant du principe que l’analyse des mesures atmosphériques ne peut se faire sans une excellente connaissance préalable des molécules et de leur comportement sous différentes conditions de température et de pression. A cette fin, la chercheure collabore notamment avec le Dr. Laurence Régalia de l’Université de Reims et avec le Pr. Clément Lauzin de l’UCLouvain. Tous deux effectuent des mesures de différents gaz en laboratoire, contrôlant ainsi les conditions expérimentales. A Reims par exemple, le Groupe de Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique (GSMA) est spécialisé notamment dans les mesures de vapeur d’eau (H²O). Cette molécule est cruciale lorsque l’on s’intéresse à l’astrobiologie, sujet au cœur du projet de recherche ET-HOME - financé par le programme Excellence of Science du FNRS et du FWO et  dirigé par le Pr. Vinciane Debaille - , dans lequel est impliquée la chercheure.

 

Pour retrouver la notice de Vinciane Debaille invitée dans Les Eclaireurs le 16 Septembre 2017 cliquez ici.

Actuellement, Séverine Robert est aussi investie dans le développement d’un nouvel instrument, pour la mission-candidate EnVision. Cette mission aura pour objectif scientifique le volcanisme et la surface de Vénus. Le départ est envisagé pour 2032.

Les scientifiques et ingénieurs de l'Institut royal d'Aéronomie Spatiale de Belgique vous invitent le 9 MAI à un SPEED DATE MARTIEN au PLANÉTARIUM de Bruxelles.  La participation à l'événement est gratuite mais, pour des raisons pratiques, limitée à 100 personnes. Pour être sûr d'y avoir une place, inscrivez-vous dès que possible sur: https://events.oma.be/indico/event/63/
Une aire de stationnement est disponible au planétarium. Pour plus d'informations sur la mobilité, cliquez ici sur le site web du planétarium


 

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