Vaccins : doit-on laisser faire la nature ?

Tout excès peut être dangereux, voire mortel. C’est le cas de l’écologie politique, du vitalisme et du retour à la nature poussé à outrance. " Mère nature fait bien les choses, si le terrain est bon, vous ne tomberez pas malade." Cet argument avancé par les antivaccins a parfois conduit à des catastrophes sanitaires.

Quelle est la nécessité d’un vaccin contre des maladies disparues ?

Avant le Covid-19, nous étions nombreux à penser que les épidémies concernaient le monde d’hier. Et pour cause, grâce aux couvertures vaccinales, les épidémies sont rares, nous n’étions plus en contact avec certains virus et bactéries, ce qui a pu faire croire à certains qu’ils avaient disparu.

Et puis, nous ne voyions plus les effets catastrophiques de ces maladies, les séquelles, la souffrance et le nombre de morts qu’elles occasionnent. Alors pour certains, comme le vaccin c’est de la médecine préventive contre un virus qui a disparu, pourquoi se vacciner ?

Aller contre le dessein de Dieu

Là aussi, les arguments trouvent leur origine aux XVIIIe et XIXe siècles. À ces époques, c’est l’argument religieux qui était avancé. On ne pouvait pas aller contre le dessein de Dieu. Si votre destin était de mourir de la variole, vous ne pouviez pas, vous, pauvre humain, intervenir et vous vacciner. Cela aurait contrecarré les plans divins. Cet argument est toujours présent dans certaines sociétés mais l’argument s’est plus largement déplacé. On parle aujourd’hui plutôt de sacralité de la nature.

Le courant du naturalisme

Le naturalisme, le vitalisme, l’écologie politique vont parfois de pair avec l’anti vaccinisme. On considère que si le terrain est bon, si nous sommes en bonne santé mentale et physique, si on est choyé et aimé par ses parents, si on est en harmonie avec la nature, on ne tombera pas malade. Cette idéologie est parfois poussée à l’extrême dans certaines écoles. Notamment dans certaines écoles Steiner-Waldorf où une analogie est faite entre l’enseignement et l’enfant. De même que le professeur intervient un minimum dans l’apprentissage de l’enfant, on considère que l’enfant grandit et s’épanouit très bien tout seul et qu’il n’a donc pas besoin d’être vacciné. Si son épanouissement est bon, son immunité sera bonne.

50 pour cent d’enfants inscrits dans une école Steiner près de Colmar en France n’étaient pas vaccinés contre la rougeole.

 

Ce sera l’un des foyers épidémiques en 2015. L’école est fermée. Les autorités sont placées en quarantaine. Parmi les arguments avancés par les parents, la rougeole fait grandir les enfants, un autre parent veut laisser faire la nature. Il ajoute que les maladies infantiles permettent de renforcer les défenses immunitaires naturelles de l’enfant. Comme si l’immunité induite par le vaccin était moindre que l’immunité naturelle.

Comme le soulignent l’immunologiste Françoise Salvadori, l’infectiologue Yves Van Laethem et le pédiatre David Tuerlinckx, l’immunité procurée par le vaccin est parfois supérieure à celle induite par la maladie elle-même. Par contre, l’immunité produite par le vaccin est souvent plus courte. C’est pour cette raison qu’il faut effectuer des rappels.


Les vaccins épisode 1 – Le complot

Les vaccins épisode 2 – La maladie

Les vaccins épisode 3 – Le poison

Les vaccins épisode 4 – La nature

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