Une planche d'Hergé tachée de sang. Vraie ou fausse ?

Il y a quelques jours a été mise en vente une planche de BD d’Hergé. Elle provient de l’album "L’étoile mystérieuse" et est estimée entre 200 et 400.000 euros. Elle attire l’attention parce qu’elle est tachée de quelques gouttes de sang qui serait celui d’Hergé. Retour sur ce phénomène commercial.

Des doutes sur l’authenticité

De plus en plus souvent, la BD est considérée comme un objet d’art. Des galeries vendent des planches d’artistes connus ou moins connus. Cela devient même un objet de placement financier. D’autant que sur le marché de l’art contemporain, la bande dessinée reste très abordable.

Dans ce cas précis, la planche provient de l’album "L’étoile mystérieuse". Il ne s’agirait pas d’une planche originale mais d’une copie de sauvegarde qu’Hergé aurait réalisée lui-même.

En effet, la planche date de 1942. A l’époque, Hergé publie dans le Soir volé. La reproduction "mécanique" de planches n’est pas encore très répandue. Il est donc très probable que ce dessin ait été réalisé par le maître ou son équipe.

Ça devient un mythe

Mais cette vente a vite pris des proportions démesurées. Pour certains, le sang serait celui d’Hergé et donnerait donc une énorme valeur à la planche. Mais aucune analyse n’a été réalisée. On est dans l’ordre du fantasme. De même, on n’a aucune preuve formelle de l’authenticité du dessin.

 

C’est extrêmement risque de mettre de l’argent sur ce genre de chose. Aucun élément authenticité. Pas de certificat. Rien. Ça devient du grand n’importe quoi. Frédéric Lorge (Galériste)

Pour beaucoup d’observateurs, cet emballement est dû au statut d’Hergé dans le monde de la BD. Il est le champion toutes catégories. Une de ses couvertures s’est vendue à plus d’un million de dollars aux Etats-Unis.

Les planches de BD, un objet comme un autre ?

Etre auteur de bande dessinée est un métier difficile. Si on connaît les stars et les auteurs qui se vendent, beaucoup de jeunes auteurs ont des difficultés à vivre de leur art. Leurs revenus ne dépassent pas 15 à 20.000 euros par an.

Certains sont donc tentés de dessiner des albums avec des planches plus graphiques et plus longues. En espérant les vendre un jour, même si le récit ne le nécessita pas.

D’autres choisissent une autre voie et travaillent plus rapidement pour créer plus d’albums.

 

Les planches de BD servent maintenant d’objet de décoration, voire un objet de placement. C’est devenu une partie du modèle économique d’un auteur.

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