Un tiers des Belges n'épargent pas

Un tiers des Belges n'épargent pas
Un tiers des Belges n'épargent pas - © ALINE BRUGMANS - BELGA

C’est la semaine de l’argent. Un tiers des Belges n’épargnent pas. Ça, c’est la moyenne nationale. En Wallonie et à Bruxelles, c’est probablement plus vu que le taux d’épargne est deux fois plus bas qu’en Flandre.

Comment épargnons-nous ? Cette question est au centre d’une étude publiée ce matin par le site d’information Wikifin, le programme d’éducation financière de la FSMA, l'Autorité des services et marchés financiers en collaboration avec L’Echo et la RTBF.

Un constat : un tiers des belges n'ont pas épargné au cours des 12 derniers mois parce qu'ils n'en avaient pas les moyens. Le patron de la FSMA Jean-Paul Servais, lui, insiste plutôt sur le fait que 2 tiers des Belges épargnent avec des motivations très claires : "La raison pour laquelle ils ont épargnés c’est quelque chose qui, fondamentalement, correspond à l’ADN qu’on doit avoir quand on veut faire de l’épargne c’est-à-dire, surtout faire face aux imprévus de la vie. On voit que 75% des belges ont utilisé réellement cela pour faire face à des imprévus. Le concept d’épargne est bien ancré chez nos concitoyens"

L'étude montre aussi que, pour la plupart des Belges, une épargne de précaution devrait idéalement correspondre à environ deux fois le revenu mensuel net du ménage. C’est assez peu en fait. Certains économistes considèrent qu'une épargne de précaution devrait plutôt s’élever à 6 mois de salaire net, d'autres plutôt un an.

 

Au moins deux mois de revenus nets en réserve

Un tiers des Belges interrogés n'ont pas ce ballon d'oxygène financier. Maintenant, on voit aussi un effet démographique, une pyramide des âges de l'épargne. Ceux qui épargnent le moins, ce sont les 35-44 ans, intuitivement assez logique puisque souvent engagés dans un achat immobilier et avec des enfants, et les 65 ans et plus qui eux puisent souvent dans leur épargne, quand ils en ont bien sûr, pour maintenir leur niveau de vie.

Les résultats de l'enquête n'ont pas été affinés sur une base régionale, mais il ne fait pas de doute que la situation est moins bonne en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre. Le taux d'épargne des ménages représente environ 8% du revenu disponible en Wallonie et à Bruxelles alors qu'en Flandre, le taux d'épargne est de l'ordre de 14%. Raison principale selon Frédéric Caruso, économiste à l'Iweps, le revenu des ménages wallons est plus faible : "Le revenu disponible des ménages wallons est de l’ordre de 15% donc inférieur à celui des flamands. Cela signifie que la part des dépenses plus incompressible tel que les loyers, les dépenses liées à la mobilité ou l’alimentaire occuperont un poids plus important dans les dépenses de consommation. L’épargne étant le résidu de revenu qui n’est pas consommer, techniquement lorsqu’on a un revenu plus faible, l’épargne est plus faible."

Le chômage étant plus élevé en Wallonie qu'en Flandre, n'est pas vraiment une surprise. Mais il y a un autre élément qui pèse, les revenus du capital sont également plus faibles en Wallonie or, généralement, les premiers revenus épargnés par les ménages, ce sont précisément les revenus du capital, intérêts ou dividendes.

 

Michel GASSEE

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