Un an après : l'accord de Paris résiste à Trump

Quel bilan, un an après la ratification des Etats-Unis et de la Chine de l'accord de Paris ?
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Quel bilan, un an après la ratification des Etats-Unis et de la Chine de l'accord de Paris ? - © Tous droits réservés

Il y a un an, le 3 septembre 2016, la Chine et les États-Unis ratifiaient l’accord de Paris sur le climat. Le Parlement chinois adopte le texte issu de la COP21, le jour où la Maison Blanche annonce sa ratification par Washington. Les engagements sont scellés lors d’un sommet du G20 à Hangzhou, en Chine. Barack Obama, le président américain et son homologue chinois Xi Jinping s’engagent à respecter l'accord pris à Paris en décembre 2015. Objectif : limiter le réchauffement climatique mondial à deux degrés d’ici 2100.

Les deux plus gros pollueurs de la planète signent, ce jour-là, une avancée majeure. Les États-Unis totalisent près de 18% des émissions de gaz à effet de serre ; la Chine à elle seule, 20%. Les deux pays représentent donc ensemble quasi 40% des émissions de gaz à effet de serre.

Quelques mois plus tard, en novembre 2016, l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, viendra handicaper sérieusement les engagements pris par son prédécesseur. En juin 2017, le nouveau président annonce le retrait des États-Unis de l'accord de Paris. Il tient sa promesse de campagne. Il veut soit renégocier, soit conclure un nouvel accord.

Un accord toujours sur les rails

Edwin Zaccai professeur à l’ULB, dirige le centre d’étude pour le développement durable, selon lui, l’annonce du retrait des États-Unis, n’a pas ébranlé l’engagement des autres pays. "L’accord de Paris a passé le test Trump. Les réactions par rapport à ce retrait ont été très fortes et il y a eu des prises de position importantes de la part des pays les plus émetteurs" affirme-t-il.

L’élection de Donald Trump n’a donc pas brisé la dynamique lancée à Paris en 2015. Au début, limiter le réchauffement à deux degrés, cela paraissait très compliqué. Le retrait des États-Unis a rendu les choses plus compliquées. "C’est un affaiblissement en terme financier, parce que les États Unis sont un contributeur, pour l’aide aux pays en développement et pour aider le travail de la recherche. C’est un affaiblissement, mais l’accord de Paris reste une référence, un tournant et ça continue à l’être".

Ce tournant, pour Edwin Zaccai, c’est d’avoir écrit noir sur blanc que l’on devait sortir des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon). Ce n’est pas pour tout de suite, mais l’objectif a été fixé. "Beaucoup d’acteurs économiques se sont placés dans cette optique" dit-il. "Les renouvelables se sont développés plus rapidement que l’on ne pensait" ajoute-t-il.

Balayer devant sa porte

Le retrait des États-Unis de l’accord de Paris ne doit pas attirer toute l’attention. Le pays est un gros pollueur, mais les autres pays ne doivent pas oublier leurs propres engagements.

Chaque pays doit balayer devant sa porte et la Belgique la première, selon Edwin Zaccai. Le pays s’est engagé pour 2020 et 2030 dans le cadre d’accords européens. " Pour 2030, les accords d’experts montrent que l’on n’y arrivera pas " dénonce-t-il.

Pour conclure, Edwin Zaccai prévient : "l’arbre Trump ne doit pas cacher la forêt des efforts que chacun doit faire". Tous les pays mais aussi toutes les entreprises sont concernés et doivent agir, selon lui.

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