Trucs et astuces pour aller vers le zéro déchet

Découvrez le quotidien d'une famille.be vers le zéro déchet
Découvrez le quotidien d'une famille.be vers le zéro déchet - © Editions Racine

Le zéro déchet, on en parle beaucoup. Certains le testent, d’autres abandonnent. Comment aller jusqu’au bout de cette démarche ? Par où commencer ? Réponses avec Sylvie Droulans, auteure de Zéro Déchet, Guide pratique pour toute la maison, aux Editions Racine. En 2015, la famille Zéro carabistouille se lançait le défi du zéro déchet. Aujourd’hui, cette famille de 4 personnes ne produit plus qu’un bocal de 1,6 l de déchets par an !

Dans son livre, Sylvie Droulans nous donne des trucs et astuces, pièce par pièce, pour limiter nos déchets.

Sylvie Droulans était déjà très active dans sa démarche environnementale, mais elle a eu la 'révélation' de la problématique du déchet en écoutant Béa Johnson, la papesse du zéro déchet. Son chemin pour arriver au quasi zéro déchet (1,6 l de déchets par an pour une famille de 4 personnes) lui a pris 3 ans et demi.

Le déchet occupe en effet une place essentielle dans notre société, non seulement le déchet visible, celui qui est dans notre poubelle, mais aussi le déchet invisible, celui qui nécessite du pétrole, de l’eau, de l’énergie, et qui produit des déchets en parallèle, pour pouvoir produire celui qui atterrira dans notre poubelle.

Le zéro déchet est un concept large, car il touche aussi au type de nourriture, aux valeurs qu’on veut défendre, au type de société qu’on veut soutenir.
 

L’argument temps

Cette démarche du zéro déchet prend du temps et est peut-être plus difficile à appliquer à la campagne, où il y a moins de magasins de vrac. Ce sont là des arguments qu’on entend souvent.

"On parle par rapport à nos peurs et à notre vécu. On veut tout faire tout le temps et on ne choisit plus, en réalité. Pour le zéro déchet, il faut être organisé et analyser ce qu’on a envie de faire et ce qu’on n’a plus envie de faire."

Sylvie Droulans a choisi par exemple de ne plus aller au supermarché. Cela lui prend bien sûr plus de temps de faire ses courses parce qu’elle va à plusieurs endroits, elle s’organise donc en faisant des petits détours lors des trajets vers l’école ou le travail. Si elle n’a pas pu faire le détour, elle se passe du produit, elle a appris à ne pas avoir tout de suite tout ce qu’elle veut.

Les magasins de vrac explosent, mais on trouve du vrac aussi en supermarché désormais, et cela prend juste le temps de prendre avec soi ses boîtes !

L’argument temps peut donc être évalué de diverses manières, il faut au moins se mettre dans la dynamique et avancer. Il y a plein de petits défis très simples à mettre en oeuvre, un à la fois, comme faire un atelier pour apprendre à faire ses propres produits d’entretien, remplacer sa brosse à dents par un modèle en bois avec tête interchangeable, acheter des produits locaux….


L’argument eau

Zéro déchet, c’est bien, mais il faut laver ces récipients, laver davantage de tissus essuie-tout… et cela implique un gaspillage d’eau, diront certains.

Il faut garder à l’esprit que chaque objet produit aura de nombreux usages avant d’être jeté, et qu’il faut aussi beaucoup d’eau pour produire les emballages uniques qui seront tout de suite jetés. En réalité, tout le monde paie ce gaspillage d’eau.

Sylvie Droulans ne consomme aujourd’hui pas plus d’eau qu’elle n’en consommait avant, et c’est elle qui paie l’eau qu’elle utilise.


L’argument prix

Sylvie Droulans l’admet : il peut effectivement y avoir une grande différence de prix entre les produits vendus en magasins de vrac et les produits de supermarchés. C’est compliqué à comparer objectivement car il y a rarement une marque dans le vrac.

Mais il est indéniable que ces produits en vrac sont souvent de meilleure qualité que dans les grandes surfaces.

On va par ailleurs éviter les tentations des supermarchés, les produits dont on n’a pas besoin, le gaspillage alimentaire qui peut parfois atteindre des montants élevés. Cet argent peut être investi dans les denrées de meilleure qualité qu’on trouve dans les magasins de vrac.
 

Zéro déchet dans la cuisine

La première démarche à faire est de prendre le temps d’ouvrir les armoires, d’analyser ce que nous avons, tous les produits que nous avons accumulés : ustensiles, denrées alimentaires parfois périmées. Cela met en évidence les achats compulsifs, inutiles, les tentations qu’on trouve dans les supermarchés et qu’on n’a pas consommées, tout ce qu’on va pouvoir jeter.

"En évacuant ça, on va commencer à avoir de l’air dans son armoire et on va d’autant mieux identifier ce qui est nécessaire pour notre quotidien, en se disant : est-ce que je peux m’en passer ? Ou par quoi puis-je le remplacer ? Qu’est-ce que je trouve aujourd’hui en vrac ? Est-ce que ça me convient ? Et cela fonctionne tout aussi bien."

Pour Sylvie Droulans, deux choses en particulier ont été compliquées à remplacer :

  • le chips, cet élément festif qu’on consomme entre amis. Comment le remplacer, en dehors des carottes et choux-fleurs ? Elle a peu à peu avantageusement trouvé l’alternative des diverses noix salées et crackers salés qu’on trouve de plus en plus dans les magasins de vrac.
  • les outils pratiques tels que les essuie-tout. Elle a appris à vivre sans, en utilisant les alternatives que sont les essuies, les éponges, qu’on lave ensuite en machine.


Zéro déchet dans la salle de bains

Dans la salle de bain, on peut utiliser le gros bloc de savon de Marseille, qui dure plus longtemps, ou du gel douche qu’on trouve maintenant aussi en vrac. Et s’ils moussent moins bien, il faut savoir qu’on n’a pas besoin de mousse, car ce n’est pas la mousse qui lave, c’est le savon.

Pour toutes les alternatives proposées, il faut souvent se donner le temps de tester, par exemple pendant un mois. Et si on ne s’y est pas habitué, on ne doit pas hésiter à revenir en arrière ou à tester autre chose. L’être humain au final a une grande capacité d’adaptation et les a priori sont souvent vite balayés.


Zéro déchet dans le bureau

La gestion des emails a un impact énorme sur la planète. Les mails qu’on garde sur un serveur externe ont un prix en termes d’énergie.

Il faut donc là aussi nettoyer régulièrement sa boîte et analyser ce qui est à garder et à évacuer. Soit on classe l’email, soit on le sauve sur un disque dur externe, soit on le jette.

Il faut aussi se détoxifier des outils numériques et désactiver toutes ses notifications, aller juste voir ses messages le matin et/ou le soir, réapprendre à se parler en direct ou au téléphone.

 

Recyclage = zéro déchet ?

Le recyclage fait partie de la démarche zéro déchet mais il est à limiter au maximum. On va d’abord agir sur la prévention et le recyclage n’est pas de la prévention. Le but est d’essayer de faire sans emballage, même s’il est en verre.

Si on sait que le bocal en verre servira à plusieurs usages, il devient un outil dans notre quotidien et ce n’est donc pas un problème. Mais il vaut mieux éviter qu’il finisse à la bulle en verre, car ce recyclage demande beaucoup d’énergie.

Le zéro déchet ne se limite pas aux maisons avec jardins et au milieu rural. En ville et en appartement aussi, il est possible de tendre vers le zéro déchet, de partager des potagers ou des composts collectifs, d’utiliser des sacs-poubelles organiques pour envoyer ses déchets vers la bio-méthanisation. Il est aussi possible de réévaluer ce dont on a besoin dans un plus petit espace. Chacun agira en fonction de ses possibilités et de ses aspirations.

Moi j’y crois, qu’une petite part de la population va aller vers la démarche du zéro déchet et que cela va faire changer les choses.

 

Sylvie Droulans sait mieux aujourd’hui ce qui est essentiel pour elle, ce qui donne sens à sa vie, mais elle ne se veut pas donneuse de leçons. Écoutez-la dans Tendances Première et découvrez sur son blog Zerocarabistouille.be des recettes, des tutos et mille infos utiles.

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