Troty: "Il faut réguler le marché des trottinettes électriques, c'est l'anarchie complète"

Troty: "Il faut réguler le marché des trottinettes électriques, c'est l'anarchie complète"
Troty: "Il faut réguler le marché des trottinettes électriques, c'est l'anarchie complète" - © Tous droits réservés

Lime, Flash, Tier, Dott,...la liste des trottinettes électriques en libre-service (dites "free floating") présentes à Bruxelles ne cesse de s'allonger. Mais un nom a disparu de la carte fin 2018: "Troty". Cet acteur 100% belge a en fait opéré un changement stratégique en décembre dernier, et non des moindres. L'entreprise n'est en fait plus à proprement parler une société de trottinettes, mais plutôt une entreprise logicielle.

Virage stratégique

"Nous n'avons pas vraiment disparu, nous avons été en phase d'hibernation", précise Frédéric Goethals, co-fondateur de Troty, "et dans les jours qui viennent, les Troty vont revenir à Bruxelles. Mais n'étant pas expert en logistique, ce sont désormais des spécialistes qui s'occupent du dépôt, du ramassage le soir, du rechargement et de l'entretien des trottinettes. Nous nous occupons de l'application et de leur fournir des trottinettes équipées en GPS et capteurs. Et nous facturons à nos partenaires un pourcentage sur les courses effectuées".

Nous nous occupons de l'application et de fournir des trottinettes équipées en GPS et capteurs. Mais plus de la logistique

 L'un de ces partenaires "logistiques", la société de taxis V-tax a permis aux "Trotys" de partir à l'assaut de la Flandre: Hasselt, Knokke, Roeselaere, Anvers, Courtrai,...la liste est longue. C'est cette même société qui a jusqu'au mois de juin pour réinvestir la ville de Bruxelles, dans un marché - on l'aura compris - déjà foisonnant.

C'est l'anarchie complète, et une véritable pollution urbaine

Comment expliquer les images de trottinettes au fonds d'étangs ou amassées sur des trottoirs? Frédéric Goethals, co-fondateur de Troty, ne mâche pas ses mots: "A partir du moment où une entreprise vient déposer plusieurs centaines de trottinettes en rue sans se préoccuper du reste - sans service logistique expert pour les ramasser, une partie du parc n'est pas ramassée. Et je trouve tout à fait anormal qu'un piéton doive contourner un trottoir à cause d'un amas de trottinettes. Pour l'instant, c'est l'anarchie complète, et une véritable pollution urbaine. Et ce qui va pourrir le business, c'est quand les utilisateurs ne voudront plus les utiliser à cause de cette anarchie qui règne. C'est le risque principal pour les affaires, que les utilisateurs se disent qu'ils sont comme dans une jungle, sans règle pour stationner les engins".

Des trottinettes rentabilisées en une semaine

C'est pour ça que depuis le départ, Troty a fait le choix du cadenas. "C'est un frein à l'utilisation, une étape en plus, mais en même temps, nous sommes persuadés qu'il faut éduquer les utilisateurs si on veut ne pas retrouver des trottinettes n'importe où".

Pour le côté environnemental, il va falloir arrêter de mentir aux gens - parce que les grosses boîtes négligent complètement cet aspect

Mais la réalité financière n'encourage manifestement pas les entreprises en ce sens. "D'expérience, c'est un business rentable. A partir du moment où la concurrence - principalement américaine - repose sur des milliards de dollars, peu leur importe de perdre 100 trottinettes, leurs machines sont quand même amorties en une semaine ou deux. Mais pour le côté environnemental, il va falloir arrêter de mentir aux gens - parce que les grosses boîtes négligent complètement le côté environnemental." 

Retour à Liège...via Europcar

Une nouvelle ordonnance vient d'entrer en vigueur à Bruxelles. Mais pour Frédéric Goethals, il faut plus de régulation, avec entre autres, "une sensibilisation des utilisateurs avec des règles de bonne conduite pour ne pas laisser les trottinettes n'importe où". Désormais, la logistique n'est donc plus de leur ressort, Troty, dont les trottinettes devraient réapparaître dans les rues de Liège dès la semaine prochaine - opérées par Europcar.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK