Les Trophées des Belges du Bout du Monde 2019. Les nommés sont…

Les Trophées des Belges du Bout du Monde 2019 - Découvrez bientôt les nommés !
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Les Trophées des Belges du Bout du Monde 2019 - Découvrez bientôt les nommés ! - © Tous droits réservés

Les Trophées des Belges du Bout du Monde sont de retour pour une quatrième édition et récompensent 3 catégories : la culture et l’art de vivre, les innovations technologiques et économiques, ainsi que la solidarité. Dans chacune de ces catégories, un jury de spécialistes et journalistes a choisi trois nominés par catégorie. Votez pour vos projets préférés dès maintenant et ce jusqu’au 7 novembre 2019.

Catégorie "Culture et Art de Vivre"

La catégorie "Culture et Art de Vivre" récompense un artiste, une œuvre, une initiative favorisant les échanges entre la Belgique et l’étranger ou mettant en valeur la mode, l’architecture ou la gastronomie belge à l’étranger, tout en privilégiant les échanges avec les populations locales.

" BELGO – The Belgian Craft Beer Brewery " & Gauthier Lagasse (Vietnam)

Offrir une expérience belgo-belge au travers de leurs bières et autres spécialités culinaires à Saigon et être très fier d’être belge.

En 2011, Gauthier et son épouse, installés à Bruxelles, décident de tout quitter pour aller travailler et vivre à l’étranger, là où ça bouge, en Asie ! En 2013, ils débarquent donc à Saigon (officiellement Ho Chi Minh Ville) au Vietnam, où Gauthier trouve un poste dans une entreprise franco-vietnamienne d’import et de distribution de marques.

Un soir, Gauthier parle à ses collègues de son affection pour la bière et une idée le frappe : faire de la bière belge à Saigon ! Il n’y connaît concrètement rien mais ses tripes lui disent de creuser. Il commence donc à s’intéresser au sujet, visite une brasserie en Belgique et en parle à François, un ami belge, lui aussi basé à Saigon, qui deviendra le co-fondateur du projet. L’idée paraît simple : faire de la bière belge au Vietnam, dans le respect de nos traditions et ouvrir un restaurant belge dans le centre de la ville qui serait la vitrine de notre savoir-faire.

En Janvier 2016, les choses se mettent en place. Gauthier et François achètent une vieille brasserie en Belgique, qu’ils démontent et transportent ensuite jusqu’à Saigon, pour la remonter à l’identique avec l’aide de techniciens belges. Malheureusement, les difficultés s’enchaînent tant au niveau technique que légal et administratif. Ils ouvriront néanmoins le Belgo, leur restaurant, au mois de novembre : 200 places assises dans un bâtiment entièrement retapé à l’ambiance d’une vraie brasserie belge ! Le restaurant est ouvert mais la brasserie (fabrication de la bière) n’est toujours pas opérationnelle jusqu’à ce qu’ils croisent la route de Gert, maître brasseur belge vivant déjà au Vietnam, et d’Adam, chef cuisinier belge fraîchement arrivé ! Tandis qu’Adam créé un menu aux vrais accents belges, Gert finalise la mise en activité de la brasserie et c’est au mois de mai 2017 qu’ils savourent enfin leur première bière belge Belgo, made in Vietnam !

Aujourd’hui, ils s’apprêtent à ouvrir un second pub et la brasserie tourne à plein régime (leur bière est présente dans plus de 150 lieux). Au niveau national, ils travaillent avec une chaîne de supermarchés et commencent à exporter en Thaïlande et au Cambodge. Ils comptent actuellement 72 employés et devraient passer la barre de la centaine d’ici la fin de l’année.

D’un point de vue social, ils engagent une grande partie de leur personnel via une ONG qui s’occupe de sortir les jeunes de la pauvreté grâce à l’obtention d’un emploi stable (LP4Y). Ils ont aussi mis au point le " Belgo Impact Program " dont l’objectif est d’offrir des " outils " nouveaux et variés aux membres du personnel (formations professionnelles régulières, cours d’anglais, coaching, cours de gestion des finances personnelles, ...). Ce programme comporte également un volet environnemental appelé " Grow Green ", qui a pour but de sensibiliser leurs équipes aux problèmes écologiques (www.growgreenvietnam.com).

 

" Les macarons colorés naturellement et personnalisables, au véritable chocolat belge " & Sophie Bourlard (Québec)

 

Une reconversion professionnelle peu banale.

Passionnée par la pâtisserie depuis son enfance, Sophie Bourlard, pâtissière autodidacte à la tête de l’entreprise " Les Macarons de Sophie ", est originaire de Charleroi. Après être arrivée au Québec avec sa famille en 2010, elle décide d’effectuer une reconversion professionnelle peu banale. Effectivement, c’est après une carrière dans l’administration qu’elle réalise enfin son rêve : créer son entreprise et fabriquer de macarons tels qu’on les connaît en Europe.

Depuis 2016, date de création de son entreprise, Sophie a développé dans sa cuisine, un macaron coloré naturellement et personnalisable. C’est avec fierté qu’elle sélectionne du véritable chocolat belge pour la confection de ceux-ci et qu’elle propose à sa clientèle une palette de saveurs réconfortantes. Sophie crée des macarons aux saveurs variées : des grands classiques (à la vanille, au café ou au chocolat noir intense), ainsi que des créations plus originales qui fleurent bon la Belgique (aux spéculoos, à la violette, aux cuberdons, aux chokotoff) et le Québec (à l’érable).

La passion de Sophie a porté ses fruits. Ses macarons rencontrent du succès auprès des consommateurs lors de sa participation à divers marchés locaux et dans différents points de vente. Des particuliers lui passent des commandes personnalisées et plusieurs entreprises lui font confiance pour la confection de macarons sur lesquels figure leur logo, notamment la délégation Wallonie-Bruxelles à Québec.

 

" Icônes Guesthouse, une maison d’hôtes en brousse " & Virginie Pierre (Guinée)

Donner envie aux jeunes d’investir leurs talents en Guinée.

Située en Guinée Conakry à 1200 mètres d’altitude au cœur du Fouta Djallon, " Icônes Guesthouse " est avant tout une maison dédiée à la valorisation des savoir-faire et une résidence d’artistes-entrepreneurs. Ce projet est né en 2016, à la suite d’une mission dédiée à l’entreprenariat féminin en zone rurale.

En décembre 2017, Icônes Guesthouse reçoit le premier artisan en résidence : il s’agit du boulanger Benoit Segonds, qui, au cours de son séjour, a initié et formé un groupe de jeunes à la fabrication du levain naturel et du pain traditionnel. Depuis, la guesthouse a reçu des musiciens finnois et américains ainsi que la créatrice Zaynab Sumu basée au Maroc et aux USA. La prochaine résidente, en novembre 2019, sera Julie Lombé, auteure et conférencière Belgo-Congolaise.

En parallèle, on y trouve une pépinière de plantes médicinales, un jardin extraordinaire où cohabitent caféiers, papayers, agrumes, oiseaux de paradis, canneliers ainsi qu’une grande basse-cour. Ils possèdent aussi quelques ruches et espèrent développer une meilleure connaissance des abeilles et sensibiliser leurs voisins à la protection de l’environnement. De plus, ils collaborent étroitement avec des artisans locaux et soutiennent notamment le travail des femmes.

À l’issue de ces quelques années sur place, ils ont créé la ligne " icônes guesthouse collection " qui propose foulards, petits mobiliers, savons, confitures et mélanges d’épices. Ils tentent aussi de développer le tourisme respectueux. Leurs objectifs : contribuer à l’échange et la valorisation des savoir-faire et savoir-être en stimulant l’économie locale. Et qui sait, donner envie aux jeunes d’investir leurs talents en Guinée plutôt que tenter l’aventure et mourir en mer.

 

Catégorie "Innovations technologique et économique "

Le prix "Innovations" récompense une société belge ayant investi à l’étranger pour y créer de l’emploi et/ou de la valeur ajoutée ayant des retombées positives dans le pays où elle est implantée ou un individu ou une start-up ayant développé un projet technologique novateur visant à l’amélioration du bien-être de l’humanité.

" Solarly " & Jean-Grégoire Orban de Xivry (Afrique Subsaharienne)

 

Un accès facile à l’électricité, des opportunités de revenus et une indépendance énergétique.

Cette entreprise belge débute il y a 3 ans, quand l’équipe de Solarly intègre un programme dans l’accélérateur de start-up “Nest-Up”. Concrètement, aujourd’hui, elle développe et installe des stations solaires (Solarly Box), connectées et modulables, destinées aux populations n’ayant pas accès à l’électricité ou souffrant de délestage en Afrique Subsaharienne.

Leurs solutions offrent un accès facile à l’électricité, des opportunités de revenus et une indépendance énergétique à ses utilisateurs (ménages, associations, lieux publics,… majoritairement situés en zones rurales).

La Solarly Box est également adaptée pour alimenter en électricité des lieux publics comme une école (éclairage, création d’une classe multimédia,...) ou un centre de santé (éclairage, alimentation d’un petit frigo pour la conservation des vaccins et des poches de sang). Elle permet donc de remplacer de façon beaucoup plus abordable, verte et presque sans maintenance, d’autres solutions dépassées (lampes à pétroles, générateurs, bougies…).

Solarly forme également leurs installateurs afin que ceux-ci puissent offrir un SAV et ainsi, à leur tour, former les propriétaires des équipements à optimiser l’utilisation de leurs installations. Ces installateurs sont des habitants locaux qui connaissent très bien les routes, les dialectes et les us et coutumes des populations dans la région dans laquelle ils opèrent.

 

" Ondanova surfboards " & Antoine Thys (Portugal)

Sensibiliser les surfeurs aux problèmes liés à la pollution marine.

Depuis 3 ans, Antoine est installé au Portugal, à Lisbonne, où il fabrique des planches de surf en bois. En se basant sur des techniques de construction navale, il a mis au point un procédé qui permet de construire des planches creuses et donc très légères. Elles remplacent parfaitement les planches en mousse et polyuréthane, et viennent ainsi à bout d’une des plus grandes problématiques pour les surfeurs : choisir entre l’amour de l’océan et de la nature et l’achat de produits très polluants et difficiles à recycler.

En plus de fabriquer les planches, Antoine organise également des ateliers durant lesquels les participants apprennent cette technique de construction et fabriquent leur propre planche 100% personnalisée. Au bout de 3 jours de travail intense, ils rentrent chez eux avec leur nouvelle planche de surf écologique.

Antoine travaille en alliant des techniques modernes de design sur ordinateur avec des techniques relevant de la menuiserie traditionnelle. Il essaye de sensibiliser les surfeurs aux problèmes liés à la pollution marine et de casser les préjugés qui persistent autour des matières nobles comme le bois en comparaison aux matières plus modernes et souvent beaucoup plus polluantes.

Son public est international : il organise ses workshops au Portugal, en France, bientôt en Suisse et en Belgique bien sûr !

 

" Observatoire astrophysique de Javalambre " & Bernard Lentzen (Espagne)

Etudier et découvrir ce que nous ne connaissons pas de l’espace qui nous entoure.

Ce centre astrophysique a été créé en 2008 dans le but d’observer la matière obscure, d’étudier et de découvrir ce que nous ne connaissons pas de l’espace qui nous entoure. L’Observatoire se trouve dans la province de Teruel, en Espagne, sur une montagne à 2000 mètres d’altitude, idéal pour l’observation de notre ciel.
Sa construction a exigé la mise en place d’un projet architectural très particulier. Effectivement, de nombreux aspects complexes étaient à prendre en compte comme l’intégration du centre dans le paysage montagnard ainsi que la création de logements et d’un bâtiment permettant d’entreposer le télescope doté d’une technologie incroyable
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Il s’agit d’un des centres de recherches les plus importants situé sur l’hémisphère nord et les scientifiques viennent aujourd’hui du monde entier pour y étudier.

Centre à l’accent fortement belge puisque, outre son architecture, le télescope a été fabriqué par la société Amos situé à Liège (www.amos.be).

 

Catégorie "Solidarité"

Le prix " Solidarité " vise à récompenser un projet concret qui participe à la construction d’un monde meilleur et d’une société plus juste.

" Fotbal pro Rozvoj " & Ansley Hofmann (République Tchèque)

Le football pour le développement

Ansley dirige, depuis 2016, le projet " Fotbal pro Rozvoj " (le football pour le développement) qui a pour but d’apporter une éducation alternative à de jeunes tchèques venant de milieux défavorisés ou étant exposés à un plus grand risque d’isolement social, et ce, à travers le football avec une pratique adaptée et pédagogique de ce sport. Grâce à des entraînements spécifiques et la pratique dite du " Football3" (match se jouant en 3 parties : l’établissement de règles communes, le match et la réflexion d’après match), ils développent auprès des jeunes les compétences sociales nécessaires pour leur épanouissement personnel et professionnel. La communication, la prise de décision, le leadership, la confiance en soi ou encore la résolution de conflits, sont toutes des compétences qu’ils essayent de développer à travers une pratique adaptée de ce sport. D’autres thèmes, tels que l’équité des sexes, la discrimination et la prévention contre la consommation de drogues ou d’alcool sont aussi travaillés à travers leur méthodologie.

Ils sont actuellement actifs dans 5 régions de la République Tchèque (Prague, Pilsen, Olomouc, Ostrava et Usti) et collaborent avec plus de 30 centres sociaux.

Ils font également partie du réseau " streetfootballword " réunissant plus de 120 organisations à travers le monde et travaillant dans le domaine du développement et de l’éducation à travers le football. Ce réseau leur permet de tisser des liens partout dans le monde ainsi que d’organiser des échanges culturels et sportifs entre jeunes de différents pays.

 

" La réserve communautaire des Monts Bleus " & Anne Laudisoit, biologiste / Caroline Thirion, reporter (RD Congo)

Maintenir la biodiversité et éviter la disparition à terme des populations locales des Monts Bleus.

Anne et Caroline se sont rencontrées en 2014 à Kisangani, en République Démocratique du Congo. Elles partagent un amour et une passion commune pour cet immense pays, ses peuples, ses cultures et sa nature. Passion, jusque là développée, au travers de leurs domaines et intérêts respectifs : la science pour Anne, les reportages pour Caroline. En 2017, Anne invite Caroline à filmer une de ses expéditions dans une région méconnue de la République Démocratique du Congo : les Monts Bleus, dans la province reculée de l’Ituri, dans le " grand nord " congolais, au bord du Lac Albert. Cette expédition filmée en 2017 avait pour but d’inventorier la grande biodiversité (totalement méconnue de par l’enclavement de cette région) qui subsiste au sein de tout petits morceaux de forêt disséminés à flancs de montagne. Ces petits lambeaux forestiers d’altitude sont les rares vestiges de la grande forêt primaire qui recouvrait à l’origine ces montagnes, avant qu’elle ne soit grignotée par l’activité humaine. En 2017, cette incroyable aventure commune a notamment donné lieu à une rencontre (et un film) avec une population jusque là inconnue de chimpanzés sauvages : " Mbudha, la source des chimpanzés " (https://vimeo.com/294774322).

Au-delà du film, un projet est né pour s’impliquer plus activement et tenter de proposer des solutions concrètes, profitables aux hommes et à la nature. L’enclavement et la stigmatisation de cette région comme zone guerre continue de peser sur le développement de celle-ci (l’État et les ONG étant absents). La population y survit en quasi autonomie et de ce fait, une pression importante est exercée sur les ressources naturelles (bois, viande de brousse…).

Ce projet vise donc tout d’abord à préserver ces petites forêts reliques et toutes les richesses qu’elles contiennent en faune et flore en tentant de les faire classer comme " réserves à gestion communautaire ". Et ce, à la demande, et avec le concours, des représentants locaux (chefs coutumiers), des guides et porteurs, devenus de véritables amis et ambassadeurs du projet ainsi que des instituts de formation sur place.

Celui-ci comprend en outre tout un volet d’éducation à l’environnement, qu’elles souhaitent développer avec le concours des chercheurs congolais de l’Université de Kisangani, notamment via le " Jardin de Mbudha " : une pépinière gérée par les enfants des écoles des Monts Bleus à partir de graines récoltées dans les excréments de chimpanzés – qui sont d’excellents " incubateurs " et disperseurs de graines et qui jouent un rôle important dans la régénération des forêts. C’est une manière didactique de sensibiliser les enfants à la présence des chimpanzés et leur donner envie de les protéger tout en les impliquant dans un programme de replantation et reforestation, afin qu’ils comprennent l’importance de celle-ci pour leur survie (bois, sources d’eau, ressources alimentaires, prévention de l’érosion des sols, des sécheresses,…).  

Un programme de développement de l’agroforesterie permettra aussi d’améliorer les rendements agricoles et de favoriser la plantation d’arbres à croissance rapide. En plus de la composante de recherche scientifique et de cette composante éducative, une composante de science citoyenne visera également à enregistrer un maximum d’observations de chimpanzés et primates circulant dans les villages, à l’initiative des communautés qui seront formées à cette fin.

À terme, l’implantation d’une petite station de recherche sur place permettra aussi la présence d’autres chercheurs et expéditions afin de faire découvrir cette incroyable région, et générer des revenus pour les populations locales. Des formations sont déjà organisées afin de professionnaliser encore davantage des éco-gardes, guides, traducteurs, logisticiens, porteurs, cuisiniers…

La prévention de la perte future de forêts, la restauration de corridors écologiques entre les fragments forestiers et la conservation du site avec les communautés locales sont essentielles pour maintenir la biodiversité et éviter la disparition à terme des populations locales.

L’exposition " Voices of the Wind " & Marie-Pierre Lissoir (Laos)

Préserver et célébrer les instruments traditionnels des minorités du Laos.

Marie-Pierre occupe depuis 4 ans le poste de chercheuse et curatrice d’exposition à TAEC (Traditional Arts and Ethnology Centre), un petit musée d’ethnologie indépendant situé à Luang Prabang et dont le but est de mettre en lumière, célébrer et sauvegarder les cultures et traditions des minorités ethniques du Laos (le pays compte 49 groupes minoritaires). Le but du musée est donc de valoriser les savoirs de ces populations et les partager avec les visiteurs étrangers ainsi que les habitants locaux. C’est dans ce contexte qu’elle organise, en septembre 2018, l’exposition " Voices of the Wind " consacrée aux instruments à vent traditionnels du Laos. Deux ans de travail ont été nécessaires pour monter cette exposition unique. L’ensemble des données récoltées et utilisées pour l’exposition (photos, vidéos, enregistrements, interviews) ont été collectées par l’équipe de recherche de TAEC (principalement son collègue et elle-même) au cours d’une série de recherches de terrain menées dans près d’une vingtaine de villages, habités par les membres de huit groupes ethniques. Ils ont collaboré, de manière informelle, avec le MIM de Bruxelles, par un échange de données (collecte d’instruments du Laos pour le MIM contre don de photos d’instruments à TAEC).

Une fois l’exposition en place, ils sont retournés dans les principaux villages enquêtés, pour une phase de " rapatriement des données ". Le projet ayant pour but non seulement de sauvegarder des pratiques musicales, mais aussi de valoriser ses acteurs. Les habitants des villages ne pouvant pas, pour la majorité, se rendre à TAEC, il a été décidé de pousser les murs du musée en organisant une exposition itinérante avec panneaux et instruments à essayer, une projection des vidéos tournées lors des enquêtes de terrain, et un concert donné par les musiciens locaux. Ils ont pu, par cette phase, partager les savoirs collectés mais aussi et surtout reconnecter les musiciens (souvent âgés) et la jeune génération. Des DVDs, livrets et cartes SD avec les données récoltées ont également été distribuées dans les villages afin de donner aux musiciens de nouveaux outils de transmission des savoirs musicaux. Au cours de ce projet, Marie-Pierre a pu voir des enfants s’intéresser pour la première fois aux instruments traditionnels. Beaucoup d’anciens, voyant l’intérêt des plus jeunes, ont repris espoir et souhaitent de nouveau transmettre leurs savoirs liés à la musique, même si les mécanismes traditionnels d’apprentissage sont aujourd’hui bien différents.

 

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