Tour de France 2019, quel impact financier pour Bruxelles?

Le quartier general du grand départ 2019 dans le centre de Bruxelles
Le quartier general du grand départ 2019 dans le centre de Bruxelles - © JEROME FETU - BELGA

Cette année, le Tour de France partira de Bruxelles. Le grand départ aura lieu le 6 juillet. De nombreuses festivités seront organisées autour de cet événement sportif, qui aura également d'importantes retombées économiques. Focus sur le 'city marketing' et l’impact financier…

Le Tour de France est la plus grande compétition cycliste au monde, mais c’est aussi une machine de guerre commerciale qui rapporte beaucoup d’argent à la société française ASO qui gère l’événement. Le Tour de France est diffusé dans 190 pays et il est le troisième événement mondial en termes d’attention médiatique, juste après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football. L’épreuve est suivie en moyenne par 3 milliards et demi de téléspectateurs en audience cumulée tout autour de la planète.

Le Tour de France est donc une carte de visite précieuse, tant pour les marques qui s’affichent sur la Grande Boucle que pour les villes et les régions qui servent de décor à la compétition.


Quelle somme la Ville de Bruxelles a-t-elle dû débourser ? 

Pour accueillir le Grand Départ et les deux premières étapes du Tour de France, le droit d’entrée est fixé à 5 millions d’euros. C’est ce que paie la Ville de Bruxelles à l’organisateur ASO. En revanche, pour les autres étapes du Tour, les villes et les communes déboursent en moyenne entre 50.000 et 100.000 euros pour associer leur nom au Tour de France l’espace d’un départ et/ou d’une arrivée.

À côté de ce droit d’entrée, les autorités bruxelloises devront aussi assurer d’autres frais liés à la mise en place du Tour. A Bruxelles, l'ASBL Brussels Major Events gère les grands événements de la capitale comme, par exemple, Plaisirs d’Hiver ou Bruxelles les Bains. Cette ASBL compte une trentaine d’employés et pour accueillir le Grand Départ du Tour en 2019, Brussels Major Events a dû engager 10 personnes pour une durée d’un an, spécialement dédiées à cet événement.

A côté de cela, des actions promotionnelles sont également prévues dans le budget et même si la Ville recherche aujourd’hui 3.000 bénévoles pour l’information des visiteurs et la sécurisation du parcours, ces personnes devront être également défrayées. Toute cette structure additionnelle et ces autres frais représentent une enveloppe supplémentaire de 3 millions d’euros et on en arrive donc à un budget total de 8 millions d’euros.


Quel retour sur investissement Bruxelles peut-elle espérer ? 

Il y a deux aspects. Le premier est difficilement quantifiable puisqu’il concerne purement l’image. Le Tour de France est diffusé dans 190 pays et Bruxelles va donc s’offrir cette année une belle campagne de pub internationale. Contrairement à une Coupe de Monde de Football où tout se passe dans les stades, le Tour de France se déroule au cœur même de la ville et dans ses environs. C’est donc une formidable vitrine qui s’offre à Bruxelles pour mieux se faire connaître et pour donner l’envie aux téléspectateurs du monde entier de venir découvrir la capitale de la Belgique.

Le deuxième point concerne les retombées strictement économiques. Bruxelles s’attend à accueillir, avec le Tour de France, 1 million de visiteurs supplémentaires les 6 et 7 juillet. C’est donc tout bénéfice pour le secteur horeca (hôtels, restaurants, cafés). Il faut savoir aussi que le Tour est un véritable village itinérant : il compte environ 4.500 personnes dans ses rangs – les organisateurs, les équipes cyclistes, la caravane publicitaire, etc. – dont 2.000 journalistes venus du monde entier. Et donc, rien que pour ces participants, ce sont près de 20.000 nuitées qui ont déjà été réservées à Bruxelles.


Comment chiffrer les retombées économiques du passage du Tour à Bruxelles ?

Différentes études ont déjà été menées au sujet des retombées économiques pour les villes qui accueillent le Grand Départ du Tour de France. En général, l’effet multiplicateur est au minimum de 7 à 8, c’est-à-dire qu’un investissement de 8 millions va générer au minimum de 56 à 64 millions d’euros de recettes dans l’horeca.

Par exemple, une étude d’impact faite par le cabinet Deloitte a montré que Düsseldorf, qui était la ville du Grand Départ 2017, a bénéficié de 64 millions d’euros de retombées dans son tissu économique. Le comté britannique du Yorkshire, en 2014, aurait quant à lui bénéficié de plus de 130 millions de retombées économiques dans toute la région. Le retour sur investissement s’annonce donc prometteur pour Bruxelles et ses environs.


Tour Ensemble, une vaste campagne dédiée à la mobilité douce

La Région de Bruxelles-Capitale profite de la symbolique du 'Jour J-100 avant le Grand Départ' pour lancer une grande campagne de communication baptisée 'Tour Ensemble'.  L’idée est de profiter de toute la dynamique du Tour de France pour augmenter à terme le nombre de cyclistes à Bruxelles. La Région de Bruxelles-Capitale a donc mis sur pied 'la 23e équipe du Tour de France' (il y en a 22 dans l’épreuve sportive), équipe qui devra grossir jusqu’au Grand Départ.

L’objectif, c’est d’inviter un maximum de Bruxellois, qu’ils soient navetteurs, cyclistes occasionnels ou sportifs chevronnés, à s’inscrire sur le site tourensemble.brussels pour composer la plus grande équipe de deux-roues de la capitale.

On pourrait rapprocher cette action de l’initiative 'Tournée Minérale' qui vise à fédérer les citoyens autour du projet de ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de février. Ici, la campagne 'Tour Ensemble' veut aussi créer une vraie communauté de gens motivés pour soutenir, avec le vélo, le projet d’une vraie mobilité douce à Bruxelles. Et c’est plutôt sympathique.

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