"Toi, mon toit" d'Elli Medeiros, une chanson polissonne qui rend hommage au 69…

.
. - © Tous droits réservés

" Toi, mon toit " est un tube d’Elli Medeiros qui date de 1986. Un morceau qui est influencé par ce qu’on appelle, à l’époque, la sono mondiale et un peu plus particulièrement par l’afro beat… Une chanson à laquelle personne n’a jamais rien compris tellement les paroles semblent avoir été dictées par le n’importe quoi. On pourrait s’en contenter et n’y plus faire attention. On peut aussi considérer que le texte est truffé de messages subliminaux qui, mis bout à bout, finissent par former une image. Un peu comme dans ce jeu où il s’agit de relier des traits – d’un chiffre à un autre – et où on finit par voir apparaître une forme… Hé bien, " Toi, mon toit " agit de la même manière…

 

" Toi, toi – mon toit. Toi, toi, mon tout. Mon roi. " On est dans la dévotion immobilière – le toit d’une maison. On est dans l’amour à la " bon père de famille " - le toit étant la chose la plus rassurante. Comparer un homme à un toit, c’est lui dire combien il est protecteur.

Un peu plus loin : " Prends un petit poisson. Glisse-le entre mes jambes. Il n’y a pas de raison. Pour se tirer la langue. " C’est ici que la boussole s’affole. C’est ici qu’on perd le bon père de famille…

 

Soyons attentif au mot " langue " : " Il n’y a pas de raison pour se tirer la langue ".

Littéralement, ça veut dire : " Il n’y a pas de raison de se bouder ". Et par extension, ça veut dire : " il n’y pas de raison de bouder son plaisir "… Donc, ça veut dire l’inverse, ça signifie tirons quand même cette langue, utilisons-la… Et quand la jeune femme de l’histoire commande : " prends un petit poisson, glisse-le entre mes jambes "… Hé bien, ce petit poisson – frétillant, ondulant – ça peut être la langue… Une fois décrypté, le message donnerait : " prends ta langue et glisse-la entre mes jambes "…

On serait dans un hommage, très déguisé et à peine reconnaissable, au cunnilingus… De toute façon, il ne faut pas être obsédé textuel pour se douter que " glisser un poisson entre les jambes " d’une femme peut assez vite s’apparenter à une pratique sexuelle… On appelerait ça la " pissiphilie " ? - sachant que les jeux avec la langue, c'est la " linguaphilie "...

 

On est en plein exercice sexuel dans " Toi, mon toit ".

" Toi, mon toit ", c'est la position des corps quand on entre dans la chanson. Un expert qui débarque dans la chanson et qui voit les corps, il voit quoi ? Sur base du témoignage de la narratrice : " Ne me regarde pas tout de travers ", cela supposerait que, pour la regarder, son partenaire devrait se retourner ou opérer une rotation du corps qui le mettrait " tout de travers ". Et elle poursuit: " Qui fait le premier pas. Pour s'aimer à l'envers ". S'aimer à l'envers, ça peut être s'aimer tête-bêche... On serait en plein 69…

 

Et pourquoi, " Toi, mon toit " ? Et bien parce que si on se réfère au guide classique des positions sexuelles, l'homme peut être au-dessus et - dans ce cas - le corps - arc-bouté - forme comme un toit au-dessus de sa partenaire... Le toit ici est fait de chair et de chair... " Toi, mon toit " est donc une chanson qui s'inscrit dans la grande tradition de la chanson polissonne où les mots - souvent - veulent dire autre chose que ce qu'ils disent...

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK