Thomas Gunzig rend hommage aux gens qu'il aime...

Thomas Gunzig
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Le café serré de Matin Prem1ère

Bonjour, Mehdi,

bonjour tout le monde,

 

Bon hé bien pour une fois

je ne vais pas me la jouer

cool

marrant

ou second degré.

J’ai un peu réfléchi hier à ce que j’allais pouvoir dire pour rendre tout ça plus léger,

Mais

je n’ai rien trouvé parce qu’en fait ce n’est pas léger du tout,

C’est juste

complètement affreux

C’est juste,

bête

inutile

triste

et complètement sinistre.

En fait,

après avoir un peu réfléchi

je me suis rendu compte que le seul truc que j’avais envie de faire,

c’est le truc qu’on a tous eu envie de faire,

Un truc tout bête,

qui n’est

ni mot d’esprit,

ni une analyse,

ni un défi

Le seul truc que j’avais envie de faire c’était de dire à ceux que j’aime que je les aime.

Alors,

Mehdi,

Bertrand,

puisque vous êtes là devant moi

je vous jure sans déconner,

les gars, je vous aime !

Je vous jure je dis ça avec zéro humour,

Complètement premier degré

je vous aime vraiment !

Je vous trouve formidable, vous faite un boulot de dingue !

Et puis Benoit l’ingé son derrière ses manettes,

qui vient même quand il a un gros rhume

Et Sandrine l’assistante qui met matin première en musique,

Et les journalistes,

Et la dame qui fait le ménage

Et le gardien de l’entrée.

Je ne vous le dis jamais,

mais je vous aime, je vous aime, c’est incroyable ce que je vous aime.

Évidemment,

j’ai envie de dire que je les aime à tous ceux que je connais

J’ai envie de dire que je les aime à ceux à qui je le dis tous les jours

Mais j’ai aussi envie de dire que je les aime à ceux que je connais,

mais que je n’appelle jamais

ou pas assez souvent

ou juste une fois par an.

Les amis,

les amies

Je vous aime.

C’est dingue ce que je vous aime !

Mais il y a aussi tous les gens qu’on ne connaît pas,

mais qu’on sent quand même autour de soi.

Et avec qui on traverse les mêmes épreuves

et que du coup

c’est un peu comme la famille

et qu’on les aime aussi très fort,

Les gens qui vont quand même travailler, ce matin,

et qui sont un peu sonnés,

mais qui y vont,

parce qu’il n’y a rien d’autre à faire :

Je vous aime les gens !

Et puis les enfants qui vont quand même à l’école,

avec dans leurs cartables,

tous leurs devoirs compliqués,

et leur pique-nique à la vache qui rit

et tous leurs petits soucis.

Vous êtes courageux !

Je vous aime les enfants.

 

Et puis les parents qui se sont levés à l’aube pour leur faire des tartines au chocolat,

Et les fonctionnaires et les flics et les chômeurs et les postiers et les serveurs et les serveuses,

Les grands et les petits patrons

Les riches, les pauvres

Et les vieux couples dans leurs vieux draps

Et les jeunes couples qui ont la vie devant eux

Et les couples en stoemling qui s’aiment même s’ils n’ont pas vraiment le droit

Et tous ceux qui vont faire quand même ce qu’ils font d’habitude

En étant juste un peu plus triste,

un peu plus inquiet

ou un peu plus en colère.

Je vous aime,

je vous aime

Et même ce petit pays bizarre qu’on habite tous,

ce petit pays coincé entre des dunes et des sapins

Avec ses hivers trop doux

ses étés trop courts,

et toutes ses pluies

et son drôle d’esprit compliqué.

C’est bête, mais je l’aime aussi.

Et d’aimer tout ça comme ça,

même si je suis aussi super triste.

Ça me fait quand même du bien.

Ça me donnerait même un peu d’espoir, tient.

Et finalement c’est déjà ça.

 

À la semaine prochaine.

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