Technologie verte et éthique d'Internet

Technologie verte et éthique d'Internet
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Technologie verte et éthique d'Internet - © Libre de droits

Ce samedi 4 avril 2020, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans LES ECLAIREURS : Maxime Lambrecht, Chercheur FNRS en Ethique et en Droit de l’Internet, spécialisé en théories de la justice et en propriété intellectuelle au JurisLab de l’Université Libre de Bruxelles, professeur invité à l’UCLouvain et à l’Ecole de Recherche Graphique, animateur d’une chaîne Youtube (où il rend accessibles des sujets tels que le droit d’internet, la propriété intellectuelle et les théories de la justice), & Sophie Morin, Ingénieure en Chimie et Biotechnologies de l’Université de Strasbourg, spécialisée dans l’Environnement et Assistante de recherche au  Laboratoire de Biomasse et Technologies Vertes, de Gembloux Agro Bio-tech (Uliège ).  

DIFFUSION : samedi 4 avril 2020 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 5 avril 2020 à 23h10’                       

Maxime Lambrecht

Maxime Lambrecht est Chercheur FNRS en Ethique et en Droit de l’Internet, spécialisé en théories de la justice et en propriété intellectuelle au JurisLab de l’Université Libre de Bruxelles. Il est aussi Professeur invité à l’UCLouvain et à l’Ecole de Rercherche Graphique.

Juriste et philosophe de formation, il a défendu en 2015 une thèse de doctorat, publiée en 2018 sous le titre "Licences ouvertes et exceptions au droit d'auteur dans l'environnement numérique : subvertir ou réformer ?" (Larcier 2018).

Ses principaux intérêts de recherche portent sur la régulation algorithmique des expressions sur les plateformes en ligne, les licences libres et open source, la réforme du droit d'auteur, la philosophie de la propriété intellectuelle, la neutralité d’Internet et la régulation des plateformes en ligne.

Dans l’objectif de rendre accessible au grand public les connaissances actuelles dans ces domaines (le droit d’internet, la propriété intellectuelle et les théories de la justice), il anime une chaîne Youtube (et Peertube) ; une initiative qui a été récompensée par le prix Wernaers (Fonds FNRS) qui récompense la recherche et la diffusion des connaissances scientifiques.

A propos de la régulation algorithmique actuelle sur les plateformes (telles que Youtube, Facebook, Twitter, Instagram…etc)  - qui mettent en place des algorithmes filtrant les contenus que les utilisateurs veulent mettre en ligne en bloquant ceux susceptibles de contrevenir à la législation des droits d’auteurs - Maxime Lambrecht met en évidence le risque que constitue la délégation de cette mission de filtrage à ces entreprises privées. En effet, il règne une grande opacité autour de l’élaboration de ces algorithmes qui peuvent engendrer une certaine forme de censure ou d’autocensure du côté des utilisateurs. S’il est impératif de respecter le droit des créateurs à contrôler la commercialisation, la diffusion ou la réutilisation de leurs œuvres, il est aussi impératif de respecter, du côté des utilisateurs, le respect de droits tels que, par exemple, le droit à la parodie, permettant le détournement de contenus existants à des fins humoristiques. Or, les algorithmes de ces plateformes privées sont bien souvent incapables de distinguer le plagia d’un simple détournement humoristique d’un contenu. Par conséquent, ce type de publications humoristiques est souvent censuré par ces plateformes, dont les algorithmes réalisent ainsi une entorse au principe fondamental de liberté d’expression. Pour palier ce type de problématiques, Maxime Lambrecht propose d’inscrire au niveau de la directive européenne sur le droit d’auteur des garde-fous qui permettent de garantir le " free speech by design " sur ces plateformes ; c’est-à-dire d’élaborer des contraintes législatives qui puissent obliger ces plateformes à développer des algorithmes capables de tenir compte des exceptions existantes face au droit d’auteur pour garantir le respect de la liberté d’expression.

 

Pour en savoir davantage sur la nouvelle directive 2019/790 sur le Droit d'auteur dans le marché unique numérique, consultez l’article " Plateformes en ligne et droits d’auteur : sensés ou censure ? ".

Regardez aussi à propos de l’article 17 (anciennement 13) de cette directive, la vidéo Youtube Nouvelle directive Droit d’Auteur et filtrage ".

Notons que dans le cadre de ses recherches sur la régulation des plateformes en ligne, Maxime Lambrecht s’est intéressé aussi à l’économie des plateformes dites " collaboratives " telles que Uber, Airbnb, Spotify, …etc. Des plateformes qui soulèvent de nombreuses controverses : les partisans soulignent leur potentiel d’innovation disruptive, voire leurs avantages sociaux et environnementaux ; les détracteurs de ces plateformes les accusent de détruire les standards de protection sociale et d’affaiblir la capacité de l’Etat à réglementer l’économie. Des plateformes devenues, dans le monde contemporain, des acteurs impossibles à ignorer et dont il faut, par conséquent, questionner le mode de régulation sur le plan juridique : d’une part en réaffirmant le droit en vigueur et, d’autre part, en créant des adaptations du régime juridique qui permettent de faire face à cette nouvelle forme d’économie.

 

Pour en savoir davantage à ce sujet, consultez le Courrier hebdomadaireL’économie des plateformes collaboratives " rédigé en 2016 par Maxime Lambrecht.

Consultez aussi ses articles " Directive droit d’auteur sur Internet : un filtrage proportionné ? " et " La directive européenne sur le droit d’auteur impose-t-elle le filtrage des contenus " parus dans The Conversation.

 

Enfin Maxime Lambrecht vient de publier une vidéo Youtube " Les sacrifices du Coronavirus " dans laquelle il met en perspective les deux stratégies différentes possibles pour lutter contre le coronavirus : d’une part, la stratégie du confinement généralisé dans la durée mis en place par la plupart des pays d’Europe de l’Ouest ; et d’autre part, la stratégie consistant à miser sur l’immunité collective et adoptée par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède.

Pour en savoir davantage, regardez la vidéo Youtube " Les Sacrifices du Coronavirus " :

Sophie Morin

Sophie Morin est Ingénieure en Chimie et Biotechnologies de l’Université de Strasbourg, spécialisée dans l’Environnement. Son engagement personnel pour contribuer à la préservation de l’environnement se traduit dans sa vie professionnelle en tant qu’assistante de recherche de l’Université de Liège à Gembloux Agro Bio-tech dans le Laboratoire de Biomasse et Technologies Vertes sous la direction de la Professeure Aurore Richel.

 

Lors de ses études dans l’Eurométropole Strasbourgeoise, Sophie a participé à la production de solvants chimiques à l’aide de bactéries à partir de déchets industriels (Oxford, Angleterre). Elle a ensuite travaillé sur le développement de souches de levures permettant la production de protéines (Munich, Allemagne).

Cette aventure " bio "-européenne se poursuit naturellement à Gembloux Agro Bio-tech, Université de Liège dans le cadre du projet COMPOSENS Interreg France-Wallonie-Vlaanderen Call V.

Ce projet a pour objectif le développement de matériaux composites polymère-bois ou fibres végétales performants à faible impact environnemental. En effet, ces biocomposites présenteraient l’avantage d’être recyclables et plus légers que les matériaux composites actuels intégrant des fibres de verre.

Depuis 2017, Sophie Morin travaille donc à l’analyse des fibres végétales et au design de leur propriété pour faciliter leur incorporation dans des matrices plastiques et ainsi explorer de nouvelles propriétés pour des applications industrielles.

 

Pour modifier la surface de ces fibres naturelles la chercheure recourt à une triple approche : biotechnologique, par l’utilisation d’enzymes ; chimique, via le développement de solvants verts ; et ingénierique.

Les enzymes, molécules très répandues dans la nature, présentent l’avantage d’être respectueuse de l’environnement. En outre, le traitement enzymatique permet d’ajouter des groupements chimiques facilitant l’incorporation des fibres.

En effet, le défi d’incorporer des fibres dans des matrices polymères réside dans l’incompatibilité naturelle des fibres végétales hydrophiles avec des matrices polymères hydrophobes. L’association de ces deux matériaux est possible mais très instable ; les fibres naturelles ayant tendance à s’agglomérer ensemble, rendant caduque la qualité finale du matériau biocomposite. La méthode de Sophie Morin permet donc de pallier ce problème en garantissant une incorporation optimale de ces fibres dans une matrice polymère.

Pour remanier les composants de surface des fibres naturelles, la chercheure utilise des mélanges de sucre et d’acide lactique qui permettent l’amélioration de différentes propriétés de ces fibres et donc du produit biocomposite final. Ce mélange permet notamment d’assurer la cristallinité des fibres, gage de la résistance mécanique du produit final. Il permet aussi d’améliorer l’esthétique du produit par un blanchissement des fibres.

 

Cette nouvelle méthodologie, ouvre de nombreuses perspectives pour les industries recourant aux produits de la pétrochimie. Le secteur automobile, notamment, se montre très intéressé par cette technologie qui lui permettrait de développer, par exemple, des tableaux de bord biocomposites. Ceci aurait l’avantage d’alléger la masse des véhicules ; ces véhicules consommeraient, dès lors, moins de carburants. Cette technologie permettrait donc de diminuer l’important bilan carbone actuel de l’industrie automobile.

Par ailleurs, cette méthode qui favorise aussi le recyclage des matériaux biocomposites pourrait intéresser d’autres secteurs tels que l’industrie pharmaceutique ou encore celui de l’emballage.  

 

Consultez ici deux articles scientifiques détaillant les traitements effectués sur les fibres naturelles :

 

 

 

SAVE-THE-DATE

Le jeudi 17 septembre 2020, les équipes des projets transfrontaliers COMPOSENS et RECY-COMPOSITE (Interreg FWVL) ont le plaisir de vous inviter à leur événement de clôture sur les composites à Seneffe, au CERTECH, en Belgique. Réservez votre date pour découvrir les résultats de recherche de ces 2 projets !

Au programme de cet après-midi de clôture :

  • Diffusion des résultats des deux projets : COMPOSENS "Biocomposites et propriétés olfactives" & RECY-COMPOSITE "Recyclage des matériaux composites"
  • Témoignages industriels
  • Visite des installations Certech
  • Réception de clôture et réseautage

 

Evénement en français - Nederlandstalige ondersteuning voorzien

Evénement gratuit sur inscription à partir de mai 2020