Super-héros… dans la vraie vie !

Ces super-héros du réel ne se déguisent pas mais se créent une identité de super-héros, avec une cause à défendre, un nom et plus qu’un « costume », leur apparence leur sert à la fois de symbole mais aussi et surtout de protection.
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Ces super-héros du réel ne se déguisent pas mais se créent une identité de super-héros, avec une cause à défendre, un nom et plus qu’un « costume », leur apparence leur sert à la fois de symbole mais aussi et surtout de protection. - © Métro, Boulot, Héros

Dans Les Curieux du week-end, un phénomène social et culturel assez particulier, observable aux États-Unis depuis maintenant un bon nombre d’années. Des individus agissant seuls ou en groupe, jouant le rôle de justiciers des temps modernes et s’inspirant des codes - vestimentaires et culturels- des comics de Marvel, dépensent leur temps et leur énergie à défendre et à protéger les plus vulnérables. Des actions humanitaires aux interventions de lutte contre la délinquance et les incivilités, leur champ d’action est large. Dark Guardian, Life, Phoenix Jones... Découverte de ces « super-héros du réel » dans Week-end 1ère.

Ces super-héros du réel ne se déguisent pas mais se créent une identité de super-héros, avec une mission ou une cause, un nom et plus qu’un « costume », leur apparence leur sert à la fois de symbole mais aussi et surtout de protection. 

On peut les classer en deux catégories : D’un côté les Crime Fighters, les combattants contre le crime, et de l’autre ceux qui oeuvrent plutôt dans le social, en venant en aide aux sans-abri, aux enfants malades ou pour la défense des homosexuels, par exemple. Il existe même un Captain Europe, un super-héros du réel qui résiderait à Bruxelles et dont la cause serait de pousser les citoyens à voter aux Européennes. 

« Les criminels me craignent… Ils ont bien raison. »

Mais alors, n’importe qui peut devenir un super-héros ? Il suffit de se trouver un nom, un costume et une cause ? C’est peut-être vrai pour les super-héros du réel qui agissent dans le social ! Par contre, pour les combattants contre le crime, mieux vaut quand même connaître les réalités de la rue. C’est le cas de Chris Pollack, l’un des tout premiers super-héros du réel. Le jour, il est professeur de sports de combat, mais la nuit, il devient Dark Guardian et veille sur la ville de New York. Selon lui, on ne s’improvise pas super-héros du réel. « Je pense qu’il y a plein de gens qui veulent sauter le pas et devenir un super-héros du réel, mais ils n’ont ni les compétences, ni les connaissances… Ce n’est pas malin.» avant de poursuivre « Vous savez, vous devez faire attention à vous, être en forme, être capable de vous défendre… Vous devez connaitre la loi, faire preuve de bon sens et connaitre les réalités de la rue. Je pratique les sports de combat depuis que je suis adolescent, je me renseigne sur les affaires criminelles et j’ai juste décidé de me lancer. Les criminels me craignent… Ils ont bien raison. »

Et quand Dark Guardian part combattre le crime, c’est toujours équipé de son gilet pare-balles rouge, de sa lampe torche et de sa matraque télescopique. Un super héros du réel super équipé qui se déplace dans une mustang rouge, un petit peu cliché… qu’il appelle d’ailleurs sa Darkmobile.

Qu'en pense la police ?

À ce jour, il n’existe pas vraiment de chiffres sur leurs actions. Ils agissent chacun à leur échelle dans leur quartier, que cela soit en dénonçant les dealers à la police, preuve à l'appui, ou encore en intervenant en cas de bagarre. Leurs actions restent minimes mais ça a le mérite d’attirer l’attention des médias sur ce que ces super-héros représentent. 

Du côté de la police, ils ne les prennent pas vraiment au sérieux. Ils ont juste peur que si l’un d’entre eux est blessé, cela leur retombe dessus. Pour Ben Goldman, le fondateur de Super Heroes Anonymous, une sorte de répertoire des supers-héros du réel dans le monde, s’ils sont tolérés par les forces de l’ordre, ils ne sont pas à l’abri de s’attirer des ennuis avec la justice pour autant. « Je sais pertinemment que la police a des problèmes avec le fait que Dark Guardian fasse ses patrouilles pour faire face aux dealers. On l’a fait et il est arrivé que l’on se fasse embarquer par la police et emmener au commissariat où un lieutenant a dit à Dark Guardian qu’il ne devrait pas faire ça. Il n’a jamais dit que c’était illégal, il n’a jamais menacé Dark Guardian. Il a même dit qu’il appréciait notre engagement car la plupart des gens n’en font pas autant. Mais ce qu’il disait aussi, c’est que c’était dangereux pour nous et que s’il devait nous arriver quelque chose, ça ferait les gros titres, et on blâmerait la police. »

L’anonymat, une différence de taille entre super-héros et super-héros du réel

Dans les comics, les masques des super-héros leur servent à garantir leur anonymat. Le masque de Spider-Man, par exemple, lui permet de pouvoir être à la fois Spider-Man mais aussi d'être Peter Parker et de vivre une vie presque normale. Chez les super-héros du réel, c’est quasiment l’inverse ! Dans un monde de plus en plus connecté où le buzz permet à n’importe qui de véritablement exploser sur internet, ces super héros du réel utilisent leur masque et leur costume comme symboles pour attirer l’attention sur leurs actions. Ils ont d’ailleurs pour la plupart une page facebook ou une chaine Youtube.

Évidemment, ces super-héros du réel n’ont pas de super pouvoirs. Mais est-ce qu’il faut vraiment avoir des super pouvoirs pour être un super-héros ? C’est la question que s’est posé Haim, un étudiant en cinéma à l’université de Columbia. Et dès qu’il peut, il devient Life, un super-héros du réel qui distribue des life packs aux sans-abris. Des paquets de produits sanitaires, avec un savon, un rasoir, une paire de chaussettes et une brosse à dents. Des actions que n’importe qui peut se décider à faire. « Vous savez, vous n’allez pas me voir faire des choses extraordinaires aujourd’hui. Je vais prendre mon vélo, trouver les sans-abri, et leur donner mes packs sanitaires. Il n’y a pas de super pouvoirs ici. Nous sommes juste des gens normaux qui essayent de faire le bien autour de nous. » explique Life.

Super-héros… dans la vraie vie !

Il existerait plus de 1000 super-héros du réel un peu partout dans le monde. Même si ce sont les combattants contre le crime qui attirent le plus l'attention, ceux qui viennent en aide aux plus nécessiteux apparaissent comme plus « crédibles »

Selon la célèbre citation d'Oncle Ben : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités »… Chez les super-héros du réel, ce « grand pouvoir » n’apparait pas comme indispensable pour faire le bien.

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