" Striptease, ce ne sont pas que des portraits de cinglés en tous genres "

« Striptease, ce ne sont pas que des portraits de cinglés en tous genres »
« Striptease, ce ne sont pas que des portraits de cinglés en tous genres » - © Tous droits réservés

Striptease, c’est plus de 800 films regardés par toutes les couches sociales de la société. Striptease, ce sont des documentaires devenus cultissimes. Striptease, ce sont aussi des secrets de tournage et anecdotes par dizaines. 33 ans après son lancement, Marco Lamensch, co-fondateur de l’émission, lève le voile sur ce qu’il s’est passé devant et derrière la caméra, dans le livre " Striptease se déshabille ". Il était l’invité de François Heureux dans Jour Première.

Générique taillé sur mesure

Il suffit de prononcer le nom de l’émission pour que la musique du générique vous reste en tête pour la journée… Il s’agit d’une chanson du groupe Combo Belge (dont la production n’a d’ailleurs jamais vraiment retrouvé les auteurs), aux sonorités d’origine malienne et jouée par la fanfare de la Cambre. Les réalisateurs ont voulu la réenregistrer avec l’orchestre, mais après plusieurs essais, ils n’étaient pas satisfaits du résultat car les musiciens jouaient trop bien et le rendu était trop propre selon eux. Finalement, 20 bouteilles de vin blanc plus tard,  la version originale du générique de Striptease était dans la boîte.  

Un genre à part

Striptease, c’est du documentaire avec la grammaire de la fiction : des images sans commentaires, sans qu’une voix off explique les choses et avec le moins possible d’interview. Les fondateurs ont pratiquement inventé un nouveau genre tout en s’inspirant d’autres émissions, comme " Faits Divers " pour laquelle travaillait Jean Libon. Les films ont tous été tournés à la pellicule et il y avait énormément de rushs puisqu’une pellicule dure 11 minutes et qu’il en faut 6 pour en placer une nouvelle. Le caméraman est donc obligé de réfléchir quand il appuie sur le bouton, la réalisation en est impactée et cela contribue au cachet unique de l’émission.

Des sujets délicats

Les sujets abordés sont très variés et rien ne semble être tabou. Beaucoup de portraits de politiciens de droite et de gauche ont été faits, mais au  niveau des extrêmes politiques, la question se pose : peut-on tout filmer ? Pour Marco Lamensch, il aurait par exemple été hors de question de suivre une personne d’extrême droite parce qu’il aurait eu peur de lui attirer des adeptes. On se souvient par contre du reportage ‘Tiens ta droite’ qui racontait l’histoire de Fabien, un jeune homme un peu paumé admiratif du régime nazi. En dépeignant ce type de personnages marginaux, il y a en effet moins de risque de prosélytisme.

Coulisses de tournage

La question que tout le monde se pose sans doute, c’est comment les réalisateurs de Striptease parviennent à dénicher ces situations improbables. Il n’y a en fait pas de règle, chacun faisait à sa manière : certains passaient leurs nuits dans un café avec la population locale, d’autres allaient sonner chez leurs voisins et un réalisateur français pointait même des endroits au hasard sur la carte puis décidait d’aller y passer 10 jours en espérant trouver quelque chose d’intéressant. L’équipe de tournage restait bien souvent des journées entières chez les personnes et finissait donc par se faire totalement oublier. C’est ça le secret pour que les gens se lâchent, restent eux-mêmes et se dévoilent et c’est ça qui a donné lieu à de nombreux épisodes cultes…

 

Retrouvez d’autres anecdotes dans l’interview de Marco Lamensch, ci-dessous.

 

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