Smartphones, tablettes, ordis polluent plus que l'aviation. Que faire ?

Smartphones, tablettes, ordis polluent plus que l'aviation. Que faire?
Smartphones, tablettes, ordis polluent plus que l'aviation. Que faire? - © Tous droits réservés

Nous sommes 4.1 milliards d’utilisateurs d’objets numériques : smartphone, tablettes, ordinateurs…

La masse de cet univers numérique rejette 223 millions de tonnes de CO², soit l’équivalent de 179 millions de voitures… Ça en fait de la pollution, non ? Que disent ces chiffres en réalité. Que pouvons-nous faire ? Que peuvent faire les entreprises ? Que doit faire le secteur technologique ?

Aujourd’hui, lorsque l’on parle d’environnement, on se pose la question de savoir si on prend l’avion pour partir en vacances mais jamais si on doit utiliser moins son smartphone. Or, en termes d’émission de gaz à effet de serre, le numérique émet autant de CO2 que l’aviation civile.

 

Pollution numérique. Que font les constructeurs ?

Il faut savoir que 80% de la consommation des objets numérique vient de leur fabrication. On réfléchit essentiellement en terme économique et pas environnemental. Les constructeurs devraient entreprendre un très gros travail sur la conception des appareils.

Par exemple, les batteries des smartphones sont scellées. Il est difficile de les changer. En cas de panne, souvent, l’appareil finira au rebut.

Nous sommes aujourd’hui dans la course à la performance. Il faut toujours plus de bande passante, toujours plus de rapidité. Il faut pouvoir regarder des séries en 4G partout. Les données doivent se dématérialiser et se retrouver dans le Cloud. Bref, On se pose peu la question des besoins et usages réels des utilisateurs.


Quelques chiffres ?

  • Le nombre d’objets connectés. On est passé de 1 milliard à 48 milliards en 15 ans.
  • Les dimensions des écrans TV ont sans cesse grandi. Il représente aujourd’hui ¼ de la pollution numérique

Un exemple. Avant, notre savoir se trouvait essentiellement dans les livres. De nos jours, l’essentiel des données est digitalisé et en ligne. C’est oublier que " le digital " ce sont des hangars remplis de serveurs informatiques alimentés en énergie. Ce sont des technologies qui utilisent des métaux rares. Si rien n’est fait, dans une ou deux générations, la plupart des ces métaux rares auront disparu.

 

Peut-on être numérique et responsable ?

La réponse est OUI. Dans ce domaine, la France a quelques années d’avance sur nous. Etre numérique et responsable, c’est prendre en compte tous les aspects d’un développement

La SNCF l’a bien compris. Quand ils doivent développer une application ou un service digital, ils examinent un ensemble de paramètres.

  • Quelle bande passante sera nécessaire ? Peut-on l’économiser ?
  • Cela permettra-t-il d’utiliser les anciens appareils ou faudra-t-il tout adapter ?
  • Comment optimiser la consommation des serveurs ?

De même, Pole Emploi a demandé à ses employés d’éteindre leur ordi et écran en quittant le boulot. C’est 1.5 millions d’euros d’économie par an.

Cela dit, aucune réglementation n’existe. Rien n’empêche de créer des sites qui utilisent beaucoup de bande passante et donc d’énergie. De même, rien n’interdit de créer des smartphones difficilement réparables.

 

Améliorer le recyclage des appareils digitaux ?

 

Le recyclage des appareils numérique doit encore être amélioré. Beaucoup de sociétés envoient les anciens appareils en Afrique pour leur donner une seconde vie. Ces appareils sont soi-disant fonctionnels mais beaucoup sont hors d’usage et sont incinérés et polluent les sols et l’atmosphère.

De plus, la microélectronique n’est que très peu recyclable. On ne récupère que quelques pourcents de matériaux. On doit aussi ajouter le fait que le nombre d’entreprises de recyclage est peu élevé. En Belgique, il en existe une seule.

Et pour cause, c’est un secteur très compliqué. Démanteler un smartphone, c’est séparer une cinquantaine d’éléments et concocter une vraie soupe qui fait appel à des solvants et produits dangereux. A ce jour, c’est très peu rentable. Les matières premières sont trop bon marché.

 

Au quotidien, que peut-on faire ?

Vous trouverez sur internet des sites qui vous donneront des conseils mais :

  • Regarder une série sur un service de streaming en 4G est très agréable. Mais si vous la téléchargez en wi-fi à la maison, vous diminuez par 3 votre impact environnemental.
  • Se désabonner des newsletters dont on n’a pas vraiment besoin
  • Ne pas envoyer des pièces jointes super volumineuses
  • Ne pas changer d’écran télé à chaque coupe du monde. Si vous voulez une très grande image, préférez un projecteur. Il consomme moins et vous offre une image plus grande.

 

Un site de référence

https://www.greenit.fr/

 

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