Smart Farming, l'agriculture de demain ?

Le smart farming, l'avenir de l'agriculture ?
Le smart farming, l'avenir de l'agriculture ? - © Tous droits réservés

La révolution numérique est en cours et impacte tous les secteurs. L’agriculture et l’élevage ne sont pas épargnés et utilisent désormais ces nouveaux outils. Des outils qui permettent entre autres d’offrir un meilleur rendement, une meilleure précision des traitements à effectuer sur les cultures. Seulement ils ont un coût, comment penser l’agriculture de demain de manière plus numérique ? René Poismans directeur général du centre wallon de recherche agronomiques, Fanny Deliège (Digital Wallonia) et Olivier De Backer à la tête d’une entreprise de travaux agricoles digitalisés étaient les invités de Tendances Première.

 

Le Smart Farming, un concept large

Le Smart Farming ou agriculture intelligente signifie la dissémination de technologies diversifiées combinées à une utilisation accrue d’informations collectées et traitées.

Les agriculteurs y ont recours dans les activités de production et de distribution de produits agricoles, ainsi que dans la régulation des approvisionnements en intrants (eau, engrais, énergie, etc.). L’idée avec le Smart Farming c’est aussi la récolte de données type " Big Data " qu’on pourrait dès lors analyser et qui permettrait aussi de mettre des solutions précises en place. Seulement l’expression regroupe un nombre important de techniques dont l’usage, et la portée sont très multiples, la confusion règne parfois en ce qui concerne ce qui relève ou pas d’un outil type " smart farming".  

Pour René Poismans, c’est en fait à chaque exploitation de s’approprier le concept, l’idée générale étant d’utiliser les technologies disponibles et de les exploiter de manière adaptée. Il existe selon lui trois volets majeurs dans le Smart Farming : le bon choix, le bon moment, le bon produit.

La ferme de demain est une ferme qui répond à toutes une série d’attentes : pour le producteur c’est la rentabilité, pour le consommateur c’est la qualité à prix raisonnable et pour le citoyen c’est l’environnement et un produit équitable. "

Oliver de Backer, dirigeant d’une entreprise de travaux agricoles a lui fait le choix d’investir dans un drone. La caméra qui représente un investissement pas trop onéreux lui permet en fait de survoler les parcelles et de pointer par rapport à la couleur des cultures les zones qui ont le plus besoin d’engrais. René Poismans cite aussi en exemple  des plateformes en ligne sur lesquelles un producteur de pommes de terre peut rentrer des données qui lui sont propres et en fonction ses paramètres avoir une estimation de ses rendements.

Il existe aussi des outils qui permettent de dire "au vue de la situation actuelle de votre culture vous devez mettre autant d’engrais". Il existe aussi toute une série d’outils qui fonctionnent via les smartphones liés aux besoins d’engrais, avec une information transmise à tout le monde via une application. Elle permet de dire par rapport à une localisation de prévenir de certains risques et d'avoir des conseils sur les produits pour pulvériser la bonne dose au bon moment. Ce qui permet aussi de gérer les effets secondaires et environnementaux, et de maximiser la rentabilité avec moins de produits et des produits moins chers.

 

 

Les limites et freins du concept

Si sur le papier l’idée semble très attirante, dans la réalité, le concept est encore à ses débuts et pas toujours facile à mettre en place car ces outils ont un coût. Par exemple dans le cas d’Oliver de Backer, une fois les données récoltées par le drone, la difficulté est de les appliquer à la parcelle. Pour l’instant le matériel dans la pratique qui disperse l’engrais au bon endroit au bon moment reste un investissement très coûteux et le facteur humain reste déterminant.

Comme le souligne René Poissmans, la population dans ce secteur est également vieillissante et la digitalisation est d’autant plus difficile à implanter. Comme il le dit justement " Dans l’agriculture, on dimensionne rarement, on doit réadapter". On a rarement l'occasion de reconstruire une nouvelle implantation de A à Z il faut plus souvent réajuster des exploitations existantes. Cependant il ne faut pas s’arrêter à cette vision, en effet beaucoup d’agriculteurs jeunes ou plus âgés sont enclins à adopter ces outils, il faut juste encore avancer dans la recherche pour qu’ils soient plus abordables même si certains d’entre eux le sont déjà accessibles comme le drone.

La Belgique à la traîne ?

Pour René Poismans, la Belgique n’est pas en retard, " parce que les universités et centre de recherche sont à la pointe, beaucoup de projets se font avec des partenaires européens, voire mondiaux, les technologies on les connaît, la question est de savoir comment on peut les implanter et chez qui, certaines technologies peuvent être exploitées plus facilement lorsqu’on a une grande exploitation ou que l’on a une association d’exploitation et c’est vrai qu’en France en particulier, ces structures, car il y a une plus grande facilité d’introduire ce genre d’outils. "

En novembre, Digital Wallonia proposera d’ailleurs des trainings sous forme de " digital boost camp "  qui permettront aux néophytes du secteur une première approche avec ce type d’outils.

Pour en savoir plus sur le Smart Farming, réécoutez le dossier de Tendances Première

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