Slingshot, la réplique de Facebook à Snapchat

Facebook a annoncé hier le lancement d’une nouvelle application de partage de photos et de vidéos principalement destinée aux adolescents. On savait que Facebook préparait sa réplique à Snapchat une application très populaire chez les jeunes. Sa particularité : les messages disparaissent après avoir été consultés par leur destinataire. On comprend l’engouement des ados pour ce procédé qui les met à l’abri des parents un peu trop curieux des activités en ligne de leur progéniture. Le logo de Snapchat, c’est un petit fantôme malicieux qui tire la langue.

Pour enrayer sa chute de popularité auprès des jeunes générations, Facebook a d’abord tenté de racheter Snapchat. Mais à la surprise générale, ses créateurs, des étudiants de l’Université de Stanford en Californie ont décliné l’offre de 3 milliards de dollars qui leur était faite. Ce qui leur a valu une couverture médiatique mondiale qui a encore renforcé le succès de leur appli, nous en avions parlé ici.

Du coup, Facebook a développé sa propre alternative à Snapchat. Ça s’appelle Slingshot et se présente comme " la façon de se connecter comme on vit : dans l’instant présent, de façon spontanée, expressive, à l’état brut ". On voit à qui on parle. Les photos et les vidéos peuvent être envoyées à une seule personne ou à un groupe d’amis. On peut y ajouter quelques mots, un dessin, de la couleur et même un fond musical.

Mais il y a une astuce qui permet à Slingshot de se démarquer de Snapchat et des autres applis similaires. Lorsque vous recevez une photo ou une vidéo, il faut d’abord en envoyer une à l’expéditeur avant d’y avoir accès.

C’est évidemment aussi une manière très habile de démultiplier l’usage de l’application. Le nouveau Laboratoire Créatif de Facebook, dont c’est la deuxième réalisation, dit avoir voulu " construire un espace où tout le monde est créateur et pas simplement spectateur. Quand tout le monde participe, il y a moins de pression, plus de créativité et même les petites choses de la vie peuvent devenir des expériences partagées tout-à-fait géniales ". Fin de citation.

C’est aussi le signe d’une évolution de la photographie induite par internet comme le confie le pédopsychiatre Serge Tisseron au Figaro. "Avant, la photographie servait à fixer quelque chose pour l'éternité. Désormais, nous sommes tous photographe et nous utilisons ce média pour témoigner de nous-même ".

On redécouvre ainsi le sens du mot " instantané " pour désigner la photographie.

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