Se faire éditer: mode d'emploi

Se faire éditer: mode d'emploi
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Vous avez peut-être rêvé d’écrire un livre. Peut-être est-il déjà écrit et il ne demande qu’à croiser la route d’un éditeur. Oui, mais comment vous y prendre dans le dédale de l’édition ? Voici quelques petits conseils.

1. Sous quelle forme envoyer votre manuscrit ?

PDF ou manuscrit…Les deux options sont bonnes même si beaucoup d’éditeurs aiment recevoir les manuscrits par la poste. Ils s’adaptent comme nous tous aux développements informatiques. Soignez votre orthographe mais ne tremblez pas si elle est quelque peu défaillante. S’ils se trouvent face à un bon roman, les éditeurs vous pardonneront vos libertés avec la langue de Voltaire.

2. Faut-il accompagner le manuscrit d’une lettre d’intention ?

Oui ! Une lettre dans laquelle vous expliquez brièvement votre projet et donnez envie à l’éditeur de lire votre manuscrit. C’est la première chose que les éditeurs lisent. Soignez-là !

3. A quel éditeur l’envoyer ?

Prenez le temps de vous poser cette question et d’y réfléchir. Renseignez-vous sur l’éditeur avant d’envoyer votre manuscrit tous azimuts. Les sites internet des maisons d’édition regorgent déjà d’une mine d’informations. Commencez par là ; consultez-les. Beaucoup de manuscrits sont refusés parce qu’ils ne correspondent pas à ce que propose la maison d’édition. Roman, essai, polar…inutile d’envoyer votre manuscrit au mauvais endroit, il ne sera pas lu.

4. Quelles sont les pages les plus importantes ?

Les premières pages sont fondamentales. Si elles n’arrivent pas à accrocher l’éditeur, il y a peu de chance qu’il poursuive sa lecture, d’autant qu’une pile d’autres manuscrits l’attend et qu’il n’a qu’à se pencher pour en prendre un. Et oui, la concurrence est rude.

5. Les éditeurs reçoivent-ils beaucoup de manuscrits ?

Beaucoup ! Certaines grandes maisons d’édition reçoivent jusqu’à 500 manuscrits sous enveloppe par mois, sans compter les envois électroniques. Les petites maisons d’édition en reçoivent nettement moins mais le personnel y est moins nombreux. Il s’agit même parfois de bénévoles.

6. Les éditeurs lisent-ils tous les manuscrits ?

Non. Tous les courriers sont ouverts mais les éditeurs font un tri très rapidement. Ils écartent les manuscrits qui ne correspondent pas à ce que propose leur maison d’édition. Ceux-là, ils ne les lisent même pas. Ensuite, ils lisent les lettres d’intention. Nouveau tri…Puis les premières pages…Ils poursuivent la lecture si seulement ils sont séduits.

7. Qui va lire mon manuscrit ?

Tout dépend de la grandeur de la maison d’édition. Les grandes maisons ont des comités de lecteurs, d’autres un ou des responsables des manuscrits. Dans les plus petites structures, c’est le directeur de la maison d’édition lui-même qui s’y colle. Certains éditeurs ont également un cercle d’amis-lecteurs auxquels ils confient tel ou tel manuscrit. C’est fort variable.

8. Les éditeurs répondent-ils à tous les auteurs ?

Non. C’est une attente parfois cruelle pour les écrivains qui espèrent un retour sur leur manuscrit mais souvent il arrive que les éditeurs ne répondent pas. Certains envoient un accusé de réception. D’autres maisons d’édition mettent un point d’honneur à envoyer, ne fût-ce qu’une courte lettre aux auteurs. C’est le cas des Impressions Nouvelles mais ce n’est pas la seule maison d’édition à le faire. Cette absence de réponse peut vous sembler scandaleuse mais certains éditeurs reçoivent tellement de manuscrits qu’il leur est très difficile de répondre à chacun.

9. Qu’est-ce qui plaît aux éditeurs ?

C’est un peu la question à mille milliards parce qu’il y a la sensibilité propre à l’éditeur, l’air du temps, l’originalité de l’œuvre, sa singularité. Question à laquelle il est donc difficile de répondre sous peine de formater la création littéraire. Une certitude, si vous écrivez un roman, dites-vous qu’il sera partagé par des lecteurs. Et posez-vous les questions suivantes : en quoi mon livre peut-il toucher un public ? En quoi mon histoire peut-elle concerner les autres ? Bref, gardez à l’esprit que vous écrivez pour être lu ...sans quoi, pas la peine de chercher un éditeur. Logique.

10. Avoir des connaissances dans le monde de l’édition va-t-il m’aider ?

On aimerait répondre non…mais la réponse est oui. Beaucoup d’éditeurs ont leur propre cercle de personnes, de connaissances. Un cercle au fait de la création littéraire. Son avis compte pour la maison d’édition. Parfois l’éditeur donne un manuscrit à lire à telle ou telle personne qui gravite autour de la maison d’édition…pour avoir son avis. Parfois c’est ce même cercle qui porte un manuscrit à la connaissance de l’éditeur. Il s’agit d’un réseau de confiance qui fonctionne donc a priori plutôt bien. Approcher un éditeur, c’est idéalement aussi connaître son réseau de confiance et pourquoi pas, lui soumettre votre manuscrit, voire le convaincre. Ici comme ailleurs, les relations personnelles sont très importantes.

11. Est-ce que je peux m’auto-éditer sur internet ?

Oui ! Différentes plateformes d’édition existent et elles ont des millions de lecteurs. On les appelle Wattpad, WeLoveWords, Bookelis, etc. Elles jouissent d’un très grand succès et se sont révélées intéressantes pour certains auteurs comme l’écrivaine lilloise Amélie Antoine. Son premier roman, Fidèle au Poste, avait été refusé partout. Elle ne se décourage pas et se lance sur une plateforme d’auto-édition sur internet. Bingo, c’est le succès…à tel point qu’une maison indépendante, " traditionnelle ", s’est intéressée à son travail. Les romans d’Amélie Antoine font désormais partie du catalogue Michel Lafon.

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