Richard Nixon, Donald Trump, une histoire qui se répète ?

Richard Nixon, Donald Trump, une histoire qui se répète ?
Richard Nixon, Donald Trump, une histoire qui se répète ? - © Tous droits réservés

Un Watergate " bis " ? Pierre Marlet propose de revenir sur l’histoire du Watergate qui a fait tomber Richard Nixon et de comparer la situation de 1972…à celle de Donald Trump en 2019. Donald est-il en train de reproduire à sa façon cette histoire ?

Cette comparaison entre Richard Nixon et Donald Trump, en fait, elle s'impose, elle fait la une aux Etats-Unis et c'est logique selon Pierre Marlet.

Au 20 ème siècle, seuls deux présidents ont fait l'objet d'une procédure d'impeachement ( procédure de mise en accusation qui permet de destituer le Président ou des hauts fonctionnaires), Bill Clinton qui a été acquitté et puis Richard Nixon en qui démissionnera le 8 août 1974 : à cause du Watergate dire-t-il à la télévision aux américains:

 Je n'ai plus le soutien politique nécessaire en clair je suis lâché par mon propre parti

C'est pourquoi il avait cédé la place au vice-président Gerald Ford au lendemain de cette allocution.

Et pourtant au départ, le Watergate n'intéresse personne ou presque...

Il faut bien comprendre que le Watergate en tant que tel remonte à juin 1972. Le Watergate c'est un grand immeuble de Washington qui comprend notamment un hôtel qui sert de QG au parti démocrate, l'adversaire potitique de Richard Nixon. La police est appelée parce que des cambrioleurs se sont introduits dans l'immeuble mais ils ressemblent plus à des agents secrets : ils transportent du matériel d'écoute et certains sont des anciens du FBI et de la CIA.

Le parti démocrate affirme qu'ils ont des liens avec la Maison blanche, mais dans un premier temps l'enquête fait flop et n'aura pas d'impact sur la campagne électorale quelques mois plus tard, Richard Nixon remporte triomphalement la présidentielle face au démocrate Mac Govern. Mais précision importante : les démocrates gagnent les législatives et disposent donc d'une majorité à la chambre et au sénat.

Les démocrates tenaces…

Les Démocrates n’ont pas lâché pas le morceau. Ils imposent la création d'une commission d'enquête sur les abus commis lors de la campagne électorale. La presse s'en est mêlée, en particulier le New York Times et le Washington Post dont les fameux journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein.

Il apparaît bientôt que le Watergate n'est que la pièce d'un vaste puzzle érigé en système : écoutes clandestines, conspiration, désinformation, bref opérations en tous genres réservées normalement à l'espionnage contre les ennemis de l'Amérique et qui là sont utilisées en Amérique contre les opposants de Nixon.

Lorsque la preuve sera finalement apportée que la Maison blanche est directement impliquée et qu'en plus le président a tenté de faire obstruction aux enquêtes, la position du président américain devient intenable. S'il n'avait pas démissionné, il fait peu de doute qu'il aurait été destitué par le Sénat au cours de la fameuse procédure d'impeachment.

Donald Trump risque-t-il de connaître le même sort que Richard Nixon ?

Risquer sans doute car quand on lance une procédure d'impeachement, nul ne peut savoir comment elle s'achèvera et un grand déballage peut être dévastateur.

Mais cela prend du temps : le Watergate, c'est un an et demi d'enquête.

Ensuite, ce qui va véritablement couler Nixon, c'est l'existence d'enregistrements audios que la Cour suprême va lui imposer de divulguer. Richard Nixon tentera par tous les moyens de s'y opposer avec un argument que n'aurait sans doute pas renié Donald Trump : l'impunité.

L’impunité présidentielle

Quand le président fait quelque chose, ce n'est pas illégal par définition. Cela s'appelle l'impunité. Et par sa paranoïa, son opposition aux contre-pouvoirs, politique judiciaire et journalistique, Richard Nixon a des points communs avec Donald Trump.

Mais il y a une différence. Si Richard Nixon s'est à ce point opposé à ce que les enregistrements audios de la maison blanche deviennent publics, c'est parce qu'il révélait une face cachée du président, celle d'un sale type qui faisait des coups en douce, en opposition à son image publique. Or Donald Trump lui n'hésite pas à accuser publiquement ses opposants de tous les maux, sans preuves et sans nuances. Bref, là où Nixon était honteux, Trump est fier de ce qu'il est...

L'oeil de Pierre Marlet

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK