Revue de la presse belge

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illustration - © RTBF

De Nicolas Vandenschrick.

La presse, au nord du pays, se penche ce matin sur les jeunes et leur rapport aux autres.

Rapport à la tolérance, pour le Morgen qui l'annonce en chiffre, en ville, 1 jeune sur 3 fait preuve d'intolérance. Et en vrac, pour le démontrer, le quotidien aligne ces statistiques, 20% des jeunes flamands estiment que les musulmans ne devraient pas professer leur foi, le même pourcentage (1 jeune sur 5) pense que de nombreux musulmans sont des criminels. 23% des jeunes musulmans trouvent que les agressions contre les homosexuels sont acceptables, la même proportion accueille favorablement le fait que certains pays punissent de mort les homosexuels. 45% de ces jeunes musulmans se disent antisémites alors que ce pourcentage reste de 1 pour 10 chez les non-musulmans. Voilà donc des chiffres, bruts, récoltés dans 2 grands villes, Gand et Anvers auprès de 3.867 jeunes. Le Morgen constate sobrement que cette étude souligne combien la diversité n'est pas, mais alors pas du tout une évidence pour la jeunesse urbaine.

La violence envers les homosexuels, le sexisme ou le racisme ne sont pas l'expression d'une frange des radicaux, mais plutôt l'expression d'une arrière-garde. Des phénomènes profondement ancrés pour une minorité significative de la jeunesse urbaine.

Comment lutter, s'interroge alors l'éditorialiste. On sait que la plupart des écoles présentes, bien plus qu'ailleurs, un message d'ouverture et des débats pragmatiques sur les orientations sexuelles ou religieuses... Visiblement cela ne suffit pas, constate Bart Eeckhoudt, mais il semblerait un peu trop facile d'abandonner cette mission aux seul enseignements. C'est donc d'abord au sein des familles que doit se mener cette éducation à la diversité. Celui qui inculque des préjugés à ces enfants les prive de nombreuses chances de se développer.

Fait rare, l'éditorialiste ne manque pas non plus d'autocritique. Nous aussi, média, ferions bien de nous interroger dans la manière dont nous présentons les autres. Si, à chaque fois, l'autre est dépeint comme un inconnu, potentiellement dangereux, ne nous étonnons pas, alors, de ces préjugés risqués et réciproques entre nous et eux.

L'inconnu, conclut Bart Eeckhout, provoque le désamour.

Voilà pour cette enquête. Commentée, encore, ce matin, dans la presse, c'est la manifestation d'hier à Bruxelles. Manifestation de la fonction publique.

Thierry Dupiéreux, dans l'Avenir, s'étonne quelque peu de la réaction du secrétaire d'Etat à la Fonction publique. "Ce pauvre Hendrik Bogaert, critiqué de toute part." Sur les gardiens de prison, son intervention était attendue. Il est revenu sur la surpopulation carcérale et les conditions de travail indignes... Et le secrétaire d'Etat d'ajouter : Dans le privé, un employeur qui ferait travailler son personnel dans de telles conditions se retrouveraient en prison Ca, constate l'éditorialiste, cela s'appelle de l'auto-flagellation gouvernementale... Mais alors, on s'interroge quand ce même secrétaire veut allonger la durée de travail des gardiens, n'est-ce pas du pur sadisme? Un mot transparaît dans ces lignes, c'est l'incohérence.

Incohérence encore soulignée par l'éditorialiste qui s'amuse. L'absentéisme est montré du doigt dans la fonction publique? Eh bien, il règne aussi au parlement, cet absentéisme car, hier, au moment de voter le budget, il a été nécessaire d'interrompre la séance. La majorité n'était pas en nombre suffisant pour voter le texte.

Sur le fond, justement, ce budget (belge) est commenté, questionné, plutôt par l'Echo.

Faut-il revoir le cap initial ou faut-il déjà prendre de nouvelles mesures d'économie ? La question doit se poser car, à peine le budget voté, les prévisions de croissance ont-elles été revue à la baisse. Dommage, regrette Christian De Caevel que le gouvernement n'ait pas anticipé ce très prévisible ralentissement. Mais de la théorie à la pratique, les circonstances plaident pour un peu de latitude face à la stricte orthodoxie du budget. En clair, des mesures d'assainissement trop vigoureuses sur les finances publiques finiraient par se révéler contre-productives. Et ce message-là, il vient d'économiste du FMI, précise l'éditorialiste. Le défi, c'est donc de rester mesuré dans les marges que l'on s'autorise. Et surtout de les utiliser à bon escient - pour Christian de Caevel, cela signifie que ces marges doivent servir à doper cette relance qui tarde. Même analyse dans le Soir pour François Mathieu, cette rallonge, la Belgique devra s'en servir ppour relancer la croissance. D'autant que les moyens dégagés jusqu'ici sont maigres.

L'autre budget scruté à la loupe, c'est le budget européen. Négociation cette nuit à Bruxelles et peut-être accord dans la matinée. On l'attend toujours.

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