Revue de la presse belge

illustration
illustration - © RTBF

De Nicolas Vandenschrick.

L'actualité, ce matin, est sociale. Chaque quotidien choisit. Et du coup, on a droit aux actions de la veille. A celle du jour et à celle qui sont prévue pour les prochains jours.

Commençons par l'action de la veille. C'est la visite des métallos liégeois à Strasbourg. A la Une de la presse flamande, Morgen et Standaard mais des Unes en forme de cliché. Les métallurgistes sont de dos ou de profil, cagoule et casque sur le crâne et bière à la main. Le tout nimbé de fumée. Face à eux, des policiers en rang serré, derrière leur bouclier et leur visière transparente.

L'actualité est résolument sociale car à cette action d'éclat, hier, au Parlement européen de Strasbourg va succèder ce matin une grève des fonctionaires fédéraux, à Bruxelles. Les agents de l'Etat se rebiffent titre le Soir. Ils affichent leur colère contre la réduction des effectifs et le rabotage de leur prime. Ils pointent du doigt surtout leur secrétaire d'Etat, allergique selon les syndicats à toute concertation.

Le Soir a tout naturellement été cherché la réponse de ce secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Hendrik Bogaert qui se défend : Faux, pas d'allergie à la concertation. Les 20 projets de modernisation de la fonction publique ont tous été discutés avec les syndicats, dit-il. Le dialogue social existe. Surtout, le Soir retient cette phrase. Je veux rendre les fonctionnaires plus heureux, malgré eux. On verra, ce que ça donne.

En attendant, parmi les fonctionnaires qui manifestent, il y a les agents pénitentiaires. Hendrik Bogaert critique leur absentéisme.

Pourcentage à l'appui, le secrétaire d'Etat parle de situation inacceptable.

La Libre, elle commente et explique ce jeu de dominos. Les fonctionnaires fédéraux descendent dans la rue. Parmi les manifestants, on comptera des agents pénitenciaires. La grève des gardiens fâche les policiers - qui en ont ras la moustache de devoir suppléer les matons. Un scénario en cascade qui se répète depuis des années et face auquel personne ne semble capable de faire avancer le dossier.

Jean-Claude Matgen qui signe ce commentaire a lui une réponse toute trouvée à ce problème. Si les autorités s'attaquaient une fois pour toutes aux racines de la surpopulation carcérale, à la vétusté de nombreux bâtiments, à l'insécurité qui y règne trop souvent, au manque criant de moyens d'encadrement des détenus, elles supprimeraient une grande partie des motifs qui poussent aujourd'hui les gardiens à débrayer et les policiers à râler sec.

D'autres commentaires - encore - ce matin. Ils visent d'abord la confection du budget européen. Les 27 se réunissent aujourd'hui et demain, avec pour but l'adpotion de ce budget.

Dans l'Avenir, Philippe Martin prévient : Que l'on ne s'y trompe pas, pour l'Europe - comme pour n'importe quel état, adopter un budget revient à définir une politique et à adopter des priorités. Bien entendu, mais ce devrait aussi être l'occasion de faire le ménage dans les couloirs de l'institution européenne, sur les salaires exhorbitants, les dépenses improductives... Et surtout, surtout, l'occasion de susciter une réflexion approfondie sur le devenir de l'Union.

Pour le Soir, Jurek Kuczkiewicz prévient : Ici, pas question de vision à long terme. La recherche et développement, l'éducation, les investissements dans les réseaux... Tous ces postes budgétaires tournés vers l'avenir restent et resteront les parents pauvres d'une Union européenne qui y dédie bien plus de beaux discours que de réelles moyens financiers.

Les chiffres sont là. Que l'éditorialiste cite. Ce budget de l'Union représente à peine 1% de son produit intérieur brut. Aux Etats-Unis, c'est un petit quart, 23%, En Belgique, 38. L'enveloppe européenne dont on parle est donc faible et les pénibles négociations sur sa diminution sont dérisoires au regard des défis que ce budget pourrait relever.

Le cadre budgétaire risque d'être un gigantesque rendez-vous manqué dans une période de désespoir et de pessimisme rarement atteint sur ce continent, les dirigeants européens aurait pu envoyer un autre message à leur peuple, un message puissant de volontarisme. Il ne l'ont pas fait. On pourrait trouver beaucoup d'explications à ce rabougrissement d'abition mais il n'y a qu'un mot pour le caractériser, conclut Jurek Kuczkiewicz. Tragique, tristement tragique.

Dans l'Echo, Serge Vandaele se penche sur ces indices qui font dire à certains que l'économie va mieux. Son analyse ne devrait pas vraiment vous remonter le moral. Nationalisation, scandale - du Libor ou de Monte di Paschi, au choix. Perte colossale à la Deutsche Bank, dépréciation massive d'actif (3 milliards pour le seul 4ème trimestre du Crédit Agricole... Pour le dire platement, on est loin, très loin d'avoir payé le prix des imprudences commises au nom d'une recherche effrenée au profit. Vous avez peut-être l'impression de l'avoir déjà entendu mille fois ce commentaire. Normal répond l'éditorialiste, cette crise qui prend chaque jour un nouveau visage est anormale. Elle n'est pas une crise parmi d'autres. Et tous les jours l'actualité nous en apporte la preuve...

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK