Revue de la presse belge

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De Nicolas Vandenschrick.

La Une de la presse, c'est cette concertation sociale désormais à l'arrêt. la FGTB a décidé hier de claquer la porte des discussions.

La FGTB n'est plus un partenaire annonce Le Standaard en titre. C'est elle qui décide de la météo, ajoute Luc Vanderkelen dans le Laatste Nieuws. Et il ajoute "Quand cela devient trop complexe, quand le syndicat reçoit trop de critiques de sa base, à chaque fois, c'est le même scénario... claquement de porte et fin de concertation".

A l'arrêt, donc, cette concertation sociale est moribonde, écrit Francis Van de Woestijne qui s'en prend à la FGTB "Irresponsable, comme à son habitude." Vraiment, pour l'éditorialiste de la Libre Belgique, "La stratégie syndicale est obscure. (...) La FGTB décide seule de suspendre sa participation. Le syndicat se dit outré... Mais par quoi? Les exigences de flexibilité accrue, le blocage des salaires? Peut-être faudrait-il envoyer nos chers représentants syndicaux voir ce que leurs camarades allemands ont fait... Au plus fort de la crise, ils ont accepté des salaires très bas et une douloureuse flexibilité, pour partager le travail plutôt que d'exiger des augmentations. Ces sacrifices se sont révélés payants. L'industrie allemande est aujourd'hui la plus florissante d'Europe..."

Dans l'Avenir, Philippe Martin ne s'étonne pas. On sait la FGTB aussi à l'aise à la table des négociations qu'un poison hors de l'eau, écrit-il. Gel des salaires, révision du panier de l'index. L'absence de marge de manoeuvre était totale. Pour les représentants des travailleurs, ces mesures font la part trop belle aux revendications patronales. Cette sortie des négociations sur la question de la flexibilité du temps restait sans doute l'ultime carte à jouer pour contrecarrer les exigences patronales. Voire pour le syndicat, la seule manière de continuer à exister alors que le gouvernement lui laisse si peu d'espace vital.

L'éditoraliste de la Gazet Van Antwerpen ne partage pas le même avis. Pour Paul Geudens, en quittant la table, la FGTB se met - elle-même - hors jeu.

On fera réagir Anne Demelenne à ces éditos, pas tendre avec son syndicat. Il y a encore ce matin des commentaires pour regretter que la concertation sociale ait échoué.

Ce qui est ici extrêmement dommage, écrit Béatrice Delvaux, c'est que ce mouvement de grève - annoncé pour le 21 février - peut être évité. Il s'en est d'ailleurs fallu de peu, estime l'éditorialiste, pour qu'on ne vous annonce ici un accord plutôt qu'un clash.

Ceux qui croiraient à un mouvement d'humeur passager, à de la gonflette sociale, risquent de lourdement se tromper. Depuis quelques mois, les organisations syndicales encaissent les défaites. Et l'éditorialiste du Soir se transforme alors en stratège.

Si l'on tient à la concertation sociale, il faut, presque tactiquement que le gouvernement accorde maintenant une victoire aux syndicats. Un 3ième désaveu reviendrait à vider de sa substance l'idée même de concertation sociale.

Revenons maintenant sur la crise des subprimes. Rappellez-vous, ces produits financiers qui se sont révélés pourris et qui ont précipité les Etats-Unis dans la crise. C'était il y a 6 ans. Aujourd'hui, le département de Justice américain a lancé une procédure.

La vengeance est un plat qui se mange froid constate Serge Quoidbach dans l'Echo. Cette procédure est lancée contre l'agence de notation Standard&Poor's. Pour avoir sciemment ignoré les risques qui pesaient sur certains instruments financiers. Un exemple extrait de la plainte du département de la Justice suffit. Une discussion par mail entre 2 analystes de l'agence.

Le premier lance... Ce deal est ridicule. Réponse... Je sais, ce modèle ne capture pas la moitié des risques... Mais alors, s'inquiète le premier... On ne devrait pas le noter... Le second répond... On note tous les deals... Ils seraient même construits par des vaches, on le ferait quand même...

Edifiant, croustillant et effrayant, estime l'éditorialiste. Certes l'Europe et les Etats-Unis ont mis au pas ces agences. Mais tous s'appuyent encore de manière exclusive sur ce triumvirat infernal, Standard&Poor's, Moody's et Fitch. Et le référentiel européen prévu pour 2014 a été reporté à 2020. Saluons tout de même la démarche, conclut Serge Quoidbach. Il est grand temps de sortir les steack du congelateur et de jeter les bovins en pâture.

Nos cochons belges n'ont pas eu beaucoup plus de chance. Hier, au Nord du pays, le vent a soufflé fort, quelques secondes à peine. Une minute tout au plus, mais les dégâts sont énormes, En témoigne le toit de cette porcherie arrachée par le vent. La VRT s'est longuement penchée hier en télé, sur les animaux qu'il a fallu déménager. L'un d'entr'eux a même succombé à une crise cardiaque. Ce matin, Standaard, Nieuwsblad et Laaste Nieuws reviennent sur l'ensemble des dégâts provoqués par cette tornade aussi sauvage que courte. En plus de l'exploitation, 76 maisons ont été ravagées à Oosterzele. Oserait-on Georges, parler d'un vrai temps de chien.

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