Revue de la presse belge

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illustration - © RTBF

De Nicolas Vandenschrick.

La presse, ce matin encore, consacre la plupart de ces Unes à la comparution de Marc Dutroux devant le Tribunal d'application des peines.

Impossible d'y échaper. La même photo fait la Une ce matin de presque tous les titres belges. Le Soir, Le Morgen, le Standaard, la Dernière Heure et les autres reprennent en Une ce cliché de François Lenoir de l'agence Reuters.

Marc Dutroux, presque méconnaissable, pour Le Standaard. Sauvage, pour le Nieuwsblad, à la façon d'un clochard. Le Morgen évoque "barbe grise" alors que la Libre décrit un homme barbu et fourbu. Pour La Capitale, C'est un look de Raspoutine que Marc Dutroux a adopté. En Une encore, on lira quelques détails de la demande du détenu. Une demande de pure forme, précise la Libre Belgique.

La Dernière Heure, qui en fait tout de même une double page, a cette reflexion sous la plume de Mathieu Ladevèze.

Au vu de cette excitation médiatique et de la plèbe, Marc Dutroux a l'assurance qu'à sa prochaine sortie, la Belgique entière parle de lui, et le commentateur conclut, c'est peut-être là le problème.

Une solution est soufflée par l'Echo qui traite l'affaire, en page 5. Une brève judiciaire en bas de page signale en quelques mots le passage de Marc Dutroux devant le Tribunal d'application des peines.

Un autre sujet est largement couvert par la presse ce matin, ce sont ces matches truqués. D'après une enquête d'Europol, entre 2008 et 2011, plusieurs centaines de matches ont été truqués à travers le monde. 380 au moins en Europe.

Des matches de la Ligue des Champions, des éliminatoires de l'Euro et de la Coupe du Monde. Pas étonnant alors que certains parlent de mafia. Comme le Standaard qui reprend ces chiffres à lire dans toute la presse.

15 pays concernés. 425 personnes impliquées. Pour l'enquête, 13.000 mails et conversations téléphoniques épluchées par Europol. Cela donne le tournis tout comme l'addition. 2 millions de pots-de-vins pour 8 millions de profits.

Mode d'emploi d'un match truqué à lire dans La Dernière Heure.

Un match peut impliquer plus de 50 suspects répartis à travers une dizaine de pays. Il faut ensuite acheter des dirigeants de club, des joueurs ou des arbitres. Le pot-de-vin le plus importantt est de 140.000€. (en moyenne compter 100.000€) Ensuite, il est temps de gagner de l'argent. En posant des paris. Cette partie-là a lieu en Asie, où le secteur est moins sécurisé là-bas qu'en Europe.

Dans toute cette affaire, la Belgique serait concernée - selon plusieurs sources non officielles - pour 19 matches.

Une question tourne ce matin dans la presse, faut-il réformer l'impot des sociétés? 2 partis de la majorités - MR et cdH - plaident en ce sens. Mais, on le voit, en lisant ce matin la presse, la question est loin d'être résolue.

Oui, l'Echo l'annonce à ces lecteurs. MR et cdH sont prêts à se lancer dans cette réforme de l'impôt des sociétés (les spécialistes disent Isoc) mais l'Echo le reconnaît, le débat lancé est loin d'aboutir car, pour les autres partis de la majorité, l'enthousiasme n'y est pas.

Béatrice Delvaux s'interroge alors dans le Soir. Simplifier la fiscalité, c'est plus facile à dire qu'à faire. D'abord car l'intérêt d'une politique fiscale ne réside pas dans le fait d'être simple ou compliquée mais plutôt dans ses objectifs et sa cohérence... Veut-on être un paradis fiscal? Attirer des investissements ou faciliter la succession des grandes fortunes? Actuellement, la seule règle qui gouverne, c'est qu'on ne peut se permettre de réduire les rentrées fiscales vu les besoins du budget.

Sur cette fiscalité justement, l'Echo a mené l'enquête et il constate que les entreprises françaises ont emboîté le pas du milliardaire Bernard Arnault. Aah, douce Belgique, où petits et grands trouvent refuge... Y compris d'ailleurs l'Etat français. Et oui, dans ce dossier, l'Echo détaille, bien sûr il y a les holdings belges de Bernard Arnault (tellement nombreux qu'on s'y perd, paraît-il) mais il y a aussi l'EDF Investments... Fondé en 2007, et dont les fonds propres atteignent 7 milliards 6. Etrange structure puisque - explique un spécialiste - l'entreprise mère est détenue par l'Etat français à hauteur de 84%. Ce prof de droit fiscal à l'ULB, Thierry Afschrift, l'un des meilleurs fiscalistes du pays, écrit l'Echo, s'en étonne poliment... C'est un étrange carroussel qui voit une entreprise détenue par l'Etat français s'installer en Belgique pour payer moins d'impôts au même Etat français. Etrange, en effet. Mais c'est loin d'être une exception, une bonne moitié des sociétés côtées au Cac 40 est installée chez nous. Allons-y, LVMH de Bernard Arnault, France Telecom, Danone, GDF Suez, Total, Air Liquide, Vinci, Lafarge, Veolia environnement ou Carrefour...

Douce, en effet. Très douce Belgique.

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