Revue de la presse belge

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De Nicolas Vandenschrick.

La presse consacre - ce matin - une large place à Marc Dutroux. C'est aujourd'hui que le Tribunal d'application des peines doit examiner sa demande.

Une demande au sujet de laquelle le Soir se montre précis. Il s'agit - rappelle Marc Metdepenningen d'une demande d'aménagement de sa détention. Pas d'une demande de libération conditionnelle. D'ailleurs, précise l'éditorialiste, c'est son droit de le demander.

Toute la presse le rappelle d'ailleurs ce matin. Nous sommes dans un état de droit. Il n'est pas question de faire jouer une exception aux règles générales, écrit Paul Geudens. - C'est dans la Gazet Van Antwerpen et l'éditorialiste précise... La loi prévoit qu'une fois par an, Marc Dutroux peut demander sa libération conditionnelle. Et c'est ce qu'il compte faire. Pour Jean-Claude Matgen - dans la Libre Belgique, Dutroux est dans la peau d'un condamné qui répond en théorie aux conditions lui permettant d'adresser une demande de libération. Il a usé de cette possibilité et c'est son droit... même si - évidemment - la démarche constitue une de ces provocations dont il est friand.

Pour autant, toute la presse le rappelle également. Le Tribunal d'application des peines ne lui accordera pas de libération conditionnelle ni de placement sous surveillance électronique. D'abord, et c'est Marc Metdepenningen qui le note dans le Soir, d'abord car sa mise à disposition du gouvernement d'une durée de 10 ans, l'empêchera de sortir.

Et puis, si Marc Dutroux tente le tout pour le tout, Sa libération reste impensable, titre la Libre Belgique. Disons le tout net, écrit Jean-Claude Matgen, Marc Dutroux n'a aucune chance d'obtenir une mesure de libération ou de placement sous bracelet. Alors, est-ce comme l'écrit l'éditorialiste, Un barnum sans intérêt? Voire, comme l'écrivent certains titres au Nord du pays, un cirque.

Barnum ou cirque, il n'empêche, les éditorialistes y trouvent plusieurs enseignements.

Tout cela met en lumière une première chose. Marc Dutroux est - et reste - un personnage fantasmatique. Une sorte de joueur de flûte d'Hamelin, mais en pire... Dans le conte, si le joueur de flûte avait été payé pour sa dératisation de la ville, il n'aurait pas mené les enfants à la rivière. Plus de 16 ans après son arrestation, le spectre de Dutroux continue d'hanter les mémoires.

Et peut-être tout cela explique-t-il la surenchère sécuritaire de certains. Aujourd'hui, écrit Jean-Claude Matgen, en Belgique, beaucoup d'élus préfèrent rester sourds aux mises en garde unanimes des professionnels de la Justice pour flatter leur électorat et faire voter dans la précipitation des lois sans queue ni tête. Cette précipitation est consternante, estime Marc Metdepenningen. Il aurait fallu s'activer bien plus tôt et non sous la contrainte d'une urgence prévisible. L'éditorialiste ajoute, cette loi ne concerne que 3% de la population pénitentiaire. Pour Thierry Dupiéreux, dans l'Avenir, le débat est vicié et les discussions frelatées. Là où il s'agirait de discuter de la possible réinsertion des détenus et de l'efficacité des mesures d'emprisonnement, le seul nom de Marc Dutroux évoque une aversion profonde. On l'a dit plus haut, puisque le risque de libération est nul, mais cette mauvaise loi votée en vitesse montrera sous peu ses faiblesses. Le seul but ici est de répondre à l'irrationnel par l'irrationnel.

Voilà pour ce large dossier qui - on vient de l'entendre - aura provoqué pas mal de commentaires. Un autre sujet est également commenté dans la presse, c'est cette sortie de Bart De Wever dans le Standaard, ce week-end.

Oui le titre du quotidien ce week-end était éloquent... Pas de t-shirt homo derrière les guichets communaux. Sous-titré, Bart De Wever ouvre le débat, et l'éditorialiste commentait déjà... Interdire est une faiblesse. Opinion répétée ce matin par le quotidien. Yves Desmet dans le Morgen interroge l'échelle des priorités de Bart De Wever. Ainsi, écrit-il, le vrai débat. Celui qu'il faut mener aujourd'hui et maintenant, c'est de savoir comment s'habiller derrière les guichets de la ville d'Anvers. Bart De Wever n'a de cesse de souligner des phénomènes qui ne pose pas de problème pour tenter d'en provoquer. Le Soir le relève d'ailleurs... Les partis flamands qui s'étaient juré de ne pas réagir sans cesse ont tous dû ce week-end se manifester. Le plus souvent, d'ailleurs avec ironie. Edouard Delruelle, qui dirige le Centre pour l'égalité des chances note surtout que De Wever assimile l'homosexualité à une obédience, à un choix. Mais, rappelle celui qui est aussi prof de philo politique, toutes les législations anti-discriminations établissent le droit des homosexuels à s'afficher et à assumer leur orientation sexuelle. De plus, il cite l'exemple fictif d'un fonctionnaire musulman, homosexuel et qui voterait pour le Vlaams Belang. C'est mettre sur le même pied une conviction religieuse, une oritentation sexuelle et une appartenance politique, en suggérant (en plus) l'anormalité supposée de ces 3 états.

L'éditorialiste du Morgen résume lui cette sortie en une phrase : Ce que veut De Wever c'est insister sur une chose... la ville d'Anvers n'est plus un lieu de diversité.

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