Revue de la presse belge

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illustration - © RTBF

De Nicolas Vandenschrick.

Les mots de Didier Bellens resonnent encore ce matin dans la presse. La sortie du patron de Belgacom ne manquent pas de provoquer beaucoup de commentaires.

"Mais quelle mouche a donc piqué Didier Bellens?"

Pascal Lorent se pose la question ce matin dans le Soir. Et il semble assez point étonné qu'il reprend là, mot pour mot, la question que posait déjà son collègue Alain Jennotte, hier dans les même colonnes du Soir. Quelle mouche a piqué le patron de Belgacom pour qu'il attaque de front la politique belge et ceux qui la mènent.

Ecartons la thèse de l'accident ou celle du lapsus à haut débit... C'est là une saillie préméditée.

Pour Thierry Dupiérieux, dans l'Avenir, ce FUCK et ce YOU resteront à coup sûr gravés dans les annales de la communication d'entreprises. Une phrase déjà devenu mythique et qui prouve, une fois de plus que de nos jours, la grossièreté fait buzzer et fait vendre.

Alors que le grand public ne s'intéresse à Didier Bellens que lorsque l'on parle de sa fiche de paie, voilà qu'il est parvenu à faire passer son message militant. Le vocabulaire borderline a porté ces fruits. S'il n'avait pas été aussi grossier son coup de gueule n'aurait jamais eu autant de retentissement... Thierry Dupiéreux a alors le mérite de reposer le débat. Au sujet de l'installation de la 4G à Bruxelles, Faut-il faire triompher l'argument économique sur les précautions écologiques et amener donc les autorités bruxelloises à être moins peureuses sur le développement de ce réseau. Dit comme ça, c'est évidemment moins percutant.

Et si, propose enfin la Libre Belgique et Pierre-François Lovens, et si l'on passait sur l'expression, fort peu élégante. Monsieur Bellens devrait savoir qu'on ne peut pas TOUT se permettre quand on occupe le poste qui est le sien. Bien sûr, admet l'éditorialiste, le patron de Belgacom n'a fait que défendre les intérêts financiers et stratégiques de son groupe, de ses actionnaires et partiellement de ses clients. C'est d'ailleurs l'avis de Philippe Lawson dans l'Echo pour qui Didier Bellens est dans son rôle. En manchette, d'ailleurs le quotidien note qu'il n'a fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

La Libre n'est pas vraiment du même avis... Bellens frôle l'irresponsabilité lorsqu'il soutient que la Belgique est connue pour "la façon dont elle tue ses entreprises"...

Oui, finalement, plus que la légèreté des propos, c'est ça aussi qui étonne la presse.

Dire que la Belgique tue ses entreprises, c'est non seulement inexact - pour l'éditorialiste de la Libre, mais c'est aussi indécent pour tous ceux qui oeuvrent à sortir notre économie d'une crise historique. Il serait donc logique, poursuit Pascal Lorent, dans le Soir, que l'homme ne sorte pas indemne de cet épisode déplorable. On doute que cela débouche sur un licenciement sec. Son indemnité de départ s'élève à 938.000€ voire plus du double si le gouvernement lui impose de ne pas postuler à la concurence... Du coup, on imagine mal le politique s'offrir la tête de ce dirigeant avec l'argent du contribuable et cela, Didier Bellens le sait. Et finalement que son coup de sang porte ou pas, Didier Bellens se profile là comme un dirigeant qui ne craint pas de pourfendre les freins de la compétitivité. A l'heure de postuler dans le privé, cette sortie qui aura marqué les esprits constitue une référence de plus sur son CV...

Voilà pour ce dossier, on va revenir dans Connexions sur cette question de savoir si la Belgique tue réellement ces entreprises. Mais refermons là ce chapitre pour voir encore ce matin ce qui fait la Une de la presse.

Eh bien au nord du pays, vos journaux parlent bien plus du décès de Roger Raveel que des propos de Didier Bellens. Il faut dire que ce peintre, Raveel, décédé à 91 ans, était un tout grand. Un géant de la peinture belge et flamande à qui la presse rend donc ce matin un hommage appuyé. Imaginez, on parle autant de lui dans le Morgen et le Standaard que dans le Nieuwsblad ou le Laatste Nieuws. Entre expressionisme et art contemporain, son travail est une sorte de trait d'union, qu'on a parfois rapproché du pop art.

Ceux qui utilisent le métro bruxellois ne manqueront de jeter un coup d'oeil à l'une de ces fresques installé à la station Mérode et qui s'intitule "Vive la Sociale."

Deux infos, encore Georges, comme des indices que l'économie irait mieux...

L'inflation a diminué, au mois de janvier. C'est une bonne nouvelle mais l'Echo prévient : Ce recul est à mettre au crédit de quelques aménagements apportés par le gouvernement dans la manière de calculer l'index. Et puis c'est le Soir qui l'annonce : Les ménages belges ont résisté à la crise. Ont résisté... je le repète, c'est un passé composé... l'action est donc terminée.

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