Revue de la presse belge

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illustration - © RTBF

De Nicolas Vandenschrick.


À la Une ce matin de vos journaux, on parle encore beaucoup de la famille royale et du Roi surtout. Il a présenté hier ses vœux aux autorités de l’État.  

Commençons par là Georges, la presse commente largement ce discours. Pour Vincent Slits, ce fût l'occasion de tordre définitivement le cou à un canard. L'abdication de la Reine Beatrix avait relancé chez nous les spéculations. Chacun y est allé de son commentaire, mais un constat doit être fait. La Belgique et les Pays Bas vivent des situations politiques différentes et reposent sur des modèles institutionnels eux aussi différents. Pas de simplisme, donc. Albert II exerce sa mission de chef de l’État avec autorité sagesse et courage. S'il décide un jour de passer la main il le ferait en âme et conscience dans l'intérêt du pays. Fin des spéculations, donc pour le commentateur de la Libre Belgique. Spéculations balayées également par Yves Desmet. Si une abdication devait se profiler chez nous, le monde politique choisirait de scotcher le Roi à son trône.  
Martine Maelschalck le répète dans son édito de l’Écho. Albert II - chef de la famille Royale, fin connaisseur de cette tendance toute belge à ne pas se prendre au sérieux et à manquer parfois de fierté nationale, Albert II enfin vrai communicateur sera bien difficile à remplacer.

Les commentaires ce matin portent aussi sur le fond du discours. Le Drame social d'Arcelor Mittal a été aux cœurs des discours.

Alors que les boulons volaient dans le ciel Jambois, l'avenir sombre de la sidérurgie liégeoise s'est faufilé sous les dorures du palais royal écrit Thierry Dupiéreux, dans l'Avenir. Une première fois dans le discours du Premier Ministre, une seconde fois dans le discours du Roi. La collision fut étrange, note le commentateur. La situation des travailleurs, Elio Di Rupo l'a comparé à ce qu'il a connu enfant dans une région industriel qui a souffert. Le Roi lui est passé de l'amertume partagée avec les travailleurs aux récents évènements qui ont secoué sa famille. Deux mondes. Tellement éloigné.  
Pour Béatrice Delvaux dans Le Soir, hier, au Palais, Albert II a - à nouveau - fait ce qu'il fallait faire. Il a pris ses responsabilités. Il a utilisé son arme personnelle la plus efficace. Sa sincérité, allant même plus loin dans l'exercice en évoquant avec émotion une leçon d'humilité. Il n'est visiblement pas question pour le monde politique belge de renoncer à ce Roi qui fait ainsi rempart de son corps.
Dans le Morgen, la tonalité est un peu différente. Le quotidien parle plutôt pour hier du nouvel épisode dans le feuilleton de la famille royale. Le Roi Albert présente ses excuses pour le comportement de sa famille. La Princesse Astrid fond en larmes et quitte la cérémonie. Et Le Prince Laurent, (en français dans le Morgen), cela donne, "L'enfant terrible van de Belgische Monarchie" se fait acide et accuse des journalistes d'être Pro-Astrid.
Visiblement, estime le quotidien, cela gronde à Laeken, et pas uniquement en coulisse. Mais si, là bas, la question du changement reste posée, constate Bart Sturtewagen, dans le Standaard, C'est surtout l'ombre des élections de 2014 qui plane sur cette succession du Trône.
    
D'autres vœux étaient hier présenté à la presse. Ceux du patron de Belgacom notamment ont fait beaucoup de bruit. Didier Bellens s'attaque au monde politique.

Didier Bellens a poussé un gros coup de gueule à l'encontre du monde politique. C'est la Libre Belgique qui a cet expression ce matin. Jugez vous-même, la Libre reprend les propos du patron de Belgacom. Pour lui, la Belgique est connue à l'étranger pour la façon dont elle tue ses entreprises. Malgré les efforts réalisés, c'est ce qui transparait en dehors de nos frontières. Au sujet du réseau 4G, le patron de Belgacom déplore encore que Bruxelles soit la seule ville d'Europe où il n'y a pas de 4G. Assez direct, Didier Bellens a ajouté : "Voilà que Bruxelles dit "fuck you" aux gens des ambassades qui ont besoin de ces services". Un langage plutôt fleuri, donc, qui fait dire au quotidien que le CEO de l'entreprise semble assez libre dans sa façon de communiquer. C'est joliment constaté. Le Soir lui s'interroge quelle mouche a donc piqué Bellens ? Certains n'hésitent pas à parler de provocation, dans l'espoir de voir le gouvernement le pousser vers la sortie, en lui allongeant au passage une copieuse indemnité de départ.
À la Une encore de la presse, le Morgen évoque ce matin l'implication d'un médecin flamand dans l'affaire Lance Armstrong. Selon le journal, l'homme était à la fois médecin du cycliste et contrôleur anti-dopage en Flandre. Il se serait occupé des transferts sanguins pour les différentes équipes avec lesquelles Armstrong a couru. Ce médecin est décrit comme intègre par plusieurs coureurs mais d'autres l'accusent nommément. Lui n'a pas souhaité réagir.

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